Pour débuter l'analyse de ce second opus des Autrichiens de
Dragony baptisé
Shadowplay, commençons donc par évoquer en détails les choses qui auront changé. Des transformations concernant essentiellement les forces vives de ce collectif puisque le guitariste Daniel Stockinger et le claviériste Georg Lorenz auront cédé leurs places, respectivement, à Simon Saito et à Manuel Hartleb. Au-delà de ces bouleversements minimes, dont on espère tout de même qu'ils apporteront quelques améliorations, et notamment s'agissant de ces synthés qui autrefois avaient été si attaquables puisqu'ils contribuaient assez largement à ce conformisme et à cette naïveté dont les travaux de ce sextet étaient fardés, les autres membres de ce bataillon auront repris la poignée de leurs armes prêt à en découdre.
En revanche, ce qui n'aura guère évolué, c'est cette constance avec laquelle, une fois encore, nos six guerriers auront à cœur de parcourir les routes de ce
Power Metal classique et enjoué dont
Freedom Call et
Reinxeed sont les plus défenseurs, auquel ils ajouteront, de surcroit, des touches empruntées à
Kamelot,
Stratovarius, et autres
Nightwish.
Une expression sur laquelle il faudra être sacrément indulgent pour en défendre des qualités archi-connues, archi-convenues, archi-candides et archi-fades. Des chansons comme Wolves of the
North, Shadowrunners, Kiln of the First
Flame,
Babylon dans lequel on jurerait avoir à faire au
Edguy de Tobias Sammet, ou encore par exemple Dr.
Agony à l'entame très proche du Doctor Doctor d'
UFO...ou
Unicorn Union...ou The
Silent Sun ou intervient Zak Stevens (
Savatage, Cicle II
Circle...) de sa voix si reconnaissable...ou un
The One and Only sont, en effet, une cause qu'il nous sera difficile de plaider.
True Survivor très typé années 80 (on imagine aisément Jennifer Beals nous improvisant une chorégraphie à base de poste à souder et de vêtements grisés par quelques scories métallurgiques sur ce dernier) est une reprise du morceau que David Hassellhoff interprétait pour la B.O. du film financé par les internautes Kung
Fury. Le comble étant que la version de
Dragony, évidemment délesté du second degré que le titre revêtait à l'origine, nous en propose une version bien moins attachante que celle de l'acteur plagiste américain.
Fort heureusement, il y a aussi ici quelques raisons de ne pas totalement sombrer dans l'amertume de la déception mordante. Comme par exemple des titres tels que The Maiden's Cliff est une ballade acoustico-celtique très intéressante puisqu'elle nous révèle un
Siegfried "The
Dragonslayer" Samer un peu plus nuancé dans ses interprétations.
Warlock, quant à lui, vogue subrepticement en quelques instants plus sombres donnant enfin un aspect un peu plus enthousiasmant à ce groupe. Une piste s'éloignant donc quelques peu de ces habitudes candides et gaies que cultivent ordinairement
Dragony. Même si, bien évidemment, la candeur y sera tout de même présente.
Rome ne s'étant pas construit en un seul jour, il faudra sans doute du temps à ces Viennois avant de basculer davantage du côté obscur. La tentative sera tout de même louable surtout qu'elle ne sera pas unique mais répétée, ça et là, succinctement, aux détours d'un air, d'une intro ou d'un refrain. Ne nous privons donc pas de le relever et de le saluer. Même si, au final, ça ne pèsera pas très lourd dans la balance et que ce disque restera une démonstration vaine, insipide et dont le seul intérêt sera celui emprunté à ces autres dont il s'inspire sans scrupule.
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