Immortal,
Beherit,
Master’s
Hammer,
The Black,
Absu, autant de groupes Black
Metal ayant effectué leur retour phonographique en 2009.
Varathron n’était pas resté aussi longtemps que les groupes précités sans donner de nouvelles, mais depuis l’excellent EP
The Lament of Gods de 1999, les pionniers de la scène grecque étaient presque tombés dans l’oubli. Quelques rééditions de démos fleurant bon la nostalgie, un
Crowsreign (2005) montrant
Varathron en perte de repères, bref ça sentait un peu le sapin…
C’était sans compter sur le label espagnol
Die Todesrune Records qui offrit un deal à Stefan et ses troupes, leur permettant enfin de s’atteler à la composition d’un full-lenght digne de succéder au bon et très lointain
Walpurgisnacht.
Hélas le label espagnol n’ayant pas les bras très longs au niveau de la promo (et traînant de surcroît une réputation pas très reluisante au niveau de la distribution),
Stygian Forces of Scorn sort à l’automne 2009 un peu dans l’indifférence générale.
Et pourtant les vieux fans ayant fait comme moi des pieds et des mains pour acquérir ce nouvel opus ne risquent pas de le regretter, non seulement
Varathron redresse magistralement la barre après le mitigé (restons poli)
Crowsreign, mais
Stygian Forces of Scorn s’avère tout simplement la meilleure réalisation du groupe.
Pour ceux qui découvriraient le groupe en lisant ces lignes, sachez que le Black
Metal de
Varathron est plutôt d’inspiration mélodique, atmosphérique et emprunte également beaucoup aux vieux poncifs du genre (
Celtic Frost,
Samael) pour les ambiances, pas illogique pour un groupe fondé en 1988.
L’intro néoclassique de Behind the
Mask est de toute beauté et rappellera sans aucun doute des souvenirs au gamers ayant expérimenté
God Of
War et sa BO grandiose, une mise en bouche idéale enchaînée par une cavalcade de riffs épiques et mélodiques accompagnée de belle façon par la basse du nouvel arrivant Tolis. Non seulement les atmosphères occultes et à part de
Walpurgisnacht renaissent ici, mais
Varathron y ajoute une agressivité qu’on ne lui connaissait pas, proposant quelques accélérations judicieuses donnant désormais une dimension supplémentaire à sa musique.
L’osmose fonctionne à merveille : Stefan Necroabbyssious chanteur et membre fondateur livre une excellente prestation avec son timbre impérieux à mi chemin entre Black et Death, les guitares de la paire Sotiris / Achilleas varient intelligemment les riffs appuyés, les arpèges intercalés et les linéaires superposés à la tierce (très inspirés ici), le clavier discret et intermittent apporte une avantageuse note symphonique sans en apporter les inconvénients (
Lord Of Illusions), la batterie de Haris est sans broderie particulière mais sied parfaitement à la mise en valeur des compos par son efficacité et sa sobriété exemplaire, enfin la basse de Tolis n’est pas reléguée au second plan et a même droit à quelques moments de gloire sur les accompagnements des passages acoustiques.
Varathron n’a pas connu le même succès que ses compatriotes de
Rotting Christ mais la trajectoire musicale de leurs débuts est similaire, rien d’étonnant donc à ce que
Legend of Demusar débute sur un riff sonnant typiquement comme la bande à Sakis. D’ailleurs à l’heure où
Rotting Christ semble avoir perdu l’inspiration d’antan,
Stygian Forces of Scorn s’impose comme la référence de cette scène grecque si raffinée et particulière.
Ce disque alterne d’ailleurs des titres mélodiques, lancinants et presque
Doom de l’époque
Walpurgisnacht (Where the Walls
Sleep), avec des chansons plus agressives, telles l’enflammée
Demoniac Abysmal Realms. Là ou les norvégiens et finlandais misent tout sur le côté crasseux et agressif pour donner (parfois avec succès) un aspect occulte et noir à leur musique,
Varathron est plus subtile, dévoilant un côté ésotérique et magique, alternant entre allégeance et défiance envers les puissants dieux de l’Olympe. Sacred Ahlat est une bonne illustration de ce côté bipolaire, les riffs très Heavy
Metal y côtoyant les vocaux arrachés de Stefan.
De la qualité, de la singularité, une authenticité intacte, une homogénéité indéniable, des racines musicales anciennes laissant apparaître quelques branches plus actuelles,
Stygian Forces of Scorn est pour ma part la meilleure surprise de cette année 2009. Si on ajoute à cela l’artwork superbe tiré d’un tableau de Gustave Doré doublé d’un livret luxueux en papier glacé (pratique si tu échappes ta bière dessus…), ainsi que la production très fine de Alekos Kakaroumpas, on est proche du sans faute. De plus, les albums de Black
Metal mélodiques et atmosphériques respectant l’esprit sombre et ancien du Black
Metal sont rarissimes et il n’y a plus qu’un pas pour désigner
Stygian Forces of Scorn album de l’année, pas que je franchis allégrement.
Il n’est jamais trop tard pour bien faire,
Varathron vient de le prouver en proposant 21 ans après la création du groupe, non seulement son meilleur disque à ce jour, mais peut-être le meilleur album de Black
Metal de l’année, en tout cas dans son registre. Il est scandaleux que ce disque soit distribué… à peu près par personne, mais n’hésitez pas à envoyer un mail à Stefan et commander directement auprès du groupe, cette galette le mérite largement.
BG
Tu viens de nous faire la brillante démonstration que tu ne possèdes pas ce disque...
Fin de l'histoire.
Je suis allé écouter suite à ta chro et il va falloir que mes oreilles s'habituent pour apprécier toutes les subtilités. Et si au final ça me plaît, je me paie un voyage en Irlande hein :)
J'ai hâte d'écouter ça!
Je viens de découvrir ce groupe par hasard sur youtube avec la sortie d'un live ultime et majestueux au point que des frissons se sont empris de moi, whaou quelle prestations et quel son! J'en suis tout déboussolé. Mais comment ai-je pu passer à côté de ce groupe !!?? Il me faut un maximum leur discographie ! Leur musique est envoûtante. J'adore!
Merci pour le papier mon cher Laurent qui rend bien hommage à ce groupe.
A la tienne !
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