Dans le marché saturé du disque, un jeune groupe doit aujourd’hui posséder une grande patience pour voir l’attention attirée un minimum sur lui.
Raintime aura dû attendre six ans avant de pouvoir enregistrer son premier album "
Tales from Sadness", et si tous les premiers albums étaient de ce calibre, il n’y a pas de doute sur le fait que la crise serait sans doute bien moins importante.
Tout est pro jusqu’au bout des ongles, la pochette est sublime et très froide (ce qui aura eu le don de m’attirer instantanément !), la production, même si elle ne détruit pas tout (comparée à celle de son successeur "Flies and
Lies") est parfaitement honorable pour un premier essai et la musique en elle-même se veut mature et tente d’éviter tous les poncifs du death mélodique que distille habillement les italiens.
On pourra nommer la suite "
Creation"-"The Experiment" comme l’exemple parfait de cette volonté de créativité et d’innovation (avant-gardisme étant tout de même un terme trop fort !). Le tempo relativement moyen alourdi une ambiance déjà très sombre, les riffs se font tranchants et très épais (voir gras) et les claviers apportent ces sonorités si essentielles au style.
Mais c’est surtout Claudio Coassin qui fait décoller le titre et l’album en général. Véritable chanteur avant de hurler en growls, ses parties aussi tranchantes que des rasoirs et très rapides sortent réellement du lot, tandis que ses rares envolées sur le refrain, même si elles ne sont pas maîtrisées à 100% (il reste encore des progrès à faire, la marge de progression attente sur leur second opus est énorme), font du bien car dévoile un groupe osant.
La plus malsain "
Denied Recollection" se déguste grâce au chant torturé de Claudio et à ses claviers maladifs (il occupe aussi le poste de claviériste sur cet album). Finalement, il est presque dommage que Claudio chante en voix death car il ne parait pas à l’aise dans ce registre sur ce titre, alors que sa voix claire torturée est d’une qualité exemplaire (rappelons que la moyenne n’âge est de 22-23 ans).
Des titres plus typiques et prévisibles seront évidemment de la partie, comme l’ouverture concoctée par "Moot-Lie" et son intro de clavier tout droit sortit du "
Figure Number Five" de
Soilwork. "Faithland" et "Daily
Execution /
Paradox Defeat" respecteront également bien plus le cahier des charges sans trop s’éparpiller et on peut probablement y voir une certaine envie du groupe à se caser dans un style pour commencer à se créer une base de fan. Le couplage voix claire / death est devenu avec le temps si prévisible que ces titres peinent à surprendre, mais ils sont bien composés et interprétés donc le problème est amenuisé.
La power ballade "Chains of
Sadness" surprendra de sa présence sur un tel album mais finalement dans le bon sens du terme. Une jolie mélodie et un chanteur plus émotionnel avec des parties de claviers légèrement plus moderne apportant paradoxalement une teinte plus mélancolique à l’ensemble fera de ce morceau une totale réussite (bien que complètement explosé par la génial "Finally Me" sur "
Flies & Lies").
Au final, une bonne dose d’énergie, une production correcte (mis à part le son de double pédale très fade et sans relief !) pour un premier album porteur d’espoir pour la suite. Une très bonne découverte comme on aimerait en voir plus souvent.
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