Templos de Cristal

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
15/20
Nom du groupe Elitania
Nom de l'album Templos de Cristal
Type Album
Date de parution 04 Janvier 2015
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1. Templos de Cristal 06:12
2. Donde las Sirenas Cantan 05:16
3. Desde Mi Ayer 05:06
4. Hijos del Tercer Sol 05:04
5. Dragón de Medea 04:50
6. Plutón 06:24
7. Agnus Dei 04:40
8. Un Lugar en la Nada 05:24
9. Sólo Una Vez Más 06:08
10. Último Aliento 16:26
Total playing time 01:05:30

Acheter cet album

 $19.71  23,94 €  20,66 €  £13.52  $39.82  12,20 €  26,22 €
Spirit of Metal est soutenu par ses lecteurs. Quand vous achetez via nos liens commerciaux, le site peut gagner une commission

Elitania


Chronique @ ericb4

16 Décembre 2015

Le temps a fait son œuvre, en témoigne cet enivrant propos aux multiples facettes...

Tel un heureux présage du destin, depuis son dernier méfait, le groupe mexicain n'a pas attendu longtemps pour nous octroyer son premier album full length. En effet, un an à peine après une stimulante mais hésitante démo, l'octuor revient en force avec une fringante auto-production. Et ce, pour un parcours auditif de plus d'une heure où s'enchaînent dix pistes aussi énergiques qu'éclectiques. Déjà, l'artwork de la pochette au design soigné d'inspiration fantastique renseigne sur les intentions du combo d'en découdre face à une vive concurrence locale, à l'image de Fortaleza, Nostra Morte ou Tetriconia, pour n'en citer que quelques uns. Les évolutions attendues relatives à son précédent opus sont-elles au rendez-vous pour permettre de les asseoir plus sereinement sur une scène metal en vogue ici comme ailleurs ?

Le groupe œuvre dans un metal symphonique mélodique, souvent power, avec quelques touches gothiques. Inspiré par les gammes et les harmonies de Therion et l'atmosphère d'Anabantha, le collectif marque néanmoins de son empreinte la plupart de ses sculptuales compositions, à commencer par les textes, finement et entièrement rédigés en espagnol. Pour ce faire, depuis le début, on y retrouve les quatre musiciens (Erick Ray (lead guitare), Eddy Corban (guitare rythmique), Erick Plantillas (basse) et Kevin Molina (batterie)) et le quatuor mixte (Carla H. Orozco (mezzo-soprano), Yesenia Jacobo (soprano (ex-Requiem Para Un Angel)), Rafael Molina (tenor) et Jorge Cristobal Aguilar (baryton (ex-Requiem Para Un Angel)). Aussi, dans cet effort, on y a gagné en variations rythmiques, en diversité de jeux instrumentaux tout en conservant la même recette vocale (complémentarités de voix masculines et féminines, de voix claires et graves, soli et chorale). Si les quatre premiers titres de l'opus ont été repris de leur démo, ils ont été retravaillés pour les hisser au niveau technique et logistique de ceux fraîchement accouchés. C'est dire que la qualité d'enregistrement tout comme le mixage sont de meilleure qualité, avec davantage de soin apporté aux finitions et aux arrangements. Le résultat en est que l'on peut désormais suivre un parcours audio plus feutré, avec moins de petites distorsions. Bref, on est monté en gamme côté confort auditif. Aussi, entrons dans le vaisseau amiral pour un voyage au long cours.

Premier constat : ce sont les passages power symphonique gothique, tantôt avenants, tantôt obscurs, qui tiennent le haut du pavé, témoignant d'un élan d'inspiration renouvelé apte à leur conférer un soupçon d'emphase supplémentaire par rapport à la première ébauche.
Dans une veine souriante, on y trouve le fulminant « Hijos del Tercer Sol », jouant habilement des contrastes d'ambiance et de voix, entre chant clair masculin et féminin, lyrique et growls. Non sans rappeler Therion, couplets sculpturaux et refrains invitants alternent, avec quelques passages bien enlevés à la lead guitare. On reste sous l'emprise de cette pièce de théâtre de bout en bout. Idem pour l'entraînant « Donde las Sirenas Cantan », titre coloré sur les traces de Rhapsody Of Fire. Cette piste suit une pénétrante ligne mélodique tout en sachant juguler les contrastes entre le parterre de vocaux lyriques et une fugace empreinte growleuse. Exercice rondement mené.

Changement d'ambiance, de climat, à l'instar de passages gothiques plus tourmentés, ceux-ci abondant également, complétant d'autant l'offre. Ainsi, une plombante rythmique alliée à une cavalerie percussive chevaleresque nous assaillent sur « Dragón de Medea », morceau power symphonique gothique mélodiquement obscur. Livrant un beau solo de guitare au sein d'une ambiance gorgonesque, le paysage de notes se densifie, ondule, la batterie durcit ses frappes sur un final techniquement solide. Véloce, démoniaque, « Plutón », lui aussi à l'ambiance gothique engloutissante, se fait incendiaire par sa virulente rythmique et ses riffs échevelés. De lugubres growls obscurcissent d'autant plus l'atmosphère, le chant clair étant relégué à l'arrière-plan. On y a gagné en densité atmosphérique et en technicité ce qu'on a perdu en rayonnement mélodique, même si une jolie clôture au piano vient fermer la marche. Dommage.

Plus rarement, on reste rivé à un moment power symphonique pur. On compte alors sur le fougueux « Un Lugar en la Nada », enfilant couplets et refrains sans encombres, le long d'un cheminement mélodique à la Rhapsody. Un tapping martelant, une rythmique enjouée, des riffs acérés nous invitent à suivre l'un de nos interprètes à la trace, même si la justesse lui échappe par moments. Un break opportun calme la tempête avant de se faire aspirer par une déferlante reprise sur le refrain. On regrettera une clôture si radicale.

Comme pour diversifier encore son offre, le combo a flirté avec le folk. Dans cette lignée, le mid tempo « Templos de Cristal » d'obédience metal symphonique mélodique laisse rager les riffs et nos quatre vocalistes déployer en parfaite osmose leurs chatoyantes inflexions. De stupéfiantes variations de tonalité et de beaux dégradés harmoniques, dans la veine de Therion, avec un zeste de Rhapsody, sont au programme. Superbe titre éponyme à la mélodicité infiltrante.

Que les amateurs de moments softs se rassurent. Des instants plus tamisés nous sont aussi octroyés, exercice où nos acolytes se montrent particulièrement à leur aise. Ça se sent, ça, s'éprouve, et force est de constater que le jeu en vaut la chandelle. Rien de tel que quelques mots bleus bien posés pour s'en rendre compte. Très belle ronde de saveurs à l'aune de « Desde Mi Ayer », touchante power ballade au cheminement harmonique à fleur de peau. Dans la lignée de Aesma Daeva, on reste suspendu aux lèvres de Yesenia, qui se plait à nous ensorceler sur les refrains, alors que ses comparses la rejoignent pour nous convier à une somptueuse croisière dans un océan de douceur. Dans cette mouvance, d'enveloppantes nappes synthétiques nous accueillent sur « Agnus Dei », sensible instant où se fait jour une belle profondeur de champ acoustique. Une empreinte vocale saisissante de justesse et d'emphase nous pousse à suivre une piste aux fines nuances mélodiques. Cette ballade progressive parvient à élever d'un cran l'épaisseur de la ligne orchestrale pour nous mener vers un subtil solo de guitare, l'ensemble finissant crescendo. Enfin, une voix de ténor s'élève sur la ballade progressive « Sólo Una Vez Más », frissonnant instant dans la lignée d'un Therion, première mouture. Peu à peu ses féminines comparses le rejoignent pour un saisissant moment de félicité. Les refrains révèlent leur flamboyance et toute leur majesté, desquels on ne s'extrait qu'avec peine. Ce ne sont ni le souriant solo de guitare inscrit au sein d'une émoustillante et évolutive instrumentation ni la fulgurante reprise en voix de gorge qui nous feront lâcher prise, loin s'en faut.

Mais, le meilleur nous serait réservé pour la fin... « Último Aliento » se présente comme une jouissive fresque polyrythmique en actes, à l'agitation frénétique bien maîtrisée, jouissant d'un riffing resserré et d'un inaltérable tapping, et ce, tout en nous octroyant de somptueux passages mélodiques. Soudain, des moments d'accalmie surviennent, mis en exergue par de beaux arpèges au piano et un duo mixte au lyrisme éprouvé se déployant progressivement, dans le sillage de Therion. L'adhésion ne tarde pas à s'opérer, l'écriture de la délicate mélodique n'étant pas étrangère à cet état de fait. Deuxième acte : saignante empoignade par des riffs corrosifs et une section rythmique colérique, étreints par le même saisissant duo mixte, pour une traversée épique, colorée et parfaitement sous contrôle. Par instants, on se perdrait au fil de certaines harmoniques, pas toujours des plus accessibles, mais rapidement rejointes par de rassurantes gammes au son d'un piano/voix féminine des plus ravissants. La structure d'ensemble peut rappeler un certain « Clavicula Nox » de leurs illustres inspirateurs, avec un poil moins d'emprise mélodique. Nous avons néanmoins droit à un ultime et lumineux solo de guitare et à « la note qui tue » en voix de tête par la vénérable déesse. Chapeau bas.

Un balayage approfondi de l'opus permet de se rendre compte de l'impressionnant dispositif instrumental et vocal, habilement mis en scène, avec une variété d'ambiances tout à fait saisissante. Des passages complexes alternent avec des moments catchy, pour une heureuse traversée de cette mer limpide à l'agitation intérieure et captatrice de nos émotions. Si les lignes de chant féminines sont tout à fait en phase avec l'univers général de ces plages, les parties growlées manquent de pugnacité et, quelquefois, l'empreinte masculine lyrique sort des rails. Si le concept global n'est pas sans originalité, ni coups d'éclat, il s'avère moins hypnotique que ceux des modèles identificatoires, même si on y a gagné en épaisseur artistique. Cela dit, eu égard à ces précautions, et au prix de plusieurs écoutes, l'amateur de metal symphonique gothique à chant mixte y trouvera son compte, le groupe ayant mis les petits plats dans les grands. Nul doute que quelques échelons ont été gravis par notre valeureuse sarabande depuis leurs débuts. Ses armes harmoniques se sont affutées et ses gammes élimées, et ce, pour nous offrir désormais un spectaculaire effort tenant toutes ses promesses, et même un peu plus...

0 Commentaire

0 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Autres productions de Elitania