Tesla

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Nom du groupe Herrschaft
Nom de l'album Tesla
Type Album
Date de parution Mars 2008
Style MusicalCyber Metal
Membres possèdant cet album35

Tracklist

1. Valliant 03:02
2. Human Soul 03:28
3. The Grand Architects 04:45
4. Under Perfect Control 04:16
5. The Defenders 02:50
6. Tesla 03:18
7. Nemesis 04:34
8. I Am the One 05:22
9. Chaostructure 04:06
10. Apocalypse Child 03:48
11. Vortex 14:23
Total playing time 53:54

Chronique @ Matai

20 Fevrier 2011

L'évolution et le déclin de l'espèce humaine pervertie par la technologie cybernétique

Il n’aura fallu qu’un EP aux parisiens d’Herrschaft pour commencer à acquérir une certaine notoriété au sein de la scène metal française, proposant une musique electro indus des plus froides et futuristes, cyber metal de surcroît, emmenant l’auditeur dans le monde particulier qui est le sien, un monde dominé par la technologie, son évolution et sa domination.

En 2008, deux ans après, Herrschaft signe chez Code666 Records et sort donc « Tesla », reprenant le nom du savant Nikola Tesla, l’un des plus grands scientifiques dans l’histoire de la technologie. Digne successeur d’ « Architects of the Humanicide », il reprend la même recette mais accentue encore plus le côté conceptuel. Car l’album peut être interprété de deux façons, deux parties différentes à l’intérieur même du même monde : l’un avant et l’autre après le règne de l’espèce humaine. La première vision met en musique un monde aseptisé, pacifique, froid, où l’humain est au sommet de son évolution. La seconde, au contraire, met en musique le déclin de l’humanité qui, à force de vanité et d’orgueil, n’a pas su maîtriser son évolution fulgurante…dans les deux cas, la technologie est la principale responsable, régnant en maîtresse sur un monde déchiré par des standards d’évolution et de nouveauté, aussi bien alliée qu’ennemie, menant l’homme au sommet ou alors à sa perte totale…

C’est donc là que la musique entre en jeu, l’ultime moyen de nous embarquer pour de bon dans ce monde, cette vision de notre planète dans une cinquantaine d’années où tout est synthétique. Et l’assemblage de ces onze titres mettent d’autant plus en valeur cette idée de « synthétisme » par le fait que chaque instrument soit trafiqué, synthétique justement, pas vraiment exposé à son état pur. Des guitares acérées et sombres mais quelque peu déformées, un chant criard et saturé à un point, véritable représentant de l’évolution ou du déclin de l’humain, une batterie mécanique et froide parfois dance, et des claviers omniprésents, synonymes de technologie et de machines, électroniques, glaciaux, et noirs…

Et ce n’est pas le titre introducteur qui nous dira le contraire. « Valiant » met bel et bien en valeur le talent d’Herrschaft et sa façon de mélanger avec aisance et perfection l’électronique, des guitares et des vocaux agressifs. Dynamique et rythmé à souhait, les sonorités partant dans tous les sens, le combo fait aussi preuve d’expérimentation et de génie pour créer des mélodies prenantes et embarquantes à la manière d’ « Under Perfect Control » ou « Chaostructure », accentuant les riffs , les voix criardes et les sonorités.

De leurs côtés, les ambiances sont parfaitement bien exploitées sur des morceaux tels que « The Grand Architects » et « Vortex », sombres, froids, mécanisés et électronique, le chante les riffs toujours pour là pour nous descendre encore plus dans un univers où l’espèce humaine est à son summum ou en pleine décadence, mais dans les deux cas, pervertie par une technologie de plus en plus fourbe, malsaine et intelligente. Si dans l’un les claviers restent planants, limite cosmiques, dans l’autre les mélodies à la guitare se veulent lamentées et plaintives…

Mais le mélange de tous les éléments atteint bel et bien son paroxysme sur « Human Soul » et « The Defenders », condensé de mélodies frappantes et hypnotiques, d’un rythme rapide et dance, de riffs efficaces et envoûtants, et de chants criés, saturés, synthétiques, parfois même robotiques et déshumanisées…de véritables tueries !

Toutefois, il existe bien quelques défauts, comme ce manque de puissance dans les guitares, qui parfois peinent à lancer des offensives, trop étouffées par l’amas omniprésent de claviers. On regrettera peut-être aussi le fait que les samples (sirènes, bande son, alarme etc) ne soient pas assez exploités pour renforcer les ambiances. Enfin le chant saturé manque légèrement de variation, mais peut-être cela est-ce dû au côté décadent qui règne en maître au fil de l’opus…

En tout cas, quel album ! Avec ce « Tesla », Herrschaft s’embarque irrémédiablement dans un univers cybernétique et technologique, pour notre plus grand bonheur. Une véritable pépite dans le genre, osée, mais réussie.

9 Commentaires

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Celldweller55 - 21 Fevrier 2011: J'ai pas reçu de message pour cette chronique, je ne l'avais pas vue, y a du laisser-aller ma Reine (edit : je viens de le recevoir, mais avec du retard).

Je suis globalement d'accord avec toi, notamment sur le manque de puissance des guitares qui peinent à se faire entendre, dommage. Sinon des morceaux comme "Valiant" et "I Am The One" sont de sacrés claques, le reste est juste un chouia moins puissant mais ça reste un album vraiment très bon globalement.

Azalais - 21 Fevrier 2011: Une excellente chronique, effectivement. Merci beaucoup.

Je me permets de rajouter que si l'album est excellent, le groupe l'est également en concert(Du moins, sur les deux dates où j'étais présente). On y retrouve bien l'ambiance...

Pour les lecteurs, l'album est à écouter en parallèle du livre "Ravage" de Barjavel, puisqu'il se base sur son concept.

On attend le prochain album avec impatience...
HuysmansDream - 21 Fevrier 2011: Une réelle découverte, merci pour la chronique! (j'ai trouvé la pochette assez peu engageante et hésitais... fini!)
=XGV= - 12 Septembre 2013: Chronique vraiment intéressante. Je suis en train de découvrir ce groupe et j'avoue que leur recette semble fonctionner assez bien. Il est possible que je me prenne l'album un de ces jours...
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