Shadowmaker

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Nom du groupe Running Wild
Nom de l'album Shadowmaker
Type Album
Date de parution 20 Avril 2012
Labels SPV
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album58

Tracklist

1. Piece of the Action 04:25
2. Riding on the Tide 04:18
3. I Am Who I Am 04:51
4. Black Shadow 05:13
5. Locomotive 04:35
6. Me & the Boys 05:00
7. Shadowmaker 04:25
8. Sailing Fire 04:14
9. Into the Black 04:57
10. Dracula 07:29
Total playing time 49:27

Chronique @ AlonewithL

01 Mai 2012

Attention! Chute de soucoupes volantes!

À partir d’ici devrait être apposé le panneau suivant: Attention! Chute de soucoupes volantes! Port du casque obligatoire. Je vous annonce dès lors la survenance du crash d’un des plus gros bolides du heavy metal allemand. Le légendaire « Running Wild » n’est plus qu’une machine en péril mes chers amis. Quelques années auparavant, en 2009 pour être plus exact, nous croyons l’avoir quitté pour toujours. Des larmes plein les yeux nous chantions « Conquistadores » sous les adieux de Rock n’ Rolf, notre bon capitaine. Le mythe s’est évaporé au large, tel un vaisseau fantôme, nous laissant en mémoire toutes ses belles aventures, ses conquêtes, ses trésors. Puis, contrairement à toute attente, le vaisseau réapparait au loin fin 2011. Quand je dis « vaisseau », je veux dire « vaisseau spatial », ce n‘est plus du tout le même navire dont on fait allusion. « Running Wild » aurait traversé les époques durant cette courte absence. Notre bon capitaine Rock n’ Rolf réapparait en tenue spatiale, déclarant à la foule empressée devant pareil phénomène, le grand retour du groupe et un nouvel album pour la moitié 2012. La foule semblait ravie, rares étaient les mauvaises langues présentes. Elles arriveront plus tard, quand sera révélée la pochette de cet album ô combien attendu, celle de « Shadowmaker ». Paraîtra aux yeux des manants ébahis un croquis grossier de la tronche du leader de « Sabaton », Joakim Brodén, avec des ailes des chauves-souris sur chaque côté. Une farce? Non! Les optimistes espèrent encore que le contenu de l’engin sera à cent années lumières de cette …. caricature. Les malheureux! Pourquoi les êtres les plus fidèles et crédules sont-ils voués à pareille souffrance? Oui, pourquoi? "Oh mon Dieu. C'est pas possible... Deux mille ans plus tard, nous étions revenus sur la Terre. Ce monde de cauchemar c'est la Terre. Ah les criminels ! Ils les ont fait sauter leurs bombes ! Ah, les fous ! Je vous hais ! Soyez maudits jusqu'à la fin des siècles !" Bouhouhou!

Les débuts s’annonçaient corrects, bien qu’inférieurs à notre dernière rencontre studio avec « Running Wild ». Et oui, sans être la meilleure réalisation de la formation « Rogues en Vogue » avait du tonus, de la pêche. C’est avec une relative appréhension que nous contemplerons le noyau « Piece of the Action ». Manquant de jus et de spontanéité, on pourra l’apprécier en revanche pour sa rythmique palpitante, l’enthousiasme qu’il dégage. Ce n’est même plus à proprement parler du heavy metal. Plus un hard rock échaudé, qui aurait fâcheuse tendance à s’inspirer de ce qu’il y avait du plus redondant dans les années 80. Dans le plus couillu de l’album, on retiendra également le poussif « I Am Who I Am »; Réflexion métaphysique d’une grande complexité qui amènera Rolf à répéter les mêmes mots sans pourtant faire avancer le schmilblick, au grand dam de la boîte à rythmes languit qu’un tel discours ne produise nul effet. Ah oui! C’est vrai j’allais oublier pour le coup de signaler que les rangs de la formation se sont …. rafraichis. On ne compte plus que Rock n’ Rolf au chant et à la guitare et Peter Jordan en second guitariste. Ils devront certainement embaucher s’ils veulent se produire en Live. Souhait que Rolf avait formulé, dans la cas d’une bonne réception du dit produit, s‘était-il cru obligé d‘ajouter. Il ne prend décidément aucun risque.

Monsieur Rolf Kasparek aurait-il perdu son sérieux? Apparemment, il avait bonne humeur quand il a enregistré cet objet ballant non identifiable. Beaucoup d’enthousiasme sur « Riding on the Tide », ne parvenant pas à combler en totalité les imprécisions musicales et le ton grippé des guitares. On friserait parfois le FM, jusqu’à s’y enfoncer dedans jusqu’au museau, comme le témoignerait le sidérant « Me + the Boys ». Croisement improbable entre un « We Will Rock You » de « Queen » et un « Our House » de «  Madness ». C’est à la fois entraînant et ridicule, le comble. Dans cette fibre innocente, indécente, « Sailing Fire » attirera toutefois notre sympathie. Les guitares sembleraient être plus inspirées, guillerettes et virevoltantes. Par contre, ce serait presque cette fois le chant de Rolf qui fourcherait. Ni lui, ni l’autre ne parviendront à nous emballer sur le constipant « Black Shadow ». Voix et riffing s’étirent sans vigueur et dans la douleur, puisant allégrement dans une tonalité pseudo-nonchalance, sensée de manière malhabile nous séduire. À peine mieux senti qu’un « Locomotive » au hard rock bien enrayé, monotone et sans imagination.

Le dernier cité se rapprocherait par son style d‘« Into the Black », lui aussi dans un rock à l’ancienne peu approfondi. Son refrain attachant et une présence plus affirmée des grattes sauveraient quelques meubles de l’incendie. Un incendie que continuera à alimenter le titre éponyme. Très emballé, on s’attendrait naïvement au départ à du sérieux, enfin on croit à un sursaut pour sauver l’honneur. Maudites soient les croyances futiles! Force est de constater qu’encore une fois rien de concret ne se produit et que c’est répétitif à ne plus en pouvoir. Il y aura cependant quelques soli salvateurs, venus étoffer cette masse étouffante et indigeste, et ce n’est pas un mal. On enfonce le clou ou plutôt le pieux avec un « Dracula » qui saura améliorer le niveau des mélodies, pas du chant. C’est soit l’un, soit l’autre, soit rien du tout. Le morceau s’avèrera également ennuyeux, sans effet, malgré un jeu plus percutant, plus riche. Le martellement concassé de la boîte à rythmes n’aide en tout cas pas beaucoup à son assimilation. Dommage, il y avait de l’idée (pour une fois) sur ce titre. « Dracula » débute et se termine sous une vraie ambiance d’enterrement. Est-ce les funérailles de « Running Wild » auxquelles on assiste?

Peste! Rock n’ Rolf nous aura mené en bateau cette fois. Après des adieux déchirants, on s’attendait pas à revoir cette formation incontournable du heavy allemand virer sec de bord et sombrer au plus profond d’un trou noir intergalactique. Les robots pirates de l’espace tomberont bas dans notre estime après ce fameux « Shadowmaker », dont on retirera une impression de pas fini, de foutage de gueule. Ce n’est pas un luxe que de devoir tirer au rayon laser sur cette soucoupe barbante. Rock n’ Rolf a réalisé un album sans avoir pris le temps et la distance nécessaires. S’en est flagrant à l’écoute de ces compositions dont on jurerait qu’elles ont été labourées à la bêche. Une grande leçon de futurisme en carton et papier aluminium.

10/20

24 Commentaires

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samolice - 29 Décembre 2012: C'est exactement ça Valfadir, excellente comparaison :-)
Vink - 15 Avril 2013: Très bonne chronique, juste ! il faut dire ce qui est vrai, je préfére oublié cet album et faire en sorte que RUNNING WILD s'est éteint sur ROGUES EN VOGUE...
priestjanko - 17 Fevrier 2015: moi, je l'aime bien cet album. Je le trouve "frais".
AlonewithL - 20 Fevrier 2015: Ordralfabétix va ^^
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Chronique @ dark_omens

14 Août 2013

Les légendes ne meurent jamais vraiment, elles agonisent en de longues souffrances...

Les légendes ne meurent jamais vraiment, elles agonisent en de longues souffrances...

Comment aborder le mythe Running Wild sans immédiatement tomber dans la fâcheuse évocation de ces heures pénibles où l'inspiration avait déjà abandonné depuis quelque temps nos fiers flibustiers allemands ? Comment ne pas écorner davantage encore la légende à l'écoute d'un Shadowmaker dont les premiers titres ne nous laissent aucune illusion faisant naître cette désagréable impression d'ennui ? Comment? Par sincérité, sans doute...

Pourtant les premiers signes annonciateurs de ce désastre imminent étaient flagrants. Comment pouvions-nous voir autres choses que l'expression de ces idées essoufflées dans une pochette à l'artwork aussi sommaire alors même que Running Wild aura souvent excellé dans l'exercice de l'imagerie soignée et détaillée? Et que dire de cette phrase laconique et lapidaire dans laquelle Rock'n'Rolf nous explique qu'il a construit ses dix nouveaux morceaux dans la spontanéité d'un premier jet et d'une urgence de composition ne dépassant pas la demi-heure? Nos digressions subjectives, fortes de cette affirmation, pourront dès lors nous mener vers les plus folles divagations et même envisager, pourquoi pas, que ce Shadowmaker fut élaboré sans réflexions excessives, voire, sans avis extérieur. Comme si le talent seul de son âme créatrice suffisait. L'erreur serait grossière lorsqu'on sait à quel point un morceau doit grandir, muer, mûrir et s'épanouir. Mais n'allons pas trop loin dans l'expectative de suppositions, nées des affirmations brèves du chanteur et leader charismatique de cette formation saxonne, et entrons, dès à présent, dans le vif du sujet.

Alors qu'ont-ils de réellement nouveau et de réellement enthousiasmant ces dix titres réunis sous la bannière de Shadowmaker?

Pas grand-chose à dire vrai. Bien entendu, ces pistes exprimeront de cette vélocité symptomatique d'un Heavy Speed Metal teuton. Mais également de ce classicisme germanique dans lequel Running Wild s'illustra autrefois. Elles sont aussi l'écrin de la voix si particulière de ce chanteur atypique. Mais, malheureusement, au-delà de ces caractéristiques délicieusement récurrentes, on déplorera l'absence de cette âme corsaire, guerrière, épique, festive et aventureuse qui fit le sel de l'épopée artistique de Running Wild. Et, pire encore, on regrettera l'absence d'inspiration au cœur des titres anémiques aux airs fatigués, et aux refrains parfois maladroits, de ce manifeste (le poussif Piece off Action, l'enjoué et laborieux Riding on the Tide, le faible Sailing Fire au solo de guitare malheureux...).

Au-delà de cette première impression déçue née de l'écoute de ces titres moyens, certains autres parviendront bien à entretenir l'illusion mais de manière si infime qu'on ne saurait croire à cette résurrection victorieuse. Parmi ceux-là mentionnons les convenus I Am who I Am, Black Shadow, Locomotive, le très académique Shadowmaker, Into the Black ou encore, par exemple, Dracula (peut-être le meilleur morceau de ce disque).

De surcroît, outres les défauts déjà évoqués, la production de ce nouvel effort semble peiner à donner du relief à ces titres qui en auraient pourtant grandement besoin. Manquant singulièrement de puissance et de tranchant, ces pistes semblent, en effet, se complaire dans une sorte de platitude molle embarrassante.

Finalement, Shadowmaker, nouvel opus des Allemands de Running Wild, nous laisse un sentiment mitigé car c'est un album qui ne changera sans doute pas un ordre séculaire établit depuis plusieurs décennies, tant ses meilleurs moments sont classiques. Et qui ne rendra pas davantage de sa superbe à un Running Wild dont les heures les plus glorieuses semblent, malheureusement, définitivement révolus tant certains autres de ces instants sont ratés.

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swit35 - 14 Août 2013: Pareil pour moi, mais je me suis tenté dans la discographie de Running Wild post Death or Glory et il y a de bonnes choses même si les motifs se répètent sans cesse. C'est juste plaisant mais ça n'apporte pas grand chose. Je pense que je vais attendre le petit dernier pour prêter un oreille au Running Wild new age
OVERKILL77 - 27 Août 2013: Et tu aurais un album post- D&G à me conseiller ?

Un truc écoutable ?
swit35 - 27 Août 2013: Tu peux taper entre Blazon Stone et The Rivalry - 5 albums dans la moyenne du "bon" Running Wild... il n'y a pas beaucoup de surprise même si ça devient lassant car c'est quasiment de la répétition de tous les bon plans mélodiques de Running Wild. Ma préférence va quand même à Black Hand Inn et Masquerade.
OVERKILL77 - 27 Août 2013: C'est noté. Merci ;-)
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