Le White-
Metal...? Vous connaissez tous le Black-
Metal, mais le White-
Metal?? Ben oui, c'est exactement l'inverse!
Chanter les louanges de Dieu et jouer les prosélytes, tel est le rôle de ces musiciens. OK, ça peut prêter à sourire, mais le Black-
Metal aussi, alors. Et l'on pourra dire ce que l'on veut, mieux vaut prêcher l'amour et le "tu ne tueras point" que d'inciter à la scarification et la pyromanie des lieux saints.
Dans les deux cas, l'abondance nuit au plaisir alors nous nous attarderons sur le reste plutôt que sur les paroles (nous aurons quoiqu'il en soit le loisir d'y revenir lors des chroniques suivantes).
Stryper est probablement le plus connu des groupes Chrétiens, et à juste titre.
Composé de quatre musiciens (les frères Sweet, Micheal au chant ainsi qu'à la guitare rythmique et Robert à la batterie, Tim Gaines à la basse et Oz
Fox à la guitare soliste), nos évangélistes ne prêtent aucunement le flanc à la critique lorsque l'on parle des qualités essentielles : la qualité de la musique et sa composition.
Pour un premier album, on peut dire qu'ils ne se sont guère ratés : chaque chanson est travaillée et peaufinée, aucun titre ne vient faire office de remplissage.
On évolue certes dans un style typique du hard-rock, avec la ballade de rigueur pour faire pleurer les jeunes filles et les cœurs sensibles (dont je fais partie, je ramasse mon mouchoir) mais on doit reconnaître à ce groupe une qualité qui n'échoit qu'à peu de groupes, l'originalité.
Pas dans des compositions alambiquées ni le bruit de mixer des guitares, non. Tout est assez classique, le schéma couple/refrain/solo est ici toujours respecté, mais dans les mélodies elles-mêmes.
Force est de reconnaître que les frères Sweet qui mènent la barque et baignent depuis leur plus tendre enfance dans la musique (gospel et chorale en tête) sont plutôt douées pour pondre des mélodies qui font quasi-systématiquement mouche sans ressembler à celles du voisin.
Lignes de chant et soli très inspirés, on a envie de taper du pied bien souvent à l'écoute de cet album ("You Know What to Do", "C'mon Rock", "You
Won't Be
Lonely"), et de secouer la tête en chantant les refrains à tue-tête ("From
Wrong to Right", "Loving You").
La machine ne souffre que peu de faiblesses face à ses atouts : un soliste autant technique qu'inventif, et un chanteur qui ne craint personne.
Même si ses prouesses se révèleront plus sur les albums suivants (je vous ai dit qu'on y viendrait plus tard!), Micheal Sweet a une puissance vocale impressionnante et une capacité à grimper dans les aigus à faire pleurer bon nombre de ses confrères.
Si en plus vous êtes, comme moi, réceptifs aux voix bien claires, il n'y a que du bon à prendre. Et le meilleur est que la machine derrière n'est jamais reléguée au rôle de faire-valoir : la rythmique et les interventions d'Oz
Fox et ses compères tournent à plein régime.
Stryper navigue du presque metal ("
Loud 'n Clear", "C'mon Rock", "Lovin' You)) au presque dansant (" You
Won't Be
Lonely") avec à chaque fois (foi?) des mélodies qui atteignent leur cible.
Rajoutez le fait que les chœurs (superbes) sont du 100% maison (ça enrage de savoir que certains peuvent jouer et chanter aussi bien).
Un premier album complet et très bien pensé/interprété, on attaque l'aventure
Stryper du bon pied.
A très bientôt avec "
Soldiers Under Command", l'apparition des rayures noires et jaunes (marque de fabrique du groupe), et une nouvelle dimension.
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