En 2002 au pays des moulins à vent, le guitariste Martin Moes et le guitariste / chanteur Michiel Dekker (déjà connu pour ses prestations dans
Dead Head) officiant également dans le groupe de Death/
Doom Beyond Belief, décide de monter un projet dans une veine plus brutale. Pour se faire ils s’adjoignent les services du bassiste Robin Kok et du batteur Sjoerd Visch, auparavant marteleur en chef chez les Thrash / Deatheux d’
Altar jusqu’à leur split après
Red Harvest (2001).
Avec tout cela vous vous doutez bien que nous n’avons pas à faire ici à des lapins de six semaines et bien à des musicos chevronnés. Après une démo 4 titres sous le nom
Monolith, le quatuor se voit ouvrir les portes de Karmageddon Media chez qui ils prennent le nom de
The Monolith Deathcult et mettent en boîte leur premier méfait
The Apotheosis (2003).
Le résultat est extrêmement puissant et leur brutal Death ne fait pas dans la dentelle. Une marche militaire en guise d’intro : c’est parfait avant de déclencher l’offensive, les bataves en effet utilise une symbolique très guerrière au niveau des textes (Der Kriegmaster,
Cathedral Of corpses). Cependant on est très loin ici de descriptions simplistes de batailles et de morts, les textes sont plutôt intéressants et recherchées. On y trouve d’ailleurs deux morceaux particulièrement corrosifs (
Cathedral Of Corpses et The
Desecration Of
The Black Stone, sous titrés
Slayer Of Jihad Part 1 et 2) sur lequel
The Monolith Deathcult dénonce violemment et intelligemment le terrorisme islamique, faisant montre d’une paire de c****** conséquente, loin d’un
Marduk petit bras, tirant sur l’ambulance avec Jesus Christ
Sodomized…
Après ces considérations « littéraires » qu’il fallait préciser, revenons à nos moutons et ce qui déboule dans nos oreilles après l’intro, c’est à dire
Doomed To
Slaughter rappelant dès les premières notes le style du groupe de Death
Metal égyptien (ben quoi ?)
Nile, on y retrouve un son assez proche de In Their Darkened Shrines, des soli hystériques dans le même veine, et une voix imposante et grave à la
Karl Sanders. Cependant nous n’irons pas jusqu’à évoquer le terme «
Nile Clone » car la bande au père Michiel évolue dans un registre moins complexe, plus épurée et joue davantage sur l’efficacité des riffs que sur l’alternance ambiances / ultra rapidité comme le font les dieux du Death américains.
En tout cas
The Apotheosis sonne compact et intense et à l’écoute de
Forest Of
Flesh ou The
Malleus Maleficarum Manuscript le mot qui vient à l’esprit est : bulldozer, TMDC avance, renverse et taille dans le vif sans jamais s’arrêter, si ce n’est sur la courte instru centrale
The Apotheosis. Mais cette feinte de vieux loup garou sert seulement à décupler l’impact de The Deserved Reputation Of Cruelty sur lequel on remarquera de légères touches de clavier, prémices aux sonorités du plus récent et excellent Triumvirate (2008).
Les morceaux un petit cran au dessus sont
Doomed To
Slaughter imparable au niveau des riffs,
Cathedral Of Corpses au refrain catchy et aux breaks titanesques, et Der Kriegmaster qui fait penser à l’intensité et la puissance d’un
Panzerchrist (quand je vous parlais de bulldozer !).
Voici au final un premier album déjà massif et puissant de la part de musiciens expérimentés qui connaissent les ficelles et savent composer des parties attrayantes. Bien sûr on sent que
Nile a marqué l’esprit des hollandais mais pas tant que certains l’ont dit à l’époque : la musique de
The Monolith Deathcult est plus…monolithique et sans fioritures justement, en somme du
Nile avec des M16 à la place du javelot d’Osiris si vous préférez…
Je ne peux qu’encourager les amateurs de Death sans concession à acquérir
The Apotheosis, loin d’être aussi expérimental que leurs productions suivantes mais direct et efficace, ce qui est vous en conviendrez, est une caractéristique importante du Death
Metal.
BG
Bon du coup je suis un peu refroidi de constater que le côté novateur de TMD n'était pas présent dans ce premier album, en même temps c'est un peu normal.
Bon, tu comptes chroniquer celui entre les deux ?
The Apotheosis est quand même largement intéressant et même si il n'est pas aussi novateur que Triumvirate, question intensité ça enterre quand même pas mal d'autres groupes.
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