Formé par Anders Björler, Alf Svensson et Tomas Lindberg, ces deux derniers étant issus du mythique groupe
Grotesque,
At The Gates s'inscrit comme le détonateur incontesté du deathmetal mélodique de Göteborg, foyer particulièrement influent et prolifique à partir des ces années 1992/93. Aux côtés d’
In Flames et de
Dark Tranquillity,
Ceremonial Oath compte justement parmi ces jeunes acteurs de la ville se tournant rapidement vers ce style encore en pleine définition. Remarqués par des démos encourageantes, nos trois formations décrochent d’ailleurs un contrat discographique dans les mêmes temps,
Ceremonial Oath obtenant la signature qui se révèlera la moins intéressante, auprès du label éphémère Modern
Primitive qui disparaitra après trois seules réalisations,
Engraved in Black des néerlandais d’
Acrostichon,
Grey Misery des finlandais de
Disgrace et enfin
The Book of Truth de notre quatuor suédois.
A cette époque, les passerelles entre les formations suédoises précitées sont multiples, à l’image de Jesper Stromblad qui officie parallèlement au sein d’
In Flames, du logo de
Ceremonial Oath dessiné par Mikael Stanne alors guitariste de
Dark Tranquillity et chanteur d’
In Flames, de l’illustration de
The Book of Truth créée par Alf Svensson, et bien d’autres exemples encore. Toutefois,
Ceremonial Oath reste dans ses premières années plus précisément l’oeuvre d’un seul homme, le compositeur et parolier Oscar Dronjak, qui fondera quelques temps plus tard l’entité heavymetal
Hammerfall. Mais retour au premier album du quatuor, présentant la particularité d’être l’une des toutes premières réalisations issues des studios Fredman de Fredrik Nordstrom (enregistré en septembre 1992), l’un des lieux les plus prisés dès le milieu des années 90’s.
Tout comme celui de ses camarades d’époque, le deathmetal mélodique pratiqué par
Ceremonial Oath est relativement rageur et technique, le style n’ayant pas encore muté vers une forme globalement plus lisse, épurée et définitivement commerciale. Les harmonies que l’on retrouve également chez
Cemetary,
Eucharist ou l’incontournable pionnier
Edge Of Sanity sont en revanche totalement inédites, dépassant le cadre du deathmetal granuleux et tranchant de la scène de Stockholm initiée par
Entombed,
Carnage ou
Dismember.
The Book of Truth renferme ainsi à la fois des rythmes tapageurs à l’image des parties furieuses de Markus Nordberg sur le bon morceau The
Invocator, un riffing incisif pour citer l’ouverture de For I Have Sinned, tout en calmant régulièrement le jeu par l'instauration de nombreux repères purement mélodiques, notamment grâce aux leads d’Oscar Dronjak et d’Anders Iwers. Sans être foncièrement mémorables, les titres alignés par
Ceremonial Oath sont ainsi de bonne facture, comme le notable Only
Evil Prevails ou le final
Hellbound, plage instrumentale où le groupe montre l’une de ses meilleures facettes, mêlant guitares acoustiques & saturées avec un talent certain.
Si l’idée et les bases sont pourtant présentes, l’interprétation de
The Book of Truth montre en revanche des musiciens manquant parfois d’expérience. Certaines leads mélodiques sont encore assez maladroites, sans compter le chant criard d’Oscar Dronjak et les backings de ses collègues assez moyens, loin des vocaux rageurs de Tomas Lindberg au sein d'
At The Gates. On sent enfin un groupe hésitant entre plusieurs genres (death, mélo, parfois heavy), cherchant encore à définir son style.
Album perfectible sur plusieurs points,
The Book of Truth possède néanmoins une valeur historique certaine, comptant parmi ces premiers albums de deathmetal mélodiques suédois à l’origine d’une école à part entière, aux côtés de The
Red in the Sky is Ours,
Skydancer ou Lunar
Strain issus des jeunes années de Göteborg. Perdu au sein d’un label sans grands moyens et en fin de parcours,
Ceremonial Oath ne parvient toutefois pas à bénéficier d’une couverture équivalente à ses camarades d’époque, sans occulter ses changements radicaux de line up, dont le départ de son leader pour
Hammerfall, autant de raisons précipitant la séparation du groupe après deux albums.
Fabien.
Parmi les pionniers de cette scène de l'époque, je trouve A Velvet Creation (Eucharist) et Lunar Strain (In Flames) bien meilleurs.
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