Sjukdom

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Lifelover
Nom de l'album Sjukdom
Type Album
Date de parution 14 Fevrier 2011
Style MusicalBlack Avantgardiste
Membres possèdant cet album55

Tracklist

1. Svart Galla 04:28
2. Led by Misfortune 03:07
3. Expandera 03:49
4. Homicidal Tendencies 01:44
5. Resignation 03:37
6. Doften av Tomhet 05:03
7. Totus Anctus 03:51
8. Horans Hora 06:19
9. Bitterljuv Kakofoni 04:14
10. Becksvart Frustration 04:28
11. Nedvaknande 02:51
12. Instrumental Asylum 04:52
13. Utdrag 03:17
14. Karma 04:30
Total playing time 56:10

Chronique @ Vinterdrom

02 Mars 2011

Qu'a-t-il bien pu leur passer par la tête ? Une défécation propulsée dans le mauvais sens ? Ca se pourrait bien ...

Chronique d'un suicide foiré … Voilà la première chose qui me vient à l'esprit dès que je pense au titre à donner au torchon qui va suivre. Un intitulé qui irait d'ailleurs comme un gant à ce dernier méfait de la notoirement disjonctée franchise Lifelover … mais qui à force de péter du fusible à fini par se bousiller les circuits. Et ce n’est pas le moindre des combles sachant qu'il s'agit là de l'un des gangs suédois les plus dépressifs (excusez le pléonasme).
Originalité musicale, style inimitable, inspiration que ni la quantité ni le rythme soutenu de production (5 sorties en autant d'années) ne semblait tarir, parvenant systématiquement à rimer avec qualité comme romance s'accorde avec démence, … je ressassais le passé du groupe et me délectais par avance de ce nouveau festival du bulbe cramé et de la valsante lame de rasoir copieusement arrosé de tord-boyaux frelaté. Car oui, je dois bien le reconnaître, à l'annonce de chaque nouvel album des p’tits gars de Stockholm, c'est la groupie sommeillant en moi qui se réveille tout à coup, trépignant d'impatience comme lorsqu'on lui fout sa première sucette à portée de cavité buccale (non, pas celle à laquelle vous pensez, bande d'obsédés de la queue). Que j'ai pu l'attendre ce skeud ! Et bordel, que la déception est d'autant plus grande !
Côté label, Prophecy avait semble-t-il récupéré là un super coup, mais s'est au final retrouvé (comme moi) avec un suppositoire du genre mégachibre planté bien profond, le tout sans rien sentir et encore moins voir venir, malgré ce que son patronyme pourrait laisser suppos(itoir)er. Un peu comme quand tu finis la soirée bourré avec une putain de jolie poulette brésilienne que t'amènes dans la bagnole mais que tu t'aperçois trop tard de l'affreux sauciflard à peau rétractable qui pointe dans ta direction. C'en est fait de toi.
Lifelover nous a fait le coup de la panne de jus (électrique hein, on parlait fusibles et circuits tout à l'heure, faut sans arrêt vous recadrer bon sang). Alors oui, je l'ai hyper mauvaise. Alors oui, désolé si le mode atrabilaire que je ne peux endiguer à l'idée d'entamer cette consultation vous emmerde. Mais bon voilà, faut quand même faire le boulot, contre voile et vapeur comme contre vents et marées. Direction mon cabinet, j'enfile ma blouse, choppe mon calepin et accueille sur le divan ce dénommé "Sjukdom", afin d'analyser les symptômes du malaise et de tenter d'en comprendre les causes profondes.
Entretien …

- Bon alors, racontes-moi mon grand (je reste poli), c'est quoi ton problème ?

- Ben euh ... j'suis malade …

- Ca on s'en doutait dugland, tu nous apprends rien. Primo, si on vient se caler sur le divan pour déblatérer ses malheurs à un psy à la con, c’est qu’on n’est pas vraiment en train de péter le feu (ou alors faut être sacrément maso). Deuxio, ça va on sait lire, c'est marqué sur ta pochette (et pour les non suédophones : une pastille de GoogleTrad® 100 mg à sucer). Et puis pour avoir jusque là usé et abusé d'une mixture empruntant autant au black metal pour sa texture écorchée qu'au pop-rock pour ses harmonies simples et son caractère immédiat, en mélangeant tout ça avec des fonds de bouteilles de goth / darkwave où tu ressens tout le dépit, l'aigreur d'une civilisation moderne en manque de repères et d'electro / ambiant où tu contemples tout le désastre d'une vie passée à côté de tes pompes, gueulant ta rancœur comme ce fameux () hurle ses tourments tel un supplicié équarri avant de finir égorgé, se situant quelque part entre Joy Division et Silencer, faut avoir une sacrée araignée au plafond … et plutôt du genre mygale même, tu vois. Le problème, c'est que tes prédécesseurs avaient l'art de retourner cette maladie à leur avantage en l'utilisant comme carbu, chez toi elle en est arrivé à un stade où elle te bouffe à un point que t'en es complètement carbo. Du coup, tu te retrouves avec des compos tenant autant de Monsieur Bric que de Madame Broc, tu piges ?

- Ouais mais je pensais que comme ça, je sonnerai encore plus spontané et chaotique qu’avant …

- Et bien mon g(l)rand, saches que tu te mets le doigt dans l’œil jusqu’à l’élastique du slip. OK, il y a toujours eu cet aspect bricolage dans ta musique, cet esprit punk DIY j’emmerde le monde et les progrès techniques par la même occasion. J’enregistre et je mixe rapidos dans mon coin et tant mieux si ça sonne dégueulasse, la crasse auditive n’en sera que plus tenace. Le souci, c’est que tu confines au vite fait mal fait, tu mixes au petit bonheur la chance. Au lieu de spontané et chaotique, comme tu le prétends, t’en ressors pas mieux que précipité et bordélique. T’as plus aucune énergie rageuse ni dépression contagieuse, t’as plus l’esprit quoi … Et je sais pas le matos qu’on t’a refourgué ce coup-ci, mais ta prod’ sonne vachement propre et aseptisée, alors pour la saleté tu repasseras une fois que la mémé de Pliz aura passé l’arme à gauche.

- Attends ! Mais t’as entendu le son des percus, ça pulse hein ?

- Et en plus il se fout de ma gueule. Un bon trade et ça va être vite réglé cette affaire. Alors oui pour pulser, ça pulse. Comme la bande-son d’un vieux jeu de bagnoles bien pourave. Cette foutue batterie programmée au son que même MIDI en voudrait pas pour son 14 heures, je crois bien que c’est LE truc que je peux vraiment pas blairer chez toi. Avec ça, tu me ramènes direct à la grande époque de l’Amstrad CPC et ça me rajeunit pas, alors je te remercie pas. Encore, quand tu tentes de prendre un visage plus triste avec quelques rythmiques plus posées (c’est-à-dire pas souvent), quand tu ressors ton vieux piano avec ses mélodies simples et que tu mets à susurrer de suaves murmures, ça pourrait (presque) passer. Seulement la texture plastoc rend direct tout embryon sentimental complètement factice : sur "Expendera" et "Doften Av Tomhet" par exemple, il y a un pas entre Lifelover et Plus Belle la Vie qui est malheureusement franchi. Ne t’en déplaises, moi ça me fout la (mélan)colique. Mais le pire, c’est quand tu accélères le poum-tchack (c’est-à-dire trop souvent) pour essayer de paraître méchant ou pour nous pousser à headbanguer … Franchement, t’as pas l’impression de jouer à Crazy Cars ou Outrun sur "Homicidal Tendencies" et "Becksvart Frustration" ? Et "Instrumental Asylum", t’en n’as rien à foutre qu’il ressemble à du Sum 41 avec tout le fatras de kikoolol en train de se secouer les miches ? Et j’ose même pas parler du son des cymbales, proprement saccagé … Alors va te jeter, mon pauvre !

- J’ai bien essayé mais peupa et meuman habitent au rez-de-chaussée …

- Rolala, mais comment t’as pu tomber si bas au point d’en oublier les bases : plus c’est haut, plus tu prends de la vitesse et plus t’as de chances de te fracasser ! C’est de la physique de lycée, bonhomme, alors retournes vite réviser tes cours ! Mais ce qui me dérange le plus, c’est que t’en n'es pas à ton premier coup d’essai. Il y a quand même pas moins de 5 tentatives derrière (en comptant la démo et l’EP), et toutes bien réussies qui plus est. L’expérience aurait du t’éviter de commettre des erreurs aussi grotesques. J’en reviens donc au même constat que tout à l’heure : t’as confondu vitesse et précipitation … Ah mais … oui, j’oubliais … fallait speeder pour que tout sois prêt et dispo dans les bacs pour la Saint-Valentin (rrrooohhh le zoli kado pour ma chérie adorée), et du coup t'as pas été trop regardant sur la mise au point du bidule. On tient peut-être un début d’explication, là …

- Nan mais tu peux pas comprendre ! J’ai tout fait pour m’ouvrir les poignets, mais j’avais beau taillader, taillader et encore taillader, y’a rien qui sortait …

- Normal, avec des enfilades de riffs plus émoussées les unes que les autres, ça m'étonnerait que t'arrives à trancher dans le lard. Et on en revient une nouvelle fois à la base : aiguiser son instrument d'autodestruction, primordial ça, car avec les années c'est comme les souliers des kilomètres à pied, ça s'uuuseee ça s'uuuseee. D'ailleurs, faute de lame de rasoir, c'est finalement le rythme de quasi une nouvelle prod’ par an qui aura fini par t’être fatal (diable, quel paradoxe ! ). Quelques attaques un poil plus incisives apparaissent, éclairs déchirant des cieux de médiocrité, comme les riffs de "Totus Anctus" aussi basiques et bourrins qu'efficaces et jouissifs, ou encore les convulsions black traversant "Karma" (en fin de parcours, c'est un peu tard pour se sortir les doigts du cul) … En fait, quand l'instrument à cordes se fait plus proéminant dans le mix et adopte une consistance bien grasse. Ca arriverait presque à me convaincre qu'il y a des choses à sauver dans ce naufrage. Malheureusement pour le reste, ces cordes sont tellement frêles que tu pourras même pas les utiliser pour te pendre, bougre d'andouille. Du réchauffé, du torché sans conviction et la plupart du temps sous-mixé. La technique et l’esprit aux abonnées absents, pas un pour rattraper l’autre, le fond et la forme en berne, l’anti-Décathlon par excellence. Et je passerai sous silence les cordes de la basse, aussi audibles qu'est visible le string de Maïté entre les deux soufflets qui lui servent de croupion … Et au fait, quid du sang sur la pochette, puisque tu t'es lamentablement loupé ?

- Ben … comme j'ai pas pu mettre le mien, il m'a fallu récupérer les menstruations de ma meuman … obligé, j'avais plus trop d'autre choix pour sauver la face …

- Rrrraaahhhh mais c'est pour ça que tu refoules grave, j'me disais bien aussi ! En tous cas, après plusieurs devantures plutôt soft, le retour au saignant a fini en bel emplâtre. C'est pas le tout de se la rejouer à la "Pulver" (en allant même jusqu'à en rééditer le line-up), mais derrière faut un peu assurer. T'aurais au minimum pu ressortir la blondasse du placard. Là au moins, les adeptes de pignolage intensif en auraient eu pour leur fric. Parce que ta mère, hein …

- … () …

- Tu disais ?

- … () …

Bon OK, j'en tirerai plus grand-chose. Cela dit, il était pas très bavard le gaillard, aussi en verve que le porteur dudit patronyme. Bien qu'étant l'un des deux piliers de la formation suédoise, j'ai la nette impression qu'il a traversé "Sjukdom" comme un fantôme. Quelques vocaux par ci, un bout de texte par là, une petite co-composition (et une seule) pour faire bien … Aussi concerné qu'une poule dans les œufs au plat, si vous voyez ce que je veux dire (pas autant que le cochon dans le bacon, quoi). A la place, on a l'étalage des borborygmes vaseux de l'autre mongoloïde de B (P4 aurait été plus à propos). L'un dans l'autre, pas étonnant que ce "Sjukdom" ne m'ait pas convaincu.

Je regrette amèrement la sauvagerie maladive, perverse et cuite tartare de "Pulver", l’atmosphère de déchéance urbaine de "Erotik" et la lente agonie de "Konkurs" qui reste pour moi intouchable.
"Sjukdom" est le manifeste d'un Lifelover souffrant, mais dans le mauvais sens du terme. Pire que de s'être simplement reposé sur ses acquis, le groupe a balbutié, bafoué, parodié son propre style, sa propre personnalité, à un point que même un sketch des Inconnus n’aurait pas pu faire mieux question désopilance … Et à la différence près que moi, je ris jaune.
C'est extrêmement dommage qu’ils n'aient pas non plus décidé de poursuivre avec un vrai batteur. L'apport avait donné un résultat bien costaud et hargneux sur le très prometteur "Dekadens". Et si ce point n'aurait peut-être pas suffi à rendre "Sjukdom" convaincant, au moins lui aurait-il permis de gommer l'un de ses pires défauts.

Tant de mauvais choix … Qu'a-t-il bien pu leur passer par la tête ? Une défécation propulsée dans le mauvais sens ? Ca se pourrait bien, vu la chiée d'idées de merde qui traînent ces 14 nouvelles compos comme autant de fientes. Une balle, une vraie, aurait été plus indiquée.

Mais je suis méchant, car il y a néanmoins, malgré le désastre, un morceau entier à sauver : "Bitterljuv Kakofoni", sortie d'écho sinistre de l'excellent "Humörets Bottenvåning" apparaissant sur "Erotik". Pas d'bol, il est l'œuvre d'un élément extérieur au groupe … Pourquoi ça ne me surprend même pas …

28 Commentaires

11 J'aime

Partager

Vinterdrom - 04 Septembre 2012: Je te retourne l'ensemble des compliments. Même le différend aplani, tu cherches à tout prix à remettre de l'huile sur le feu. Grand bien t'en fasses. Tu peux ajouter un nouveau commentaire si tu veux absolument avoir le dernier mot, imposer ta condescendance minable et tes tentatives de manipulation à deux balles, je n'y répondrai pas, quelle que soit sa teneur. Pour moi, le différend est clos. On a dit tout ce qu'on avait à se dire, on a déjà perdu beaucoup de temps pour pas grand chose (c'est quand même con d'autant se fritter pour un simple album).
Et j'ai bien d'autres choses à faire par ailleurs. Bye.
morgothduverdon - 29 Novembre 2012: Bon, très belle chronique, quelques expressions m'ont bien fait rire :)

Je ne connais pas du tout ce groupe sinon de nom, mais au moins je saurais pas où ne surtout pas commencer :)

Sinon, il faut toujours qu'il y ai des gros chieurs... Qui feraient mieux de se regarder avant de l'ouvrir.
Trollbein - 20 Mars 2014: Bonne chronique, dommage qu'elle relève plus du clash de banlieue que de l'analyse. À noter : les verbes du premier groupe ne prennent pas de "s" à l'impératif. Oui l'album déçoit, non il n'est pas si mauvais si on le prend à part.
Vinterdrom - 21 Mars 2014: Bonne remarque. Il faudra que j'aille traquer ces quelques fautes.
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire