Revoilà
Necronomicon, comme tous les trois ans depuis la décennie précédente. Les Allemands, toujours un peu dans l'ombre de leur grand frère
Destruction, auquel ils ont souvent été comparés, à juste titre, semblent se diriger vers la fin de leur carrière à en juger par le titre de leur dernier album. Toutes les bonnes choses ont une fin (on y reviendra à la fin de la chronique). Et, si par bonheur, ce dernier disque est de la qualité du très bon
Unleashed Bastards, paru il y a trois ans, ce sera tout bénéfice pour le thrasher avide de nouveautés en cette période bien peu avenante.
Avec "I Am The Violence", asséné d'entrée, les Allemands attaquent plein fer, tel un Bayern de Munich en forme. Un hymne au refrain imparable, dont le seul défaut serait les accointances encore palpables avec
Destruction, voix nasillarde comprise, et un peu le pendant de "My name Is
Vengeance" de l'album précédent. Très accrocheur, pied au plancher, à l'image du direct titre éponyme, le groupe sait y faire pour balancer des morceaux intenses, et aux refrains réussis ("Wall Of
Pain") et mélangeant le côté un peu fébrile d'un
Darkness avec le son gonflé du thrash plus moderne de la décennie actuelle. Ainsi, les qualités du groupe ressortent assez naturellement, parmi lesquelles de chouettes soli, des transitions fluides et une certaine tendance à aller aussi piocher chez
Headhunter (le projet de Schmier pendant le hiatus de
Destruction) lors des moments les plus mélodiques. Les douze titres forment ainsi un bloc bien agencé, avec des moments forts ("Wall Of
Pain", l'hymne "
Purgatory", "I Am The Violence" par exemple) dont la qualité globale approche celle de Unleash the
Bastards, ce qui n'est pas peu dire, sans se renier ni se transformer. Ainsi on retrouve clairement les forces de la formation germanique au travers de morceaux agréables à l'écoute, adoucis de l'aspect rêche de ses débuts, ("The Stormreaper", "The
Unnamed"), et forts d'un son bien gonflé, toute double grosse caisse en avant.
Malgré cela, signalons chez ce nouveau
Necronomicon quelques fautes de goût indignes d'un groupe de son expérience : Le riff tourbillonnant introductif de "
Burning the
Fury" à aller chercher du côté du Iron Maiden de 1985 (à la note près) est un copycat éhonté. Dommage car le reste du titre, aux soli enlevés est plutôt bon. Le pattern de batterie de "Spilling
Blood" également (lors de l'intro acoustique) est du Mc Brain pur jus, tout comme l'intro à la basse du final "The Stormreaper", qui renvoie à Steve Harris. Ne cachons pas non plus un style global très (trop ?) proche d'un
Destruction, avec les mêmes qualités mais moins de défauts que ne présentent les travaux récents de Schmier et compagnie. Ainsi, le soin apporté aux compositions, d'un niveau plus élevé que les
Destruction récents, plaide franchement en la faveur de la bande menée par Volker Fredrich, avec une homogénéité assez remarquable ("The
Unnamed", mal placé dans le sequencing, mais diablement addictif). Chaque titre, globalement, possède ainsi sa petite accroche et rend l'ensemble convaincant.
Un bon cru donc, malgré une pochette peu engageante (bon, ça n'a que rarement été le point fort du groupe), malgré une ou deux grosses fautes de goût,
Necronomicon montre, au soir probable de sa carrière, que le thrash mélodique a encore de beaux jours devant lui. Remontant ainsi sensiblement son niveau depuis l'album précédent,
Necronomicon et son chapitre final reste un très bon représentant de la première vague du thrash metal allemand. Qui l'eut crû en 2021 ?
P.S. : Au même titre que le laisse suggérer le titre de l'album chroniqué ci-dessus, une pause à durée indéterminée dans les chroniques officielles va être de mise pour votre serviteur après 372 papiers ayant contribué, non sans plaisir, à l'activité du site. En remerciant toutes et tous pour les commentaires additionnels enrichissant avec à propos mes modestes textes. Keep on Thrashing !
Ah bah ça fait chier Jérôme....
Oui, mais je reste présent bien sûr de temps en temps, ne serait ce que pour faire partager telle ou telle œuvre ou pour corriger le fofo tharsh s'il y a des énormités bien sûr.
Dommage car c'était un vrai plaisir que de lire tes chroniques (dont cette dernière).
En effet le début de "Burning The Fury" ressemble beaucoup au titre "Flash Of The Blade" d'Iron Maiden.
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