The Other Side

ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
15/20
Nom du groupe Sacred Groove
Nom de l'album The Other Side
Type Album
Date de parution 30 Octobre 2015
Labels Self-Produced
Style MusicalMetal Gothique
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1.
 Waiting for the Rain
 05:03
2.
 The Other Side
 03:38
3.
 Runaway
 05:14
4.
 Lost in Paradise
 04:11
5.
 You Can Fly
 06:14
6.
 A Clue
 03:56
7.
 Don't Tangle with Me
 04:19
8.
 Light of the World
 04:36
9.
 Ghost in the Machine
 05:04
10.
 Sacred Groove
 09:40

Bonus
11.
 Light of the World (Instrumental)
 04:37
12.
 Waiting for the Rain (Acoustic)
 03:53

Durée totale : 01:00:25


Chronique @ ericb4

07 Mai 2021

L'aventure se poursuit sereinement pour la formation teutonne...

Quatre années déjà envolées depuis « Needful Things », un délicat album studio encensé par les critiques en guise de message de bienvenue, et voici le quintet teuton impulsé par le guitariste Dennis Meivogel et le batteur Stefan Deiners enfin de retour. Et ce, avec un opus de même acabit répondant au nom de « The Other Side » ; une auto-production de 12 pistes inédites égrainées sur un ruban auditif de 60 énergisantes et troublantes minutes. Ce qui n'est pas allé sans un remaniement de fond de son équipage. Aux côtés des deux maîtres d'oeuvre évoluent désormais : la chanteuse russe aux cristallines et chatoyantes inflexions Alona Levina, en remplacement d' Isabel Willenberg ; Basti Sawalt, en lieu et place de Chris Schlotfeldt, à la basse ; sans oublier le claviériste Jüppi Püllen, décédé en 2014 suite à un tragique accident de voiture, soit, peu avant la finalisation de l'opus. Quelles seraient alors les armes de cette seconde offrande pour espérer voir le combo germanique s'illustrer parmi les valeurs montantes de son registre metal d'affiliation ?

De cette fraîche collaboration naît un propos rock'n'metal mélodico-gothique, symphonisant et progressif, aux riffs de guitare des plus avenants, où les de lignes de claviers se font un poil plus présentes aujourd'hui qu'hier, dont les influences de Autumn, Mattsson, Nightwish (première période), Vetrar Draugurinn, Delain, Vuur et Evanescence ne sauraient être éludées. Pour une optimale mise en valeur de son set de compositions, l'inspiré quintet a confié la production à Mario Dahmen (Liquid Aether Audio Studios) et le mastering à un certain Jacob Hansen, producteur, ingénieur et multi-instrumentiste danois, sollicité, entre autres, par Epica, Avantasia, Evergrey, Imperia, Primal Fear, Delain, Diabulus In Musica, Pythia et Sirenia, pour la participation à la production de certains de leurs albums. Aussi, l'opulent méfait jouit-il d'une qualité d'enregistrement rutilante, d'une péréquation de l'espace sonore entre lignes de chant et instrumentation et surtout d'une belle profondeur de champ acoustique. Mais montons sans plus attendre à bord du navire, en quête de trésors intimement cachés...


A l'instar de sa précédente livraison, au fil de son parcours, le collectif égrène de sémillants arpèges d'accords, qui, peu ou prou, amèneront à une remise du couvert sitôt l'ultime mesure de la plupart des plages du skeud envolée. A commencer par ses pistes les plus enfiévrées, comme l'illustrent « Waiting for the Rain » et « Clue », deux vibrants et organiques up tempi symphonique gothique aux riffs épais, à la confluence de Mattsson, Autumn et Nightwish. mis en exergue par les limpides volutes de la sirène. Dans cette veine, on ne saurait davantage esquiver un headbang bien senti sur « The Other Side », un tubesque effort délivrant un fin legato à la lead guitare et recelant un refrain d'une redoutable efficacité encensé par les fluides patines de la déesse.

Un poil moins vitaminés, d'autres pistes trouveront néanmoins matière à aspirer le tympan. Ainsi, eu égard à leurs insoupçonnées variations atmosphériques et rythmiques et à leur entêtant refrain, l'''autumnien'' mid tempo aux riffs en tirs en rafale « Runaway » tout comme le chevaleresque et ''mattssonien'' « Don't Tangle with Me » n'auront pas tari d'armes efficaces pour nous assigner à résidence. Dans cette énergie, on retiendra non moins le ''delainien'' mid tempo syncopé « Lost in Paradise » tant pour la soudaineté de ses attaques percussives que pour son petit pont techniciste bien amené et ses enchaînements intra piste ultra sécurisés. Difficile également de ne pas se sentir happé par les montées en régime du convoi instrumental de « Ghost in the Machine », un solaire mid tempo power symphonico-progressif à mi-chemin entre Delain et Nightwish et Vuur.

Comme il nous y avait sensibilisé sur son précédent effort, le combo allemand semble particulièrement à son aise sur les pièces en actes gothico-symphonico-progressives, un exercice de style aussi redouté que requis par tant de ses pairs. Ainsi, nous rappelant étrangement un Nightwish des premiers émois, le titre éponyme du nom du groupe, « Sacred Groove », délivre ses 9:40 minutes d'un parcours à la fois volontiers chaotique, un brin énigmatique et délicieusement romanesque, sur fond d'enveloppantes nappes synthétiques. Dans ce champ de turbulences, alors surmontées d'une muraille de choeurs, les caressantes ondulations de la princesse font mouche où qu'elles se meuvent. Peut-être bien le masterpiece de la rondelle.

Que les fans de moments tamisés se rassurent, la troupe ne les aura nullement laissés pour compte, cette dernière leur ayant même concocté ses mots bleus les plus sensibles. Aussi, ne mettra-t-on qu'une poignée de secondes pour plonger dans le bain orchestral aux doux remous inhérent à « You Can Fly », une power ballade des plus enivrantes voguant sur un soyeux tapis synthétique, mise en habits de soie par les angéliques impulsions de la maîtresse de cérémonie. Et comment ne pas se sentir porté par les vibes enchanteresses exhalant des entrailles de « Light of the World », une ''nightwishienne'' ballade atmosphérique égrainant un frissonnant slide à la guitare acoustique, glissant le long d'une radieuse rivière mélodique et enserrant un refrain immersif à souhait magnifié par les magnétiques modulations de la belle ?

C'est également dans cette veine que s'inscrivent les deux pistes bonus de l'album, non sans générer la petite larme au coin de l'oeil, celle que l'on tenterait bien d'esquiver, en vain. D'une part, la version instrumentale à orientation symphonique de « Light of the World », loin d'en constituer un simple clone, au regard du graduel déploiement de son corps orchestral assorti d'un fringant picking et de son flamboyant solo de guitare de clôture, renforce le sentiment d'être aux prises avec l'une des pépites de la goûteuse galette. D'autre part, l'option acoustique de « Waiting for the Rain » mue le frondeur méfait en une ballade romantique jusqu'au bout des ongles, sur fond d'un guitare acoustique/voix d'une sensibilité à fleur de peau et des plus hypnotiques.


Au final, dans le sillage atmosphérique de son devancier, ce second opus n'en trouve pas moins quelques points de démarcation fondant précisément son originalité, à commencer par son orientation stylistique dorénavant plus symphonisante et moderne qu'autrefois. A la fois incisif, enivrant et sensible, le luxuriant propos se voit, comme son aîné, doté d'un petit supplément d'âme ne le rendant guère moins attachant. Des qualités techniques affermies, des lignes mélodiques plus finement esquissées, des exercices de style des plus variés, une production d'ensemble plutôt soignée et des arrangements de bonne facture complètent un tableau déjà richement orné. Sans omettre la sirénienne empreinte vocale de la nouvelle venue, apte à procurer quelques frissons.

Il conviendrait cependant que la troupe consente à l'une ou l'autre prise de risque et qu'elle étoffe son offre oratoire d'instrumentaux et de duos pour espérer jouer les épouvantails parmi ses nombreux opposants. Néanmoins, à l'aune de cette poignante et luxuriante offensive, le combo aurait les cartes en main pour s'imposer parmi les valeurs montantes du metal gothique symphonique à chant féminin. Bref, un groupe qui a le vent en poupe...

Note : 15,5/20

0 Commentaire

0 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Autres productions de Sacred Groove