Singularity

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Nom du groupe Elusion
Nom de l'album Singularity
Type Album
Date de parution 28 Juin 2019
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album5

Tracklist

1.
 Choices and Chances
 05:57
2.
 The Tales That Trees Tell
 06:00
3.
 The Strive
 05:36
4.
 Lovelorn
 05:38
5.
 In Eternity
 04:37
6.
 Reconciliation of Opposites
 05:33
7.
 My War Within
 04:44
8.
 Crystal Doubts
 03:56
9.
 Anamnesis
 08:06
10.
 The Strive (Spankraght Remix)
 03:46

Durée totale : 53:53


Chronique @ ericb4

07 Septembre 2019

Décollage amorcé pour la formation belge...

Déjà trois années envolées depuis son introductif et encourageant EP « Desert of Enticement », et voici le combo belge à nouveau dans les starting-blocks. Le temps pour nos acolytes de s'illustrer sur la scène metal locale, mais aussi de nourrir leur projet de compositions plus affûtées et de signer chez le prolifique label espagnol Art Gates Records, ce dont témoigne ce premier album full length « Singularity » ; opus d'obédience power symphonique gothique où 10 pistes inédites s'égrainent sur un ruban auditif de 54 généreuses minutes. Quatre années suite à sa sortie de terre, eu égard à un travail minutieux et de longue haleine en studio et aux progrès accomplis en matière de logistique et de technicité instrumentale, le collectif annonce clairement la couleur de ses intentions. Aussi, muni de son nouveau propos, le jeune quintet belge serait-il d'ores et déjà en mesure de constituer un sérieux challenger face aux Beyond The Black, Elvellon, Sleeping Romance ou Metalwings et d'accéder au rang de valeur montante du metal symphonique à chant féminin ?...

Dans ce dessein, le line-up a subi une légère refonte. A bord du navire nous accueillent désormais : la parolière et frontwoman Evy Verbruggen (ex-Keltgar) et le compositeur/guitariste et vocaliste Domingo Smets (Lion's Pride, Persephone's Blade, ex-Agathocles, ex-Ancient Rites), tous deux cofondateurs du groupe, accompagnés du bassiste Kristof Degreef, du batteur Frederik Van Mieghem (Anwynn, ex-Axamenta, ex-Fleshmould) et, plus récemment, du guitariste Stijn Van Peborgh. Pour l'occasion, ont été sollicités les empreintes vocales de Peter Evrard (10 Rogue) et Björn Strid (Soilwork, Disarmonia Mundi, The Night Flight Orchestra, Hespera...) tout comme le toucher de guitare de Bert Draelant. De cette étroite collaboration émane une œuvre à la fois volontiers frondeuse, épique, enjouée, orientalisante, énigmatique et romantique, aux forts contrastes vocaux, dans le sillage d'Epica, Lyriel, Ancient Bards, Xandria et After Forever. En outre, la luxuriante rondelle bénéficie d'un enregistrement de bon aloi doublé d'une belle profondeur de champ acoustique. Si un léger sous-mixage des lignes de chant ainsi que de friables finitions s'observent, ceux-ci se voient compensés par des arrangements instrumentaux difficiles à prendre en défaut. Mais levons plutôt l'ancre pour une traversée au long cours...


Le combo nous plonge le plus souvent dans un chaudron bouillonnant, parvenant parfois à nous rallier à sa cause sans avoir à forcer le trait. Ce qu'illustre « Choices and Chances », volcanique et orientalisant up tempo à la confluence entre Epica et Ancient Bards. Calé sur une enivrante sente mélodique, décochant de saisissantes montées en puissance, faisant la part belle aux choeurs tout en restant rivé sur le schéma de la Belle et la Bête, les claires inflexions de la sirène répondant aux attaques de son acolyte de growler, le magmatique et tubesque effort ne ratera pas sa cible. On ne restera pas davantage de marbre sous le joug de « Crystal Doubts », entraînant et ''xandrien'' up tempo exhalant, lui aussi, un capiteux parfum des mille et une nuits. Pourvu de couplets finement ciselés relayés chacun d'un entêtant refrain, ce hit en puissance est susceptible de rester durablement inscrit dans les mémoires de ceux qui y auront goûté...

Ne se domptant qu'au fil des écoutes, d'autres pistes tout aussi pulsionnelles pourront, elles aussi, trouver un débouché favorable auprès du chaland. Ainsi, sous l'égide de riffs corrosifs adossés à une rythmique résolument sanguine, l'impulsif « The Tales That Trees Tell » se dote parallèlement de refrains immersifs à souhait que n'auraient reniés ni Epica ni After Forever. Dans cette mouvance s'inscrit également « The Strive », tonique méfait aux relents dark gothique dans la lignée de Draconian, où les soudaines accélérations de l'instrumentation interpellent autant que les claires impulsions de la belle aspirent le pavillon. Une version dénuée de tout ombrage dénommée « The Strive (Spankraght Remix) » nous est également livrée, offrant alors une headbangante alternative électro dans la veine d'Amaranthe. Une prise de risque certes osée mais parfaitement assumée par le combo belge. Enfin, bien que plus tortueux, et en dépit de sa glaçante atmosphère, le mid/up tempo « Reconciliation of Opposites » n'en recèle pas moins d'envoûtantes sonorités indiennes, dans le sillage d'un Xandria première mouture.

Quand la cadence se fait un poil plus mesurée, la troupe se révélera, là encore, apte à encenser le tympan d'un battement de cils. D'une part, voguant sur un sillon mélodique propice à l'enivrement de nos sens, le ''delainien'' mid/up tempo « Lovelorn » se dote, en prime, d'un fin legato à la lead guitare et surtout d'un duo mixte en voix claires bien habité. D'autre part, offrant un saisissant effet de contraste rythmique doublé d'un fuligineux solo de guitare, imprimant conjointement un pénétrant cheminement d'harmoniques, le mid/up tempo syncopé « My War Within » n'a nullement tari d'armes efficaces pour assurer sa défense.

Lorsqu'ils nous mènent en d'oniriques contrées, nos compères nous adressent leurs mots bleus les plus sensibles. Aussi se retrouvera-t-on en totale apesanteur à l'aune de « In Eternity », atmosphérique et touchante ballade a-rythmique mise en habits de soie par les cristallines envolées de la maîtresse de cérémonie. En outre, de majestueuses et enveloppantes nappes synthétiques s'épaississent au fur et à mesure de notre traversée, à peine interrompues par un frissonnant violon, une gracile harpe et un chatoyant hautbois samplés. Au maître instrument à touches de fermer la marche comme il l'a ouverte, pianissimo...

Mais ce serait à la lumière de leur luxuriante pièce en acte d'obédience metal symphonico-progressif que nos gladiateurs peuvent le plus sûrement donner la pleine mesure de leur talent. Ainsi, l'emphatique « Anamnesis » déroule fièrement ses 8 minutes d'un spectacle à la fois épique et romanesque, dans la droite lignée d'un Epica estampé « The Divine Conspiracy ». Recelant d'insoupçonnés effets de contraste rythmique, moult séries d'accords judicieusement enchaînées, sans jamais véritablement lâcher de lest, la troupe nous octroie concomitamment un duo mixte en voix claire évoluant en parfaite osmose ; seyante empreinte vocale que viennent opportunément renforcer des choeurs aux abois. Soudain, un fin dégradé de l'intensité sonore doublé d'un délicat slide à la guitare acoustique nous font signe que la pression ne tardera pas à retomber avant de voir l'escadron subitement disparaître derrière un épais rideau de fumée.


Au final, le combo belge réussit le pari de nous retenir de bout en bout de l'opulente et rayonnante rondelle, allant jusqu'à nous pousser à y revenir aussitôt l'ultime mesure envolée. Diversifié sur les plans atmosphérique, rythmique et vocal, l'opus a également ouvert le champ des possibles en matière d'exercices de style. On regrettera cependant de trop rares prises de risques consenties et des sources d'influence encore insuffisamment digérées par une formation qui, pourtant, affiche une féconde inspiration mélodique et un potentiel technique que pourraient leur envier nombre de leurs homologues. Concédant un mixage et des finitions en-deçà de nos attentes, sans pour autant sacrifier ni la qualité de ses arrangements ni le confort auditif qu'elle procure, la pulsionnelle et enivrante galette pourrait bien finir par figurer dans la cd-thèque de l'aficionado du genre. Bref, une première et émouvante offensive susceptible de propulser le quintet parmi les valeurs montantes de leur registre metal d'affiliation. A bon entendeur...

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