Infatigablement et avec une abnégation sans faille, les Italiens de
Pandaemonium auront tenté de nous convaincre de l'intérêt d'un exercice consistant en une relecture de cette musique transalpine tel que
Rhapsody en aura définis les nouvelles bases en ces temps désormais lointains.
Inlassablement ils se seront heurtés à la dure réalité d'un monde indifférent à un tel propos devenu désuet. Toutefois, au delà même de cette désaffection concernant une expression artistique devenue de plus en plus surannée, soyons francs et reconnaissons que leurs deux premières tentatives (
And the Runes Begins to Pray (1999) et
Return to Reality (2005)) s'alourdissait, de surcroît, de bien trop d'imperfection pour contenter les plus exigeants d'entre nous.
Une fois encore, en cette année
2012, ils vont essayer de nous séduire au son d'un troisième opus intitulé
The Last Prayer.
S'agissant de la musique a proprement parlé, il nous faudra reconnaître, objectivement, que ces ultramontains auront fait les efforts suffisants pour rendre leurs propos plus attractifs. Pour ce faire, loin de se contenter de cette caricature sans saveur et essoufflé de
Rhapsody, ils auront affiné un ensemble qui désormais devient presque agréable. Et ainsi offert à leur Heavy
Power Metal si symptomatique de cette Italie triomphante, quelques vertus en composant une musique nettement plus variée que celle qu'ils bâtirent autrefois. De plus à ce regain d'inspiration et d'efficacité, il faudra aussi ajouter, au crédit de ces musiciens, cette application particulière qui est la leur pour échafauder des interventions de pianos, de claviers, d'instruments classiques, mais aussi des instants aux chœurs grandiloquent, éminemment attrayants. Et ce même si, parfois, la profusion simultanée de ces divers éléments rends l'ensemble un peu confus.
Néanmoins, outre le fait que cette interprétation garde toujours encore les parfums légers mais prégnants de ce passéisme, l'un des défauts récurrents des œuvres de ce groupe réside dans l'usage excessif de ces chants suraigus non maîtrisé avec lesquels Daniele Reda assassinait nos faméliques espoirs de trouver au cœur des opus de
Pandaemonium quelques maigres raisons d'espérer encore. Si, bien évidemment, le vocaliste continue d'user parfois de ces aigus extrêmes (Braveheart), il le fera de manière si rare que l'écoute de ce manifeste devient nettement plus agréable que ne le fut l'écoute des œuvres précédentes de cette formation. Il restera toutefois, çà et là, quelques scories de ces chants crispant pour lesquels l'oreille formaliste peine à s'acclimater. Et il y aura, de plus, ici des passages chantés étrangement dissonants tels que sur les couplets de
Through the
Wind. C'est d'autant plus regrettable qu'exceptions faites de ces quelques faux pas dommageables, la relative bonne tenue vocale est de rigueur ou, du moins, est suffisamment maîtrisée pour ne pas trop gêner nos instants.
On pourra aussi se demander où se situe l'intérêt de ces quelques voix agressives écorchés et anecdotiques, qui si elles n'apportent pas grand-chose, excepté un peu de nuance supplémentaire, pourraient bien en rebuter certains. Fort heureusement, ces interventions sont plutôt rares.
Cependant, loin de ces défauts embarrassants, il y a aussi, désormais, quelques raisons de se réjouir. Et ainsi des titres tels que l'excellent Holy
Voice, The White
Voice, Go your Own Way, Today et son préambule aux pianos superbes et aux voix tout en retenues, Braveheart (en dehors de sa fin crispante) ou encore, par exemple, Until the
End sont des instants suffisamment délicieux pour que l'on daigne les partager avec
Pandaemonium.
Ajoutons encore que les sempiternels interludes narratifs ennuyeux ainsi que les instrumentaux rébarbatifs, ont heureusement quasiment disparu de la musique de ces italiens.
Seul un
Epitaph échappe à cette règle et se passe de chants. Le morceau reste pourtant bon.
Toujours encore surannée, encore quelques rares fois problématiques au niveau de certaines lignes de chants et, désormais, parfois, un peu confuse, la musique de
Pandaemonium aura pourtant, fort de ce
The Last Prayer, fait un pas décisif en nous offrant, sans aucun doute, son meilleur.
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