Retour des Californiens de
Lord Of War quatre ans après leur premier full length spatial "Celestial
Pestilence". La bande à Andrew Rodriguez n'a pas chômé pendant ce laps de temps, enchaînant les tournées dans leur pays natal mais aussi en
Europe aux côtés de
Threat Signal et
Hate Eternal. Ils se sont séparés entre temps de leur bassiste mais reviennent en force avec un nouveau méfait "
Suffer" toujours signé chez Unique Leader.
Lord Of War se décrit comme un groupe d"atmospheric death metal", mais en réalité c'est plus compliqué que ça. Il s'agirait davantage de death technique teinté d'éléments atmos, mélodiques et deathcore. Un melting pot qui fonctionnait bien sur "Celestial
Pestilence" avec des compositions fouillées alternant vélocité et ambiances. Sur "
Suffer",
Lord Of War met plus en lumière les touches deathcore à la
Despised Icon avec ses breakdowns et ses screams, au détriment de la technique qui descend d'un cran. Le concept est toujours tourné vers la science-fiction avec des touches industrielles moins "space" mais plus "horror" puisqu'on parle ici de vies artificielles. Ainsi, les titres comportent pas mal de samples avec des plans dark ambient comme sur l'intro "Age of
Heresy" ou "
Nexus of
Hate".
Pas de grosses surprises à l'horizon,
Lord Of War suit le même schéma de bout en bout avec des morceaux pas toujours aussi développés que sur "Celestial
Pestilence". Les intros ambiantes tendent à se ressembler, le rythme ne comporte pas assez de cassures pour maintenir notre attention, les riffs pas suffisamment catchy pour nous maintenir en haleine, et ce, même quand ils sont brutaux. Les musiciens nous avaient habitués à mieux, à une alternance brutalité/technicité/mélodicité/atmosphère qui peine à fonctionner, que ce soit sur "
Skin", "Behold the Harvest" ou l'éponyme "
Suffer".
Les trois-quatre premières pistes sont les plus intéressantes, avec une diversité et une accroche qui rappellent le premier opus. La suite est plus monotone et moins puissante, la faute à une batterie trop trigguée et à une influence "moderne" trop prédominante et pas assez personnelle, comme sur "Carbon Based
Genocide" et son riffing à la
Meshuggah. Le son aurait pu être lourd mais s'avère beaucoup trop synthétique et pas assez massif pour faire face aux déluges de riffs, pourtant le mixage est signé Daniel Castleman (
Killswitch Engage,
Carnifex,
Wings Of Plague) et le mastering Miah Lajeunesse (
Whitechapel,
Aegaeon).
Déception avec ce "
Suffer" qui aurait pu être plus ambitieux mais on a l'impression que
Lord Of War s'est contenté du minimum, recréant même une nouvelle version de son titre "Hamunaptra" (et son thème de la "Momie") présent sur le "Celestial
Pestilence". Ajoutez à cela quinze minutes supplémentaires et on se retrouve avec un cd paradoxalement long : huit chansons auraient bien suffi.
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