Quinze ans d’absence après un split ayant fait couler beaucoup d’encre à l’époque pour le groupe culte
Cynic, celui-là même qui avait pondu en 1993 une perle dans le genre :
Focus.
Monument du death progressif alliant la puissance à la technicité extrême, faisant du groupe un monstre sacré du metal avec seulement un album,
Focus eut le temps d’être de plus en plus apprécié avec les années qui suivirent la séparation du groupe l’année suivante. Il revient pourtant en 2007 avec un nouveau line-up et l’année suivante avec un deuxième album, attendu par une horde d’aficionados la bave aux lèvres. Ainsi, deux questions se soulèvent... À quoi va ressembler le successeur de
Focus et surtout va-t-il le surpasser ?
Avant toute chose,
Traced in Air est un album à prendre avec un certain recul tant il diffère de son prédécesseur, un album que chaque fan de
Cynic doit rester impartial avant d’émettre un avis, que ce dernier soit positif ou négatif. Car
Traced in Air n’a quasiment rien à voir avec le
Cynic d’autrefois et, durant ces quinze ans d’attente, rien ne nous avait vraiment préparés à une évolution/changement d’orientation. C’est donc avec un certain effroi que l’on découvre une nouvelle orientation musicale, un nouveau départ qui bouleversera assurément. En effet, ce deuxième album délaisse les vocoders, synthés omniprésents, fretless bass et autres voix ténébreuses pour se reconcentrer sur une atmosphère inédite, basée sur la mélodie, l’ambiance spatiale et la technicité musicale alliée à une épopée lyrique intéressante. Vous voilà prévenus.
La première écoute est toujours très difficile pour le fan ou même l’auditeur lambda qui connaitrait un tant soit peu la réputation du groupe ou qui aurait écouté de temps à autre
Focus.
Plus atmosphérique, moins violent mais toujours aussi technique, ce deuxième effort est bien entendu une surprise sur tous les plans. Le son par exemple est d’une netteté effarante, la production confectionnée par deux des trois membres originaux restant (à savoir Paul Masvidal et Sean Reinert) étant éblouissante de travail minutieux. De plus, outre la présence de Masvidal et Reinert et le retour de Sean Malone (absent lors des tournées de la réunion), nous découvrons sur l’album que le guitariste
Jason Gobel est remplacé par Tymon Kruidenier et que Tony Teegarden, malgré son retour lors des tournées, ne participera pas à l’aventure.
Traced in Air commence par une introduction mi-tribale mi-atmosphérique où l’on peut remarquer que la complicité basse/batterie entre les deux Sean reste inchangée voire plus communicative. L’arrivée du chant clair de Paul Masvidal (sans effet de voix) nous tient doucement par la main... Quelques légers roulements de tomes nous emmènent naturellement sur le premier réel titre de la galette qui commence, de manière surprenante, comme une ballade où la voix langoureuse de Masvidal enchante et se superpose sur une acoustique posée et mélodieuse qui s’intensifie et se transforme soudainement en une série de riffs techniques et harmonieux auxquels le jeu de batterie de Sean Reinert nous terrasse bien évidemment de par sa complexité et sa diversité.
Cynic's back ? Oui et non, le style restant pour le moment à peu près le même, seul le growl discret et la mise en avant du chant clair changeant clairement comparé à autrefois. C’est donc surtout le ton moins brutal et l’absence de synthétiseurs qui interpellera l’auditeur.
La suite de l’album sera de la même trempe : toujours harmonieux, toujours technique (surtout derrière les fûts), toujours mélodique, mais à l’ambiance moins rentre-dedans, plus calme et atmosphérique (un mot qui revient naturellement beaucoup), les pauses et autres « paisibles » transitions parsemant les morceaux étant légion, comme sur les excellents "Evolutionary Sleeper" (dont le solo de Masvidal donnera des frissons aux plus endurcis), "Adam’s
Murmur" ou encore les finalement très
Focusien "
Integral Birth" et "
King of Those Who Know". Les structures des titres peuvent au premier abord rebuter, lesdites pauses impromptues pouvant être facilement mal digérées et aperçues comme des coupures de rythme peu nécessaires. Elles sont pourtant maîtrisées et agréables, devenant une nouvelle signature sur l’intégralité de l’album.
Ne reniant ni son côté progressif ni ses influences jazz/fusion,
Cynic propose un opus très pesant, entraînant et ordonné, ne se rapprochant de
Focus que sur le plan technique, délaissant donc ses origines death metal, mais arrivant toutefois à introduire le « spectateur » vers un nouveau spectacle jouissif et intemporel. La quasi-omniprésence du chant clair et l’absence d’effets sur la voix digérée, nous faisons donc face à un excellent album qui nécessite plusieurs écoutes avant d’être pleinement accepté tel qu’il est, soit un disque de metal progressif varié et attractif qui prouve que le groupe américain n’a rien perdu de son omniscience.
Au final,
Traced in Air est un album sensiblement différent, un nouveau voyage changeant radicalement la vision que l’on pourrait avoir de
Cynic, le groupe ayant clairement perdu ses influences death afin de délivrer un deuxième opus plus atmosphérique, plus mélodique encore mais tout aussi technique si ce n’est plus, n’en déplaisent aux fans de
Focus ; ceux-ci devront s’y faire. Une claque mûre et osée qui n'a de cesse de surprendre, écoute après écoute.
Cynic est mort. Vive
Cynic.
En comparaison avec le premier, pas photo. Il est mal composé, lent, mou, pour moi la pire acquisition de cette année.
Maintenant, il est certain que certain ont l'air d'apprécier, d'autres détestent.
Je lui met un 07/20, et c'est cher payé
J'ai adoré FOCUS mais celui ci impossible de l'écouter en entier pourtant c'est pas faute d'avoir essayer mais il c'est trop lisse,lent pas assez brutal je n'appelle plus ça du DEATH ,enfin grosse déception pour moi
Autant j'aime le Death, autant j'aime le prog et les ambiances mélancoliques. Alors deux mondes différents, aucune comparaisons à faire selon moi entre les albums.
J'ai une préférence pour Focus mais je ne trouve pas pour autant cet album pourri, bien au contraire. Une touche personnelle, de la maitrise, de la mélancolie qui ne vire pas à la naiserie à mes oreilles. Son bien propre, mais grosse merde, non .. D'autant qu'ils ne sombrent pas dans les compositions faciles, linaires, il n'y a rien de commercial là dedans.
Quelqu'un qui n'aime pas le prog aura du mal à juger cet album comme j'aurais du mal à aller donner mon avis sur un album de grind.
Je classerais cet album davantage dans le metal progressif car on peut avoir quelques chants Death sans pour autant être un groupe de Death et ils sont trop peu nombreux pour qu'on puisse cataloguer cet album de Death Prog ; enfin ce n'est que mon avis personnel..
Le talent de composition est bien présent. Il y a des idées, un univers, une voix reconnaissable (molle et sans intérêt pour certains mais ce n'est pas mon avis ; il parvient à faire passer des émotions).
Un groupe qui m'a interppellé à la 1er écoute, que je reconnais entre mille ; qui peut prétendre avoir une touche aussi personnelle ? Après, on adhère au pas à ce style vraiment particulier .. ça, je le reconnais bien volontier...
Peut être un des pires albums que j'ai pu acheter. Une immense déception. la Voix vocodée tombe à plat, il y a de vagues growls en arrière plan, et les titres n'ont aucune structure (le côté Jazz n'excuse pas tout). A oublier.
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