The Good the Bad the Waysted

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16/20
Nom du groupe Waysted
Nom de l'album The Good the Bad the Waysted
Type Album
Date de parution 1985
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album48

Tracklist

1.
 Hang Em High
 
2.
 Hi Ho My Baby
 
3.
 Heaven Tonight
 
4.
 Manuel
 
5.
 Dead on Your Legs
 
6.
 Rolling Out the Dice
 
7.
 Land That's Lost the Love
 
8.
 Crazy Bout the Stuff
 
9.
 Around and Around
 

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Waysted


Chronique @ largod

14 Janvier 2013

Cherchez le truand

Le hard-rock repose finalement sur quelques principes de base extrêmement simples. L’objectif principal consiste à capter l’attention de l’auditeur au travers de l’énergie de la musique ainsi que d’un visuel ou d’une attitude en marge des critères habituels de la société bien-pensante.

Côté attitude, Pete Way sait de quoi il parle. Après les remue-ménage précédents de line-up, il confirme son approche en évacuant Andy Parker du tabouret de batteur pour cet album et confie le poste temporairement au cogneur Jerry Shirley. Sur la pochette de ce second full length de Waysted ne figurent d’ailleurs que trois visages : le sien, celui de Ian « Fin » Muir au chant et celui de Paul Chapman, rescapé de la tournée support du mini LP de 1984, qui vit Neil Shepherd se faire satelliser dès sa sortie. Histoire de se préparer à une nouvelle séance de recrutement futur, Pete embauche aussi Jimmy DiLella aux claviers et en assistant guitariste pour une durée indéterminable… Précarité et flexibilité, même au royaume des décibels forts.

Côté musique maintenant, prenons deux exemples simples.

Tout d’abord, prenez un gros son de guitare. Ajoutez-y une rasade de basse, sans rechigner à en remettre dans le genre ligne de pachyderme. Par-dessus, mouillez d’un beat de batterie lourd, arrosé en surface d’un chant rocailleux. Un peu de cuisson sur un riff gras et sentant le boogie-blues et vous obtenez « Hang’em high », titre hyper carré, sauvage et rentre-moi-dans-le-buffet comme on aime. Du heavy rock au premier degré qui vous fera taper du pied.
Ensuite si vous cherchez les ingrédients pour un chef d’œuvre, ne bougez pas. Rien de plus simple. Des nappes de claviers bien clairs, quelques vers chantés par un timbre gorgé de bourbon et en 20 secondes le tour est joué. « Heaven Tonight » s’arrache ensuite sur un riff de guitare tonitruant et une frappe de caisse claire sèche pour un mid-tempo limpide sur lequel pulse la basse paresseuse de Pete Way. L’orgie sonore s’envole enfin vers des confins orgasmiques, portés par le chant éraillé d’un Fin au sommet de son art.

Vous manquez de patate un matin au lever du lit ? Enfilez-vous derrière les oreilles le boogie-rock « Dead on your legs » qui ressusciterait le petit Jesus avec son riff binaire archi-lourd à la AC-DC et son chant mis très en avant. Les chœurs sur le refrain vous redonneront le sourire et Paul Chapman illumine ce morceau de son toucher d’argent sur le solo et sur la ligne mélodique. Pas rassasié de secouage d’échine et de nuque ? Qu’à cela ne tienne, Chuck Berry reçoit ses palmes académiques au travers d’une reprise de son rock « Around and around » à la puissance boogie crade dont Waysted a le secret. Fin est à nouveau énorme (fallait la faire celle-là) et l’ami Chapman rajeunit de 20 ans sur une rythmique de feu que Shirley et Way tabassent, bananes au vent.

Globalement, Waysted affiche une puissance mélodique au-dessus de la moyenne. Leur style ne s’aventure pas dans le speed ou le heavy-metal pur et dur. Pas utile. Le hard-rock qu’ils nous proposent s’appuie sur la technique de chacun des musiciens et leur aptitude à dénicher la dose de musicalité qui transforme la plus modeste des chansons en titre imparable.

Un exemple ?
Prenons « Hi Ho My baby » avec son attaque de fûts classique, son riff de guitare classique et les premières paroles de Fin… euh classiques dans sa sensualité chaude et enrouée. L’ami Pete Way nous régale et semble péter la forme tout comme Mister Chapman, impérial en lead et surtout sur son solo. L’ensemble est au départ assez banal mais l’apparition des claviers de Jimmy DiLella ne suffira pas à sublimer tout à fait le morceau. Le refrain, lui, tuerie ultime, apporte sur une frappe de métronome de Jerry Shirley le vernis indélébile d’une réussite rock qui s’achève sur le thème principal du « Down payment blues » des célèbres kangourous.

Que de dithyrambes me direz-vous.
Qui aime bien châtie bien pourtant. Les claviers du genre Bontempi ouvrant « Land that’s lost the love » font un peu tâche. Heureusement, l’ambiance devient soudain plus sombre et agressive sur un riff taillé à la serpe par Paul Chapman. L’honneur est sauf et le chant, à nouveau au top, propulse, si la mélodie en avait besoin, cette pièce au musée à l’instar du fameux tee-shirt en toile d’araignée rendu célèbre par le front-man du groupe. Alors que la basse de Pete Way est accordée bien bas, le solo de Chapman lorgne vers l’infiniment grand, le sublime.
Autre titre qu’il faut savoir appréhender à sa juste mesure. « Rolling out the dice » commence par une introduction stellaire. Enchainant sur un riff de mammouth et une section rythmique d’extra-terrestre, le titre se relance sur le refrain, alors que le pont lui donne un côté déstructuré moins habituel que la linéarité et la fluidité de la musique de Waysted. Gros son et big rock qui, au final, fait le boulot.

En dépit d’un titre certainement pas autobiographique pour le mentor-bassiste du groupe, « Crazy ‘bout the stuff » fait craindre, avec son entame lourde et morne, un départ groupé pour l’échafaud. La mélodie va soudainement gagner en intensité et s’embarquer sur un mid-tempo amphétaminé, fruit d’un riff sec et nerveux et d’un travail de Pete Way omniprésent avec sa basse. La voix de Fin atteint encore des sommets de gouaille et de rocaille, pendant que Paul Chapman tricote un magnifique solo.

Rien à jeter sur cet album. Vraiment rien, il faudrait être difficile.
Que dire sur le second chef d’œuvre « Manuel » ? Que c’est un chef d’œuvre, tout simplement, le pied absolu. Des arpèges de guitare et la voix du divin Ecossais, rejointe par un riff délicieusement rock et une basse de spéléologue. Chant bluesy et beat de batterie complètent un tableau encadré d’un refrain ultra chantant et éternel, avec des chœurs qui vous dressent les poils sur l’échine. Un break et des claviers au diapason et ça repart avec fougue, les zicos balancent le feu d’artifice du 14 juillet et l’auditoire finit sur les genoux, touché par la bonté divine.

Vous l’aurez compris. Le bon et la brute chez Waysted correspondent aux deux facettes interchangeables du couple Pete Way – Ian ‘Fin’ Muir.
Comme dans le jeu du bon et du mauvais flic, classique de l’interrogatoire du gardé à vue, les deux compères laissent à l’autre le soin de briller ou de porter les galons du bad boy lorsque le besoin s’en fait sentir.
Le truand quant à lui sommeille en chacun de nous et en particulier au sein de ce groupe si particulièrement imprégné de la culture des 70’s et de ce son hard-rock aux intonations modernes mais aux racines si profondément ancrés dans la légende UFOïde.
Tout le danger réside dans la résurgence des vieux démons. Ce qui rend la matière et le ciment de ce groupe si instable comme un isotope radioactif au bord de la fission nucléaire.
Waysted restera quoiqu’il advienne un joyau des années quatre-vingt.


Didier – Décembre 2012

10 Commentaires

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largod - 17 Janvier 2013: Je plaide coupable pour l'enflammade Marc, sans doute pour le grain de Fin qui me rappelle celui qui chante sur mon avatar, les origines écossaises en plus.
Néanmoins, derrière, ça assure. Pete Way, quand il se donne un peu de peine, est énorme et les compositions font mouche pour ceux qui aiment la musique qui s'écoute pas seulement avec les oreilles. Shepard et Chapman font des étincelles.
Dans les différents genres de ce monde qu'est le Metal, au rayon hard-rock amphétaminé et crasseux-élégant, Waysted occupe une place de choix.
Et loin de moi (j'ajoute Sam aussi, tiens) de penser que tout le monde puisse partager le même sentiment : il en faut pour tous les goûts. Et c'est tant mieux.
J'espère que depuis, les corbeaux volent en regardant le sol par chez toi, l'ami.
samolice - 17 Janvier 2013: Le clip que tu as posté au dessous de ta chro est trop bon. Merci.
MarkoFromMars - 17 Janvier 2013: D'accord avec Sam pour le clip, très bon.
Et j'apprécie énormément ces moments passés avec vous, toi Didier, Sam, Zaz et les autres ( je ne peux tous vous citer) car je découvre des groupes qui étaient invisibles dans les bacs par chez moi et pour d'autres , que j'estimais indignes de mon intérêt.
L'âge aide à devenir plus sage et moins obtus et pour cette deuxième vie que je dévore à pleines oreilles, je ne peux que saluer la passion qui vous anime et vous remercier pour la faire partager.
kfc_Funeral - 07 Fevrier 2023:

Bon album, Manuel est un bijou  heart

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