Il fut un temps où le black symphonique polonais était une référence. Il y avait de sacrés belles bêtes dans ce domaine, notamment les premiers
Crionics,
Hermh,
Luna Ad Noctum,
Vesania, et aussi
Devilish Impressions. Mené par le chanteur / guitariste Quazarre (
Asgaard,
Crionics), ce dernier a relancé la machine en
2012 avec la sortie de «
Simulacra ». On nous offrait là un très bel album de black/death symphonique, varié et majestueux. Mais à l'instar de ses nombreux comparses,
Devilish Impressions met de côté ses influences symphoniques pour son retour en force avec «
The I ».
La bande se présente désormais comme un groupe de black/death expérimental. Et dieu sait à quel point je me méfie de ce terme. Pour ce que j'en sais, il s'agit d'un véritable fourre-tout et certaines formations aiment utiliser cette étiquette lorsqu'elles ne savent (ou ne veulent) pas trop se situer. Légitimement, on s'attend à quelque chose de novateur, mais à l'écoute du titre éponyme, qui ouvre l'opus, on se retrouve avec un black metal typiquement polonais. Un son moderne, des riffs évocateurs et un feeling death sur certains plans.
« The
Dove and the
Serpent » démarre avec une nappe de synthé angoissante. Il déploie aussi une atmosphère lourde grâce à un mid tempo et un refrain à la mélodie catchy. Ca marche plutôt bien et on se prend facilement au jeu. Par contre, pas de sympho à la «
Simulacra » ni d'expérimentations. Ca reste du black/death somme toute classique, avec une grosse ambiante en prime.
Le reste de l'album ne nous dira pas le contraire, que ce soit « Eosphoros » et ces relents black mélodique, ou «
Blood Imprinted
Stigma » avec ses riffs caractéristiques. L'ensemble reste relativement mou et peu développé, comme si
Devilish Impressions avait eu envie de ne prendre aucun risque. C'est long et parfois tortueux, et des titres de dix minutes auraient été parfaits s'ils n'avaient duré que cinq. Bon il y a quand même quelques breakdowns proggy et quelques soli thrashy. Un titre comme « The
Fatal Messiah » est tout à fait honorable : on comprend que les Polonais aient eu envie de faire durer le plaisir mais dix minutes répétitives, n'est-ce pas un peu long ?
«
The I » n'est pas un mauvais opus. Il s'agit d'un black/death tout à fait correct avec des passages catchy et quelques riffs qui défouraillent. Le chant est loin d'être dégueulasse et la batterie fait aussi bien son job. La production est même pas mal, même si un peu trop compressée à mon goût. Mais à part ça, il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent. Le terme « expérimental » est mensonger (il faudra repasser...) et même les albums précédents paraissaient bien plus développés et expérimentaux en comparaison. Et si vous aviez envie de découvrir l'évolution symphonique de
Devilish Impressions, c'est raté. En clair : «
The I » est pour les amateurs de black/death polonais classique, rien de plus.
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