Après une première œuvre laborieuse dévolus aux pires clichés
Power Metal de cette pourtant excellente école italienne, dont, soit dit en passant,
Rhapsody restera l'un des plus remarquables représentants, les Transalpins de
Pandaemonium auront patienté six longues années. Un temps qui leur fut nécessaire pour reprendre la plume et continuer à nous narrer les détails d'un conte débuté sur un ...
And the Runes Begins to Pray (1999) assez pathétique. Le nouveau chapitre de cette saga, baptisé
Return to Reality, sort donc en 2005. Pourra-t-il réellement nous conduire à autre chose qu'à l'inévitable et fâcheux dénouement que nous promettait un premier album affligeant? La question est posée.
A l'orée de cette nouvelle fable les craintes les plus fondées pouvaient donc, en effet, poindre et laisser augurer du pire tant les intentions louables déployées autrefois par ces musiciens auront rarement donné naissances à un résultat ayant un quelconque intérêt. Et quand bien même les six années passées depuis cette première tentative médiocre auraient adouci nos jugements, et quand bien même auraient-elles, aussi, aguerri les membres de cette formation, les premières notes d'un convenu et véloce Time of
Glory viennent immédiatement anéantir nos minces espoirs. Au-delà de son aspect musical caricatural dans lequel apparaissent tous les stigmates les plus embarrassants d'influences trop évidentes et trop médiocrement exploitées par ce groupe (influences dans lesquelles
Domine, Rhapshody,
Drakkar et, notamment,
Skylark prennent une place prépondérante), le titre nous révèle, une fois encore, les carences insupportables de ce chanteur, Daniel Reda. De telle sorte que l'artiste se rappelle tristement à nos mémoires endoloris en nous proposant les perversions caricaturales de son habituelle interprétation pénible. Dans cette expression symptomatique des plus médiocres chanteurs ultramontains, il s'efforce, en effet, de massacrer consciencieusement des aigus immaîtrisé en les nimbant de ces trémolos fatigants dont usent et abusent trop souvent ses compatriotes. Pour souligner davantage encore les déficiences des chants de ce manifeste en générale, et de ce premier morceau en particulier, les refrains de ce Time of
Glory s'alourdissent de chœur grave dont la fausseté et l'incongruité écorchent quelque peu l'oreille.
Confirmant cette première impression déplorable inspirée par des travaux vocaux insuffisants, le reste de l'œuvre continue à défendre, de surcroît, cette musique démodée entrevue sur cette première piste et, ainsi, continue à nous décevoir (les déplaisants
Ancient Time,
Warrior Lost in Time,
Return to Reality, Miracle, ou encore, par exemple, la ballade pseudo épique et médiévale
Land of Dreams).
Parlons aussi de cette fâcheuse habitude de l'usage de l'instrumentale, ou de l'introduction narrative, dont
Pandaemonium est excessivement coutumier. Même si, soyons honnêtes, pour une fois, la formation aura su faire preuve ici d'une certaine mesure puisqu'ils ne seront qu'au nombre de deux, Intro et
Flying over the
Clouds. Si l'intérêt du premier est indiscutable puisque, comme son nom l'indique, il introduit le propos, le second, quant à lui, fort de ses presque cinq minutes, est totalement inutile et épuisant. Il alourdit derechef cette œuvre.
Ceci étant, outre cette tournure vocale éprouvante omniprésente, outre ce rituel de l'instrumental et outres ce
Power Metal suranné à l'inspiration poussiéreuse essoufflée mâtinant presque chaque parcelle de cette univers archiconnue,
Pandaemonium peine toujours autant à nous offrir quelques moments plaisants. Citons tout de même, afin de ne pas totalement condamner un opus qui pourtant le mériterait amplement, des morceaux tels qu'un
Evil Star, un Blazing
Fire ou encore, par exemple, tels qu'un Fires in the Sky dont les breaks sont suffisamment intéressants pour ne pas laisser l'auditeur sombrer totalement dans l'ennui profond.
Il faudrait beaucoup d'indulgence et de fanatisme pour trouver quelques mérites supplémentaires à ce piètre
Return to the Reality. Deux traits de caractères que l'impartialité due à l'exercice de la chronique objective, du moins autant que faire se peut, interdit.
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