Tales from the Kingdom of Fife

Liste des groupes Power Mélodique Gloryhammer Tales from the Kingdom of Fife
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Nom du groupe Gloryhammer
Nom de l'album Tales from the Kingdom of Fife
Type Album
Date de parution 29 Mars 2013
Style MusicalPower Mélodique
Membres possèdant cet album81

Tracklist

1.
 Anstruther's Dark Prophecy
 01:27
2.
 The Unicorn Invasion of Dundee
 04:26
3.
 Angus McFife
 03:28
4.
 Quest for the Hammer of Glory
 05:38
5.
 Magic Dragon
 05:28
6.
 Silent Tears of Frozen Princess
 05:34
7.
 Amulet of Justice
 04:27
8.
 Hail to Crail
 04:43
9.
 Beneath Cowdenbeath
 02:29
10.
 The Epic Rage of Furious Thunder
 10:28

Bonus
11.
 Wizards!
 02:22

Durée totale : 50:30


Chronique @ AlonewithL

27 Mai 2013

L’armure qu’elle soit verte, bleue ou orange, n’a jamais fait d’un homme un guerrier.

Tiens ! Voilà la pluie ! L’eau nous tombe dessus quasi-quotidiennement et le soleil se fait durement désirer en cette année 2013. Une année de déprime. Une de plus pour l’Europe qui grogne après le temps, dans l’espoir d’oublier tous ses autres soucis. Le refuge dans la musique est salutaire devant pareille situation. Mais réfléchissez à deux fois avant de prendre une quelconque musique. Prenez de la distance envers celles qui vous promettent de manière très publicitaire monts et merveilles, votre déprime ne ferait qu’empirer. Pour beaucoup, « Gloryhammer » s’est révélé à travers des flyers des sorties vedettes de Napalm Records. « Heroic fantasy power metal », « New band from Alestorm’s mastermind Chris Bowes » pouvons-nous y lire. Sans y lire les commentaires, il est aisé de deviner à la seule pochette de ce premier album de « Gloryhammer » très sensiblement proche de celles de « HammerFall », que nous avons affaire à du power metal épique. L’information comme quoi ce serait le nouveau projet du leader du groupe écossais « Alestorm » fait plus vendeur qu’autre chose. Il est vrai que le personnage a obtenu une certaine notoriété avec sa formation de Pirate Metal , néanmoins ce n’est pas un gage de qualité. On pourrait notamment discuter des heures sur les talents de composition du sieur en se basant sur les dernières réalisations d’« Alestorm ». Il est fort possible qu’il en soit de même avec ce « Tales from the Kingdom of Fife ». Comme pour « Back Through Time » l’euphorie des uns sera aux prises aux incompréhensions émises par les autres. Cette euphorie aura cependant plus de peine à se justifier au vue du manque flagrant d’originalité et de la linéarité du produit. A croire que le « mastermind » Chris Bowes n’enchante que par son nom.

L’enchantement aurait bien pu se produire. L’introduction « Anstruther’s Dark Prophecy » nous ferait pratiquement visiter un cycle du Seigneur des Anneaux par son impressionnante orchestration. On ressent par sa dimension fortement épique, mais également froide et grave, cette pression de devoir accomplir une mission, une épreuve insurmontable. Pour cela vous serez munis d’une épée en plastique, d’une cuirasse fluorescente et d’un sachet de bonbons Haribo. Effectivement, la suite va rapidement vous faire déchanter. Désormais les sérieux devront s’abstenir. Place au kitch et au power plagié. La première grande victime s’appelle « Gamma Ray ». Son ombrage va apparaître sur une bonne partie de l’album à commencer par « The Unicorn Iinvasion of Dundee ». Toute ambition semblerait s’évanouir dans la profusion de sonorités de clavecin. Vous aurez sans doute reconnu notre seconde victime : « Stratovarius ». Hormis cette absence d’originalité, le groupe produit une musique dynamique, assez défoulante. Mais voilà, arrivés au break, un petit sentiment de malaise va immerger. En plus de n’offrir qu’un faible carburant pour la suite, le break va ouvrir une prolongation du refrain de manière effrénée.

Il n’en sera pas différemment pour « Quest for the Hammer of Glory » et « Magic Dragon ». Une fois la partie instrumentale passée, on fait inlassablement tourner un même refrain jusqu’à la nausée. Les débuts de ces deux titres font à chaque fois mouche, pour ensuite se perdre dans une grande convenance épique, dans une musique peu investie et artificielle. Il n’y a pas que la musique qui semblerait donner une image je-m’en-foutiste. Le chant de Thomas Winkler est assez peu concerné, soporifique et extrêmement redondant sur « Quest for the Hammer of Glory ». Même « Hail to Grail » propose cette même recette calcinée d’insister encore et toujours sur le refrain, comme s’ils avaient la plus grande peine du monde à composer quelque chose de potable. L’entrée à la « Turisas » ne vous échappera sans doute pas. C’est à peu près tout ce que l’on voudra retenir en fin de piste tellement le restant est saoulant. Ce serait presque aussi fade et plat que « Angus Mc Fife », plus déterminé cette fois, mais très vite usé sur la durée. A ce stade, « Gloryhammer » fait pâle figure. On jurerait qu’il n’a rien dans le bide. Que tout le contenu est aussi inexpressif que le contenant (je n’ose même pas faire allusion aux photos promos).

L’amoureux de metal épique et tout bon amateur de power metal ayant de la bouteille, doit fumer de l’intérieur à écouter pareille chose. Non seulement c’est kitch, ultra pompé et pompant jusqu’à épuisement total, mais en plus c’est horriblement répétitif et stagnant. Qu’ont-ils eu dans le crâne en composant pareille chose ? Ne nous énervons pas. Le groupe offrira des perspectives plus intéressantes principalement en seconde partie d’album. Ainsi, on aura une petite affection pour l’instrumental très stratovarien « Beneath Cowdenbeath ». Même si c’est du déjà entendu, c’est à la fois féerique, dynamique et rudement manié. Dans ce power prolifique, on retiendra « Amulet of Justice » avec plus d’insistance. Croisement intéressant entre un « Gamma Ray » et un « DragonForce » des débuts. Le morceau véhicule une énergie sans pareille dans l’album, et on pourra se réjouir en découvrant un chanteur participant à cette euphorie. Dans les très bonnes surprises le titre bonus « Wizards » est à mettre à un niveau supérieur à « Amulet of Justice ». C’est le « Gloryhammer » que l’on aurait voulu entendre du début à la fin. Très épris, extrêmement efficace, ne montra aucun signe d’essoufflement.

Dans cette histoire de chevaliers en couleurs flashy, combattant sorciers, dragons et autres phénomènes hallucinogènes dans les terres d’Ecosse (si vous ne me croyez pas regardez la carte fantastique en première page du livret et comparez la à la côte sud-est de l’Ecosse. De plus le nom des lieux ne trompe personne.), il y a des princesses à sauver… (soupir !) Enfin, une seule ! La pauvre ! Celle-ci est incarnée par Marie Lorey au chant délicat. Elle intervient en fin de la belle ballade « Silent Tears of Frozen Princess ». Une ballade troublante qui fera obstinément penser à une ballade de « Primal Fear », peut-être à cause du côté Ralph Scheepers que revêt alors la voix de Thomas Winkler. Notre sainte Marie s’illustrera peu, de manière encore plus brève sur le long et l’étrange « The Epic Rage of Furious Thunder ».Quelques menues et timides paroles dans un océan power metal sous la tempête. Il y a là un effort du groupe sur le chant et les chœurs, cependant les différentes vagues musicales sont assez prévisibles et se perdront dans la longueur. Et comme pour de nombreux titres de l’album, le passage du break va être déterminant et cruel.

N’encourageons pas la suffisance et la facilité. L’armure qu’elle soit verte, bleue ou orange, n’a jamais fait d’un homme un guerrier. Ce qui compte c’est la valeur de l’épée. Ne parlons même pas de sa ténacité. « Gloryhammer » est une formation de power metal parmi d’autres. Elle ne mérite même pas la distinction tellement elle se fond et puise chez d’autres compères bien plus valeureux. Les recettes faciles, les emprunts ont enchanté quelques-uns, comme c’était déjà le cas pour le « Back Through Time » d’« Alestorm ». Pourquoi tous les regards se tournent vers Chris Bowes ? Serait-ce l’effet « You are a Pirate » ? Pardonnez cette ironie, c’est tout ce qu’il pourrait en rester. Une chose est désormais certaine il ne suffit pas d’accoutrements ridicules et d’un peu de propagande pour être créateur de musiques innovantes. Comme il faut s’attendre, l’œuvre ne pêche pas sur le plan technique, mais ne contient aucune âme. Derrière l’armure ne se cache pas le barde, mais le commerçant.

12/20

16 Commentaires

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Theodrik - 28 Mai 2013: J'ai écouté (et même acheté) l'album, et je dois dire que je n'ai pas du tout été déçu. En même temps, la perception d'un album dépend surtout des exigences de chacun. Personnellement, aimant le Power Metal et sachant que c'est un genre dont les codes sont un peu figés, je n'exigeais que des bons refrains efficaces, un bon chant et des instrumentalisations "inspirées de" mais pas honteusement pompées. Je n'ai donc pas été déçu. Je perçois Gloryhammer comme une sorte de complément d'Alestorm. Pour un groupe toujours plus Folky au fil des albums, ils ont négligé, au fur et à mesure qu'ils ont ajoutés trompettes, accordéons et flûtes les éléments power metal, et j'ai longtemps pensé que ça manquait parfois de chant clair. Ce ne sera donc certainement pas le groupe de l'année, mais un cadeau pour les fans d'Alestorm, à mon sens :)
Gablaster - 29 Mai 2013: J'ai du mal à pardonner le manque flagrant d'inspiration même si la pro est superbe et le résultat carré. Pour moi il manque des notes et souvent l'ennui guette. Par contre j'imaginais le chanteur faire du stage diving... j'ai bien ris!
marzien - 21 Mai 2014: Un album en effet un peu cliché et fade, cependant le contenu reste correct, même si l'album ne trouveras pas sa place chez moi !
AlonewithL - 29 Fevrier 2016: Tu n'en perds décidément pas une...
Apprend que j'écoutais du power bien avant du black metal et que je dois avoir ici en plus de chez Pavillon 666 plus d'une centaine de chroniques exclusivement sur du power metal. Cette expérience me permet (à la différence de toi) d'estimer que ce Gloryhammer fait dans le pompage et doit beaucoup à la volonté de son compositeur de plus en plus enclin à la facilité et aux concepts faciles (dixit Alestorm). Je préfère les authentiques Rhapsody et Hammerfall qu'à un vulgaire suiveur sans âme.
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