The Turn of the Lights

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11/20
Nom du groupe Andre Matos
Nom de l'album The Turn of the Lights
Type Album
Date de parution 22 Août 2012
Labels Avalon
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album20

Tracklist

1.
 Liberty
 04:12
2.
 Course of Life
 05:40
3.
 The Turn of the Lights
 04:21
4.
 Gaza
 05:30
5.
 Stop!
 05:15
6.
 On Your Own
 05:42
7.
 Unreplaceable
 04:50
8.
 Oversoul
 03:32
9.
 White Summit
 04:01
10.
 Light-Years
 04:08
11.
 Sometimes
 03:23

Durée totale : 50:34


Chronique @ Eternalis

11 Septembre 2012

C’est à un artiste fatigué et emprunté auquel nous avons à faire

« J’en ai assez des formules préconçues faites uniquement pour un succès commercial rapide »
Andre Matos – 2008

Le parcours chaotique de l’homme est connu de tous, mais son développement porte, avec le temps, de plus en plus à confusion. Il apparait comme une évidence qu’il fut l’un des moteurs essentiels des splits qui engendra ses différents groupes, et qu’il ne fut probablement pas la victime qu’il a bien voulu décrire pendant un certain temps.
Néanmoins, après les expériences très créatives et immenses que le vocaliste prodige nous apporta avec Angra puis Shaman, il est évident qu’il peine sérieusement à trouver un second souffle dans sa carrière solo, qu’il a déclaré faire pour se libérer des carcans et des principes musicaux qu’on lui connaissait. Pourquoi, dès lors, "Time to Be Free", mais surtout "Mentalize", furent marqués par un manque évident de personnalité, d’ambition et d’originalité ? Pourquoi ces formules, qu’ils critiquent lui-même, parsèment-elles à ce point ces albums qui, clairement, ne marqueront jamais personne avec un passif aussi magistral que l’est "Angels Cry", "Holy Land", "Ritual" ou "Reason".

Certes, le split d’Angra marqua, et la nouvelle séparation qui fut annoncé au cours de l’été démontre bien que les tensions sont également liées à l’entité Angra, mais comment se fait-il que tous les amis du chanteur se détournent de lui les uns après les autres ?
Il paraissait impossible que son bassiste de toujours, Luis Mariutti, à ses côtés depuis les débuts d’Angra, puisse un jour s’éloigner de Matos. Et pourtant, si son frère guitariste Hugo fait toujours partie du line up, Luis n’est plus là lorsqu’Andre présente son troisième album solo, "The Turn of the Lights". Le batteur surdoué Eloy Casagrande a également rejoint Sepultura depuis "Mentalize", et c’est de nouveau amputé de sa force vive que le chanteur aura dû agir.
Il ne va pas sans dire que les fans n’attendent plus grand-chose de lui, entre ses déceptions en solo, le semi-ratage de Symfonia avec Timo Tolkki et Uli Kusch, pendant qu’Edu Falashi, lui, semble se créer une très forte personnalité avec son groupe solo Almah.

A l’écoute de "The Turn of Lights", c’est à un artiste fatigué et emprunté auquel nous avons affaire. Épuisé par les combats, atteint par la lassitude et passant littéralement à côté de son sujet, la copie est bien pale lorsque l’on porte un nom si glorieux. Comment est-il possible, avec une voix si merveilleuse, de proposer des lignes vocales aussi fades et, disons-le, mal chantées, que sur le morceau d’ouverture "Liberty" ?
Un heavy metal de bas étage, de troisième zone, indigne d’un tel homme, joué sans envie et interprété dans une indifférence générale. Incapable de passer la seconde en ce qui concerne la vitesse d’exécution, même sur les tempos qui se voudraient speed, il est presque incompréhensible qu’un album aussi peu travaillé et dénué autant d’âme ait pu voir le jour sur le marché du disque à l’heure où l’industrie est plus que jamais en crise.
Rien ne ressort d’un album complètement homogène, sans reliefs ni temps forts, tellement fade qu’il s’inscrit rapidement en noir et blanc. Le manque d’imagination en est la cause première, mais Andre lui-même ne parait jamais croire en ses mots, en ses riffs. Si le manque de promotion est un autre facteur étrange qui donne une nouvelle fois à douter de l’implication de l’artiste dans sa création, l’auditeur ne peut que rester pantois face à cet album. Le morceau éponyme, par exemple, est simplement joli, avec un break sympathique et une belle prestation du nouveau batteur Rodrigo Silverira concernant les percussions, mais comment décrire ce solo ? Indigne, une fois de plus, de ce qu’on est en droit de s’attendre d’un groupe de ce calibre…

Oui, Andre essaie de retrouver la fibre d’antan pour composer des compositions speed en diable et incroyable de jouissance, d’idées et de vibrations positives, mais lorsque l’on entend "Unreplaceable", la pilule est vraiment difficile à avaler. Un riff médiocre au possible, des claviers cheap au possible, un chanteur en roue libre éprouvant des difficultés visibles à monter comme il le souhaite (alors que Symfonia ou les concerts d’Avantasia ont prouvé, dans ce domaine, qu’il n’avait rien perdu de ses capacités techniques) et surtout, un morceau qui retombe sur lui-même dès le premier refrain. "Oversoul" est exactement du même acabit, d’une mollesse véritablement affligeante dans sa forme malgré un riff certes speed mais un manque d’épaisseur et une rythmique ne suivant pas du tout le reste. A cela s’ajoute une mélodie vocale complètement copiée sur le Violence de l’opus précédent et l’inutilité de la chose en devient dégradante.
Paradoxalement, c’est presque sur les ballades que le brésilien s’en tire le mieux, particulièrement sur la sublime "Gaza" qui retrouve une « vibe » chaude et intègre, rappelant l’époque glorieuse et innocente de "Fireworks". "Sometimes", à la sensibilité exacerbée et au piano tout autant magnifique, clôt également l’album sur une note de poésie salvatrice, parfaitement maitrisée et jamais niaise ou larmoyante.

La sensation de gâchis est évidemment immense à l’écoute de "The Turn of Lights", le meilleur étant désormais définitivement derrière le vocaliste qui, fut un an, s’imposait comme l’un des plus grands compositeurs de son époque. Mais, fatigué des combats psychologiques qu’il a dû mener, peut-être même lassé par un business impitoyable lui ayant causé beaucoup de pertes d’amitiés, Andre ne semble plus apte à affronter son destin. "Mentalize" pouvait, même si cela semblait peu probable, s’apparenter à une faute de parcours. Malheureusement, ce troisième album en solo vient clore nos espoirs de retrouver l’immense artiste qui, il y a encore peu, sortait un "Reason" visionnaire et en marge de tous ce que la scène heavy metal avait à nous offrir. Si près, et pourtant si loin de nous, cet Andre a semble-t-il bel et bien disparu…et son amour pour la grande musique avec.

6 Commentaires

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Dromedario - 12 Septembre 2012: Pareil, j'avais pas mal apprécié Time to Be Free, même si à la base c'est pas trop mon style, puis j'avais écouté des extraits du 2nd, mais j'avais pas accroché. Alors là ce 3eme, je crois que je vais même pas m'y pencher.

Bonne chronique cela dit :)
MetalAngel - 18 Septembre 2012: Pour moi, ce sera un 3/20...Time to be Free était très bon, le second était plus sombre et moins mémorable...mais alors là, c'est la catastrophe. Aucune inspiration, aucune âme...
COF42 - 20 Septembre 2012: Je vous trouve un peu sévère avec Mentalize. C'est un bon album que je trouve très agréable à écouter Après, pour suivre le parcours d'Andre Matos depuis les débuts d'Angra, ces albums solos auraient peut-être d'avantage de considération s'il faisait parti à côté d'un vrai bon groupe avec une certaine renomée. Andre a un talent fou mais multiplier les groupe le dessert plus que ça ne le sert. Traité moi d'imbécile mais j'achèterai quand même Turn of the light pour écouter ce superbe timbre de voix sur de nouvelles compos.
xenesys - 25 Octobre 2012: apres écoute, oui c'est clairement pas le cd du siecle. mais je pense que vous etes un poil trop dur avec Andre. Apres il manque quelque chose mais les compos sont variées, la prod est bonne, il chante toujours aussi bien. bref pour moi j'ai mis 12/20.
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