Initialement baptisé The
Dragonslayer Project, cette nouvelle phratrie autrichienne formée en 2007 aura été enfanté par les guitaristes Andreas Poppernitsch, Daniel Stockinger et le chanteur
Siegfried "The
Dragonslayer" (ça ne s'invente pas) Samer, d'anciens membres d'
Omega Effect et d'Eleftheria. Après une période où il aura recourt à des guests, le trio finit tout de même par constituer un line-up stable qui, outre ceux déjà cité, sera composé du bassiste Herbert Glos, du batteur Frederic Brünner et du synthé Georg Lorenz. Un premier album du nom de
Legends nous est proposé par
Limb Music en
2012. Ce premier jet est une œuvre sur laquelle nous donnant à entendre un
Power Metal typiquement européen dans lequel planent les ombres des
Stratovarius,
Freedom Call,
Nightwish et autres
Kamelot.
Dès le premier titre,
Burning Skies, la présence du grand, au propre comme au figuré,
Ralf Scheepers (
Primal Fear) met en exergue les lacunes d'un vocaliste autrichien qui possède un organe certes agréable mais qui manquera d'un peu de particularités propres et aussi de profondeur pour totalement nous convaincre. Le titre demeure cependant sympathique. Le reste, en revanche, l'est moins. Si
Land of Broken Dreams garde encore une certaine tenue on sent déjà que ses refrains d'un conformisme achevé et d'une candeur gênante vont nous conduire sur d'autres terrains bien moins séduisants. Ce qui, malheureusement, arrive assez rapidement. Dès lors on finit par naviguer dans une forme d'expression gangrénée par le classicisme et la naïveté que seul la présence de quelques invités venant donner de la voix parviendront, autant que faire ce peut, à masquer (comme, par exemple, Katarina Bilak (
Siren's Cry) qui apportera cette touche d'émotion qui suffira à The Longest
Night à être sauvé du naufrage complet).
Bien évidemment chacun est bien libre d'apprécier ce que bon lui semble mais, personnellement, ce côté guilleret et enjoué, dont nos amis de
Freedom Call et de
Reinxeed semblent si friands, à finis par éteindre définitivement mes appétits pour le genre. Je préfère, désormais, ceux qui, à l'instar d'un
Sound Storm ou d'un
Dragonland, ont pris des voies un peu différentes. L'un en explorant une certaine noirceur et l'autre en abandonnant ces chœurs célestes féminins au profit de voix plus graves masculines. Or ce
Legends en est rempli de cette allégresse gai. Le summum étant même atteint avec un Alcador lumineux et étincelant. Si désespérément lumineux et si désespérément étincelant.
De plus, la formation viennoise aura beau maitrisé toute les ficelles du genre, et faire preuve d'un flegme sur lequel il n'y aura pas grand chose à redire, il ne parviendra pas à éviter les pièges grossiers de ces passages imposés par le style (cavalcade de double croches de grosse-caisses, chorales célestes, synthés baroques...) évitant ainsi tout risque de se forger une identité propre.
D'autres auront déjà empruntés les chemins que
Dragony foulent avec ce
Legends. Caler ses pas dans les leurs, en respectant leurs schémas avec une telle exactitude rigoureuse, et, de surcroit, teinter son propos de cette naïveté insupportablement envahissante, et omniprésente, est assurément une mauvaise idée.
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