Nos amis germains de
Riger n’ont de cesse de progresser. Je l’avais déjà mentionné dans ma chronique du précédent album,
Gjallar, mais là c’est encore plus marqué.
Streyf, nouvelle et cinquième réalisation pour un groupe qui n’est toujours pas sorti des méandres de l’Underground. Non pas que ceux-ci ne méritent reconnaissance et compliments divers, mais leur musique, du moins depuis deux albums, prend tout de même une certaine ampleur. Une qualité technique indéniable, des compositions réfléchies et variées et des influences diverses allant du
Metal traditionnel, en passant par le Black
Metal vers le
Pagan Metal.
Streyf est également l’album du changement de label pour
Riger, puisque ceux-ci passe du très modeste CCP Records à l’écurie montante Det Germanske Folket, une label qui par ailleurs, à su mettre en avant la promotion de ce disque.
Question volume,
Riger ne se moque pas de l’auditeur, puisque l’album nous propose un peu plus d’une heure de compositions allant du
Metal à l’acoustique. Il est également temps pour
Riger de mettre en avant un atwork plutôt soigné, loin du noir et blanc coutumier.
Musicalement, on entre très vite dans le vif du sujet, en passant sur les quelques notes acoustique en guise d’intro. On se retrouve d’emblée face à un
Metal affuté rythmique dans sa globalité et agrémenté de lead guitares qui se targuent non seulement d’accompagner le rythme mais qui se permettent également des solis plutôt intéressants. Les 11 morceaux s’enchaînent avec aisance en alternant les inspirations, soit rythmée soit lisse, à la manière d’un black
Metal standard retravaillé. Des percussions incisives viennent également mettre leurs grains de sel afin de délivrer un rendu énergique qu’on ne peut s’empêcher de rapprocher d’un Heavy
Metal vitaminé.
Question vocaux, le groupe fait là encore des efforts et tente de gommer les erreurs de goût du passé, notamment en diminuant considérablement les parties gutturales qui faisaient tâche dans les albums précédents. Au passage, un bravo se doit d’être mentionné aux compositeurs et musiciens concernant les passages acoustiques, lorgnant parfois vers les influences espagnols de la bonne vielle gratte sèche.
Comme mentionné un peu partout,
Riger se met en avant sous l’étiquette
Pagan-Folk
Metal. Il faut alors attendre la cinquième piste de cet album, toute la discographie prise en compte, par arriver à un rendu résolument
Pagan. A ce titre, seulement ce morceau rend hommage à la soi-disant étiquette que le groupe traîne derrière lui. Un handicap lorsque l’on sait que le
Metal Pagan fait de nombreux émules par les temps qui court, et qu’un auditeur néophyte du groupe pourrait se laisser prendre au piège et se retrouver devant des albums résolument Black
Metal tempéré. Aucune trace de mauvaise graine, ni même de référence à l’occulte, mais force est de constaté qu’en matière de
Pagan, on a fait plus marquant que
Riger. Le groupe, selon moi, prodigue plutôt une
Metal traditionnel à la sauce Black
Metal, dans laquelle des influences paganistes font leurs apparitions au travers des vocaux, exclusivement en allemand. Enfin, tout ça c’est purement commercial, et même si certains considèrent les étiquettes comme des âneries, on est malgré tout obligé d’orienter le public par le biais de ces étiquettes vers des groupes non-connus. Si ces étiquettes sont faussées, attentions aux coups de gueule des Metalleux exclusivement borné à un seul domaine musical.
Quoiqu’il en soit, aucun débat ne pourra enlever à ce disque d’être une composition honorable, tant par le volume que par la musique agréablement variée ci-trouvant gravée au laser. Un groupe sur la bonne voie, mais qui aura, dans ce sens, mis un temps fou à se mettre sérieusement au boulot. Disons simplement que
Riger sort véritablement de l’ombre et qu’ils ont maintenant un avenir radieux sous les couleurs de Det Germanske Folket, au côté de
Irminsul, de
Heimdalls Wacht ou
Angantyr. Merci au fabuleux label et espérons que
Riger persiste sur cette voie. Aucune révolution muscicale, mais des compositions honnêtes et de la créativité dans l’air. Un groupe à suivre, si suite il y a.
Paganwinter
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