The Anti Mother

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16/20
Nom du groupe Norma Jean
Nom de l'album The Anti Mother
Type Album
Date de parution 05 Août 2008
Produit par Ross Robinson
Style MusicalMetalcore
Membres possèdant cet album41

Tracklist

1. Vipers, Snakes, and Actors 04:13
2. Self Employed Chemist 03:12
3. Birth of the Anti Mother (ft. Holly Rae and Camille Driscoll) 02:47
4. Robots 3 Humans 0 (ft. Chino Moreno of Deftones and Cove Reber of Saosin) 04:29
5. Death of the Anti Mother 04:06
6. Surrender Your Sons (ft. Chino Moreno of Deftones and Cove Reber of Saosin) 04:40
7. Murphy Was an Optimist (ft. Chino Moreno of Deftones and Cove Reber of Saosin) 04:18
8. Opposite of Left and Wrong (ft. Page Hamilton of Helmet) 03:14
9. Discipline Your Daughters 04:16
10. And There Will Be a Swarm of Hornets (ft. Chino Moreno of Deftones, Cove Reber of Saosin, Holly Rae, Camille Driscoll, Lainee Gram, and Ali Pantera Abrishami) 09:21
Total playing time 44:36

Chronique @ BlackDieRose

26 Janvier 2013

Norma Jean grandit et s'affine au détriment de son agressivité...

Norma Jean ou un des groupes les plus inspirés dans le monde du Metalcore. Le quintette d’Atlanta en a fait du chemin pour se retrouver là. C’est maintenant de notoriété publique, leur musique est une pure tuerie, un simple concentré de hargne chaotique et de lourdeur malsaine, un son poisseux à souhait dans une composition des plus inspirés. En cette année 2008, Cory et compagnie remettent le couvert avec sous leur bras un quatrième opus intitulé The Anti Mother. Sur ce nouvel album ils ont décidé de dévoiler une nouvelle facette de leur personnalité en accentuant leur côté mélodique. Cependant ils tenteront de conserver la lourdeur et la noirceur qui leur est caractéristique et que nous chérissons tant. Alors ont-ils réussi ?

Pour commencer, Cory Brandan, le chanteur/guitariste explique que "The Anti Mother est un personnage que nous avons créé et qui représente tout ce qui est trompeur : il est en quelque sorte l’allégorie de l’hypocrisie. Pourtant ce dernier possède en son fort intérieur, une très belle nature et il n‘est pas si mauvais." Ce qui est intéressant dans cette déclaration, c‘est que Cory vient de lier les paroles à la musique de ce quatrième album. Certes dans la forme, le son sera violent, mais dans le fond l’album trahi d’une certaine manière ses ascendants en proposant davantage d’éléments mélodiques. Ross Robinson (Fear Factory, Korn, Slipknot) produit une nouvelle fois le groupe auquel il apprendra à canaliser cette agressivité débordante.

Un sujet souvent évoqué lorsqu’on parle de cet album est que Cory chante souvent. Est-ce une bonne chose ? Pour ma part je pense que l‘utilisation du chant a permis au groupe de ne pas s‘essouffler musicalement en réussissant à contrer efficacement le sentiment de monotonie. Toutefois le chant est utilisé de manière abusive sur Self Employed Chemist ou encore sur Robots 3 Humans 0. Il s’agit là de bons morceaux nerveux oscillant entre Metalcore et Mathcore au niveau des riffs et de la rythmique, mais ils sont trop lisses et sur-joués (syndrome Ross Robinson ?). On aura beau critiquer Cory pour son chant, il n'empêche que son timbre n'est ni mélodique, ni harmonieux, mais plutôt calculé pour correspondre à la musique et rien d’autre. Côté chant hurlé, Cory reste un chanteur extrêmement polyvalent passant des cris strident et amers à des grognements graves et profondément Hardcore.

Instrumentalement, le groupe a progressé (pour le mieux) encore une fois. L‘atmosphère créée est toujours aussi lourde avec des breakdowns ravageurs. Scottie Henry et Chris Day aux guitares sont époustouflants de technicité et d’inspiration en jouant des riffs innovants tantôt chaotiques et dissonants tantôt mélodiques. Pour ce qui est de la basse et la batterie, elles se complètent avec aisance et efficacité dans des chansons comme Vipers, Snakes, and Actors, Birth of The Anti Mother et And There Will Be a Swarm of Hornets. D'ailleurs la piste d'ouverture Vipers, Snakes, and Actors embrasse pleinement les racines du groupe en commençant par un grognement accablant de Cory, suivi de près par une batterie percutante et des accords à la guitare acerbes et enflammés rappelant Redeemer. Birth Of The Anti Mother, quant à elle, est exubérante avec ses guitares vertigineuses, productrices à la chaîne de riffs Math. Même la basse y met du sien en délivrant un jeu à la fois original et personnel. On y trouve également un chœur féminin peu après le terrible beatdown. Plus tard Death Of The Anti Mother apparaîtra pour ralentir le tempo et installera une atmosphère boueuse et sale assez hermétique.

Par la suite on remarquera de nombreuses apparitions d'invités de marque tel que Page Hamilton honorant le groupe de sa présence sur Opposite of Left and Wrong, une piste agressive à la Redeemer avec sa petite touche Rock Alternatif trapu appuyé par un jeu de cymbale très agréable. On remarque sur cet opus que le groupe s'est entouré de nombreux invités, leur demandant même de co-écrire les chansons sur lesquels ils jouent. L‘album gagne ainsi en diversité sans pour autant partir dans trop de sens différents. La première preuve de cela est le titre Surrender Your Sons qui dispose de deux invités de marque soit le chanteur Chino Moreno (Deftones) et Cove Reber (Saosin). La piste dégage une ambiance étrange assez particulière : c'est lancinant dans les couplets, puis lorsque viennent les refrains on remarque alors un côté vicieux et malsain plutôt déstabilisant. Le titre allie aisément la sensibilité de Deftones et l'ardeur de Norma Jean pour un résultat explosif à l'ambiance mémorable. Enfin la chanson qui se réfère à l’artwork, And There Will Be a Swarm of Hornets présente un Norma Jean agressif et dévastateur qui pendant les cinq premières minutes va briser les nuques par milliers à l'aide de guitares emplies de noirceur. La suite de la chanson sera purement atmosphérique apaisant notre esprit pendant les dernières minutes à l‘aide de touches électroniques et symphoniques qui seront deux ans plus tard repris par les Anglais de Bring Me The Horizon dans leur instrumental Memorial.

Un nouveau Norma Jean se tient face à moi : moins violent et moins noir. Au contraire les voilà devenu plus mélodiques, plus sensibles et plus accessibles. Toutefois, on les se sent maladroit quand il joue une musique trop lisse (Self-Employed Chemist, Robots 3 Humans 0 et parfois Discipline Your Daughters). Mais ne vous méprenez pas, vous obtenez toujours ce que vous attendez du quintet d‘Atlanta soit un Metalcore solide, un Mathcore dissonant et un Post-Rock original dans une musique violente et nerveuse comportant une bonne dose de mélodies contrastantes. Cela peut prendre quelques écoutes pour entrer complètement dans l'album, mais dans son ensemble, The Anti Mother se révèle être le mariage assez réussi de plusieurs période de la vie de Norma Jean, on y retrouve la noirceur de Bless the Martyr and Kiss the Child, la fureur de O'God The Aftermath et la touche ambiancé telle qu'on la connaissait sur Redeemer.

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