Starve for the Devil

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Nom du groupe Arsis
Nom de l'album Starve for the Devil
Type Album
Date de parution 09 Fevrier 2010
Labels Nuclear Blast
Style MusicalDeath Technique
Membres possèdant cet album84

Tracklist

1. Forced to Rock
2. A March for the Sick
3. From Soulless to Shattered (Art in Dying)
4. Beyond Forlorn
5. The Ten of Swords
6. Closer to Cold
7. Sick Perfection
8. Half Past Corpse O'Clock
9. Escape Artist
10. Sable Rising
11. Pound of Flesh (For the Hell of It)

Chronique @ Fabien

26 Avril 2010
Oscillant adroitement entre deathmetal mélodique et purement technique, Arsis s’est rapidement fait un nom au sein de la scène extrême, non seulement grâce à la qualité de ses réalisations depuis son premier effort A Celebration of Guilt, mais aussi grâce à l’incroyable personnalité du jeu de guitare de son leader James Malone, inventif, inspiré et diablement virtuose. Aujourd’hui, la tâche d’un successeur suivant l’imparable We Are the Nightmare est ardue, tant la complexité et l'apparente facilité de mise en place de ce dernier restent bluffantes.

Si Arsis continue l’aventure au sein de l’écurie allemande Nuclearblast, comptant son précieux soutien, le groupe connait en revanche plusieurs changements de line up. Nat Carter et Nicholas Cordel débarquent ainsi en tant que bassiste et second guitariste, tandis que Mike Van Dyne réintègre son poste derrière les fûts après une courte absence. Ces turbulences n’affectent toutefois en rien la qualité d’Arsis, ni la détermination de son leader James Malone qui, à l’image de Trey Azagthoth ou Chuck Schuldiner (Morbid Angel, Death), dirige son vaisseau de main de maître.

Bénéficiant d’une illustration et d’un concept immédiatement identifiables, ainsi que du renouvellement de l’ingénieur du son Zeuss, le nouvel album Starve for the Devil reprend fidèlement les marques de ses prédécesseurs. En effet, si le titre même de son premier morceau, le direct Forced to Rock, laissait craindre un adoucissement du deathmetal d’Arsis ou une orientation plus commerciale, le groupe montre rapidement combien il souhaite avant tout conserver son agressivité et sa créativité. Ce premier titre contient en effet toutes les caractéristiques et éléments explosifs d’Arsis, qui affole en permanence le deathster par la compléxité et la richesse de ses phrases musicales, la virtuosité des soli de James Malone (à l’empreinte Schuldiner délectable), et bien sûr par sa faculté à retomber sur ses pattes grâce à des refrains et harmonies imparables.

La force d’Arsis réside en outre dans les très nombreuses influences digérées par son leader, depuis les pointes heavy/thrash d’un Never Neverland (Annihilator) jusqu’aux mélodies agressives d’un Slaughter of the Soul (At The Gates), en ajoutant la patte feutrée d’un Individual Thought Patterns (Death), et ceci tout en conservant un feeling et une façon d’aborder les riffs très personnels. Sur les vocaux rageurs de James Malone (certes un brin monocorde), le quatuor enchaine ainsi les titres avec une aisance remarquable, ponctuant chacun d’eux de phrases acoustiques ou de soli de folie, à l’image des leads impensables de From Soulless to Shattered ou Beyond Forlorn, des pointes mélodiques imparables de The ten Swords ou Closer To Cold, ou encore du refrain entêtant de Sick Perfection.

Si We Are the Nightmare représentait, à l’image de son titre, un cauchemar pour les guitaristes en herbe, Starve for the Devil maintient ce niveau technique affolant et cette étonnante fluidité des morceaux malgré leur complexité. Difficile ainsi de mettre ce dernier effort d’Arsis en avant ou en retrait de ses prédécesseurs, tant il s’impose comme synthèse idéale du death très ardu de United in Regret et du côté plus accrocheur de ses deux autres prédécesseurs, tout en ayant sa propre coloration. En revanche, acteur pourtant indispensable de la scène deathmetal mélodique et technique, le groupe emmené par James Malone manque encore de charisme mais aussi de ce "je ne sais quoi", qui lui permettrait de s’imposer définitivement au coeur de la scène extrême actuelle, certainement trop technique pour les uns ou trop mélodique pour les autres... Mais purée, dans tous les cas, quelle richesse et quelle interprétation !

Fabien.

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Fabien - 24 Septembre 2010: Il est certain qu’un forum reste avant tout un lieu où de nombreux internautes se donnent avant tout une image, un endroit où les mots « mode » et « tendance » prennent toute leur ampleur et où les humeurs sont souvent dangereusement versatiles. C’est toutefois au cœur d’une population très large qu’un forum prend sa véritable signification, à mon humble avis, car bon compromis entre la parole des anciens et une vision nouvelle. A mon sens, un lieu où les échanges ne se réduisent qu’à quelques initiés, mêmes experts, conduit à une auto-influence et une pensée commune sans grand intérêt. Attention toutefois, je ne pense certainement pas que des goûts serrés sur des genres particuliers restent préjuciables. Pour ma part, nombreuses sont les scènes metal ou groupes pour lesquels je revendique un hermétisme notoire, non par principe mais parce que je pense avant tout connaître suffisamment mes préférences sur le long terme. Bien que seul l’imbécile ne change pas d’avis, il faut rester fidèle à ses goûts sans subir de plein fouet l’influence de son entourage, faute de quoi on explose à moyen terme.

Fabien.
eulmatt - 24 Septembre 2010: Oui voilà, Fabien a répondu mais c'est ce que je disais plus haut: personnellement je me retrouve pleinement dans Arsis, étant amateur des 3 styles pré-cités.
Pour Illogicist bien vu, d'ailleurs je possède déjà leur deux albums (le premier est quand même un peu trop "pointu" et synthétique), The Insight Eye est effectivement un disque solide dans une veine assez proche, mais il lui manque un poil de feeling et un poil de groove (le fameux côté thrashy) pour être aussi convaincant que Arsis.
Et puis pour le reste, bah rien à rajouter, faut prendre un peu de hauteur et rester philosophe...c'est un peu dommage pour Arsis c'est vrai, même si à mon avis, le fait d'être chez Nuclear Blast leur assure quand même une exposition bien méritée (ah c'est vrai que d'être chez NB ça donne direct de l'urticaire à certains...)
Fabien - 24 Septembre 2010: A mon sens, si Nuclearblast, outre les grand-pères (sans ironie) qui restaient à son catalogue, a manifestement connu une tournure bien plus commerciale à partir des années 95-96, dans laquelle j’ai personnellement eu bien du mal à m’y retrouver, le groupe de Markus Staiger a définitivement renoué avec ses racines deathmetal, thrash & HC ces dernières années. On peut avec un peu de mauvaise foi lui reprocher son nouvel intérêt pour le deathmetal depuis la bonne santé du style, mais il faut bien admettre combien il figure parmi les principaux acteurs et moteurs de la scène extrême actuelle. Les signatures deathmetal respectives de Belphegor, Nile, Arsis, Psycroptic, Suffocation, Augury, Behemoth, Vader, Immolation, Unleashed ou Decrepit Birth, ou encore l’intégration de ténors comme Anthrax, Testament, Death angel ou Agnostic Front devraient avoir raison des détracteurs condamnant trop hâtivement le label de Staiger, bien plus respectable qu’un Roadrunner dont la politique opportuniste est incontestable depuis la fin des eighties.

Fabien.
Mindkiller45 - 28 Août 2011: Complètement d'accord avec toi. J'avais découvert Arsis grâce à un CD posé nonchalamment dans les bacs "Death" de Gibert et l'album United in Regrets m'avait tapé dans l'oeil.

Pour l'album il est vraiment à la croisé des chemins, et il est certain que les puristes d'un genre ne s'y retrouve pas. Surtout que le morceau ouvrant l'album, même s'il est ultra fun, n'est pas des plus convaincants.

Un bon album cependant qui s'écoute bien... Juste un peu plus de "rage" dans le jeu, un peu moins de technique et de mélodies iraient vers un death plus radical et ferait grand bien à l'album. Mais ça reste un album plaisant à l'écoute.
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