To Perdition

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16/20
Nom du groupe Handful Of Hate
Nom de l'album To Perdition
Type Album
Date de parution 12 Novembre 2013
Style MusicalBlack Brutal
Membres possèdant cet album10

Tracklist

1. To Perdition
2. Far Beyond All Scourges
3. Swines Graced Gods
4. Cursed Be Your Breast
5. Caro Data Vermibus
6. Larvae
7. Ornaments for Derision
8. Ex Abrupto
9. Words Like Worms
10. Feeding Suggerings
Bonustrack
11. Damnatio Ad Bestias

Chronique @ Icare

15 Octobre 2013

Une musique riche, noire et haineuse qui se nourrit des meilleurs éléments des scènes black et death

Handful Of Hate ne sont pas les premiers venus sur la scène italienne. Figure emblématique du black transalpin, cela fait maintenant 20 ans qu’ils s’appliquent à déverser leur haine et leur fureur aux oreilles du monde bienpensant. To Perdition marque leur grand retour après leur dernier album en date, You Will Bleed, datant tout de même de 2009, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le combo de Toscane est loin de s’être calmé et que cet opus ravira sans aucun doute les amateurs de black haineux, rapide et sans concession.

Les Italiens nous servent une musique véloce, agressive, et sans compromis, un furieux chaos sonore essentiellement basé sur des riffs rapides, froids et tranchants. Ici, pas de claviers, de voix féminines ou de partie acoustique, Handful Of Hate se concentre sur le côté le plus extrême et violent de l’art noir. La brutalité de l’ensemble fait penser à des combos comme Dark Funeral et Marduk, et, histoire de varier le propos et d’être encore plus destructeur, le combo n’hésite pas à ponctuer sa musique de passages plus headbangant et lourds aux forts relents de death. Le son, limpide et moderne, très porté sur les guitares, renforce la déflagration sonore, même si certains le trouveront probablement trop aseptisé pour du black.
To Perdition nous explose les tympans avec ses douze ogives nucléaires à la force de frappe phénoménale, les deux principales armes de Destruction massive du groupe étant ces riffs envoûtants et profonds qui nous font découvrir la beauté des abysses et cette batterie épileptique, extrêmement martiale et rapide, rappelant un peu Crystalium, avec cette double précise et bluffante de vitesse, ces roulements infernaux et ces blasts démentiels. Dans ses accès de fureur les plus incontrôlables, le combo rappelle également la dernière réalisation apocalyptique des Français d’Odium, qui évoluent dans un style relativement similaire.

D’emblée, le titre éponyme nous envoûte avec ces riffs très typés Dark Funeral et ces blasts supersoniques, et la superposition des voix – l’une extrêmement criarde et écorchée, à la limite de la rupture, et l’autre plus puissante et gutturale – démultiplie l’impact de cette tempête de haine. Le Ton est donné, le black de To Perdition sera ultra rapide et violent ou ne sera pas.
Il y a peu de temps morts, les titres s’enchaînent avec une intensité et une fureur assommantes, et le tout serait rapidement indigeste si Handful of Hate n’était pas capable de ralentir le tempo de temps en temps pour offrir des riffs plus insidieux (certains passages de Swines Graced of Gods ou de Words Like Worms). Ce sont d’ailleurs sur ces passages les plus lents et rampants que les ténèbres s’enroulent le plus intimement autour de notre esprit et que les Italiens flétrissent définitivement notre âme tétanisée de leur sceau maudit.
Même si l’ensemble de ces onze titres est terriblement compact, la musique du groupe est plus subtile et variée qu’elle n’y parait au premier abord. Il y a avant tout ces riffs typiquement black, touchants et majestueux quel que soit le tempo, qui hypnotisent littéralement l’auditeur car toujours emprunts d’une certaine mélodie belle et vénéneuse; ceci dit, il y a aussi parfois des cassures plus lourdes et des parties de guitares bien grasses et saccadées qui renvoient directement au death ( la fin d’ Ornaments for Derision avec ces guitares lentes, majestueuses et entraînantes, ces chorus de guitares à l’hystérie céleste et ce chant solennel et majestueux, ou Ex Abrupto, aux nombreux passages hachés et headbangant, et dont le début ferait presque penser à une version blackisée de Nile), ce qui a pour résultat de casser la linéarité de la musique et d’insuffler un dynamisme salvateur à l’ensemble. Handful of Hate Ne se contente donc pas de bourriner de façon continue et répétitive, et nous offre une musique riche, noire et haineuse qui se nourrit des meilleurs éléments des scènes black et death.


Voilà en résumé un opus très bien exécuté, avec une maîtrise technique plus qu’honorable, et qui nous crache à la gueule un bouillonnant condensé de fureur, de violence et de ténèbres en mêlant subtilement l’aura noire et haineuse du black au côté implacable et lourd du death. Alors, certes, To Perdition n’innove en rien et ne changera certainement pas la face du metal, mais mine de rien, ces onze titres constituent un sacré manifeste d’extrémisme musical qui devrait sans aucun problème combler tous les amateurs du genre. Une bombe sonore, ni plus ni moins, à recommander aux metalheads endurcis mais à déconseiller aux oreilles sensibles.

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