Sempiternal Consecration

Paroles
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Nom du groupe Luna Ad Noctum
Nom de l'album Sempiternal Consecration
Type Album
Date de parution 28 Juin 2004
Enregistré à Hertz Studio
Style MusicalBlack Symphonique
Membres possèdant cet album10

Tracklist

1. Intro / Premonition ... 01:19
2. Sempiternal Consecration 05:05
3. Devotion in Sin 04:37
4. Death Threatened... Tentalizing 04:28
5. Lucifer's Light 04:14
6. Avast ! 04:22
7. Harass Me 03:48
8. Inner Predator 04:46
9. Six Common Salvations 04:10
10. Into the Pentagram (Samael Cover) 04:22
Total playing time 41:11

Chronique @ BadaOfBodom

12 Septembre 2010
Ah, Luna Ad Noctum... Comment, vous ne connaissez pas ? N'avez-vous donc pas jeté une oreille sur "Dimness' Profound", l'opus qui a véritablement lancé la carrière du quatuor polonais en 2002 ? Non, vraiment ? Allez, je ne vous en veux pas. Après tout, le groupe ne jouit pas d'une notoriété rayonnante, et il est presque normal que celui-ci vous ait échappé, et ce même si vous êtes un fervent admirateur de Black Mélodique ou Symphonique. Et puis, voyez le bon côté des choses : ne pas connaître ce groupe montre que vous n'avez pas la tête dans la lune (vous comprendrez en temps voulu, si ce n'est pas déjà le cas...). Laissez-moi vous dire, cependant, qu'un tel constat est quelque peu déroutant quand on voit le talent de ce groupe de l'Est ; groupe tout à fait capable de rivaliser avec les plus grands.

Et si je vous parle de Luna Ad Noctum en ces lieux, c'est bien parce qu'il y a des choses à se mettre sous la dent - ou plutôt dans les oreilles - à son sujet... En effet, moins de deux ans après le terrible - dans tous les sens du terme - "Dimness' Profound", le quatuor polonais était déjà de retour avec un nouvel album intitulé "Sempiternal Consecration". Enfin, quand je parle du fameux quatuor, je m'avance un peu trop car il faut dire que le line-up a subi quelques modifications depuis la sortie de "Dimness' Profound". Tout d'abord, le groupe a accueilli Blasphemo Abyssum Invocat, guitariste, qui joue désormais aux côtés de Tomas Infamous. Puis, malheureusement, il s'est aussi séparé de Noctivagus, le claviériste qui, je le rappelle, avait fait du bon boulot dans "Dimness' Profound". C'est donc Flumen, un "collaborateur", qui a eu pour mission de remplacer le talentueux Noctivagus dans "Sempiternal Consecration". Pour ceux qui ne comprendraient pas le sens du mot "collaborateur" dans ce contexte, je dirais simplement que j'entends par là un individu qui joue pour un groupe sans en faire vraiment partie. Voilà pour la petite précision.

Maintenant, entrons dans le vif du sujet ; ou plutôt, commençons par analyser la pochette pour avoir quelques indices quant au contenu de ce "Sempiternal Consecration".

À première vue, le groupe semble déjà être fidèle à son concept. Comme sur la pochette de "Dimness' Profound", on retrouve effectivement les éléments symboliques illustrant la portée conceptuelle de la musique de Luna Ad Noctum : des esprits, une entité maléfique, une certaine obscurité, et surtout la lune que l'on aperçoit en arrière-plan. Pas de révolution à ce niveau-là, donc. Néanmoins, il convient de noter une légère évolution... Alors que la pochette de "Dimness' Profound" donnait une vue d'ensemble de la scène, celle de "Sempiternal Consecration" se focalise largement sur la présence diabolique (la couleur rouge justifiant cette dénomination), pour ne pas dire satanique (puisque les cornes s'apparentent étrangement à celles d'un bouc). Cette présence démoniaque au centre de la pochette semble se repaître de matière spectrale, d'âmes errantes perverties par les forces obscures. Sa puissance grandit vraisemblablement, et il y a fort à parier que le chaos ne va plus tarder à s'abattre sur le monde, comme si ce monstre de malheur pouvait le disséquer en un coup de griffe.

Cela va peut-être vous paraître étrange, mais cette nouvelle disposition de la pochette, ce véritable zoom sur ce qui semble être Satan, nous donne un indice de choix pour l'appréciation des paroles. Eh oui, Luna Ad Noctum a quelque peu durci sa recette textuelle, dans le sens où les paroles s'avèrent être beaucoup plus "directes" qu'elles ne l'étaient. Souvenez-vous, dans "Dimness' Profound", le groupe insistait énormément sur l'influence de la lune, sur l'impact de la nuit, sur le rôle prédominant de l'esprit ; ce qui n'est plus vraiment le cas ici... Car, même si le groupe évoque toujours ces points, il se concentre maintenant sur la thématique du péché, en particulier sur le blasphème et sur le sexe. Certains morceaux comme "Sempiternal Consecration", "Devotion In Sin", ou "Lucifer's Light" nous en disent déjà beaucoup, rien qu'avec leurs titres... Mais si l'on va plus loin et que l'on prend la peine de lire les paroles en détails, on se rend compte à quel point elles peuvent être crues. Le sexe y est évoqué presque à chaque morceau et se conjugue souvent avec la présence du diable, décrit en des termes élogieux. La palme d'or du malaise textuel revient certainement à "Inner Predator", si ce n'est à "Harass Me", dont les paroles se dévoilent dans un style sans fioriture, le but étant bien sûr de choquer... Je vous laisse deviner pourquoi ou vous invite à aller voir par vous-mêmes. Vous ne serez pas déçus du voyage...

Alors, évidemment, avec un concept plus violent, on pouvait s'attendre à ce que les Polonais durcissent encore un peu leur musique. Naturellement, c'est ce qui s'est produit. Avec "Sempiternal Consecration", Luna Ad Noctum a fait le ménage dans les atmosphères qui donnaient un charme indéniable à "Dimness' Profound" et a, en cela, octroyé un rôle plus discret au clavier (sans pour autant en faire le deuil, attention !). Vu l'apport essentiel du clavier dans "Dimness' Profound", on peut se demander ce qui est passé par la tête de nos musiciens pour en arriver là... Peut-être est-ce le départ de Noctivagus évoqué plus haut qui y est pour quelque chose... Quoi qu'il en soit, les compositions sont maintenant plus offensives, et peut-être aussi plus techniques ; ce que la production propre et sans bavure parvient à retranscrire convenablement. "Sempiternal Consecration", premier "vrai" morceau de l'album du même nom, donne le ton car, malgré la mélodicité de ses structures, on sent tout de suite que l'ambiance n'est plus la même que dans "Dimness' Profound". Le rendu musical est moins "fantomatique", moins "vaporeux" ; si vous voyez ce que je veux dire... Le morceau n'est pas fondamentalement plus violent que "Traitor Of Sadness & Grief", mais il est plus direct, moins "enrobé". Ce constat est valable pour quasiment tout l'album, d'autant plus avec des morceaux fulminants comme "Avast!" (rien à voir avec l'antivirus informatique...) ou, encore mieux, "Inner Predator"... En tout état de cause, vous l'aurez compris, voilà donc un album plutôt homogène, bien plus homogène que ne l'était "Dimness' Profound". Une astuce toute simple pour s'en convaincre rapidement : écoutez le premier "vrai" morceau de cet album - "Sempiternal Consecration" - puis le dernier "vrai" morceau, à savoir "Six Common Salvations" ("Into The Pentagram" étant un cas particulier, on y reviendra...). Eh bien, je ne sais pas ce que vous en penserez, mais on croirait tout simplement écouter le même morceau à l'envers...

Cette évolution vers plus de technicité "pure" n'est pas fondamentalement synonyme de progrès, preuves à l'appui. De nombreuses formations de Black Metal Symphonique - style dans lequel officie Luna Ad Noctum - ayant fini par négliger l'apport du clavier au profit de l'"agressivité technique" ont considérablement perdu de leur âme. Je pense entre autres, pour les plus connus, à Dimmu Borgir avec "In Sorte Diaboli", à Old Man's Child avec "Vermin" et "Slaves Of The World", mais aussi à Limbonic Art avec "The Ultimate Death Worship". Ceux qui connaissent suffisamment ces formations comprendront sûrement où je veux en venir puisqu'ils sont censés avoir écouté les chefs-d'oeuvres émotionnels ayant précédé les albums sus-cités...

Cependant, il convient de ne pas tirer de conclusion hâtive. Des compositions, même très techniques, peuvent être si finement conçues qu'elles parviennent malgré tout à susciter des émotions sincères, ce qui est souvent le cas dans le Death Metal ; style dans lequel Luna Ad Noctum est allé piocher pour ce "Sempiternal Consecration". Et c'est réussi... J'ajoute, par ailleurs, que cette ruée vers la technique propre au Death n'a pas empêché le groupe de composer encore une fois une brève intro pour l'album - "Premonition..." - nous immergeant dans l'ambiance horrifique qui s'impose... Cela ne l'a pas empêché non plus de valoriser nettement le clavier dans certains morceaux, du moins suffisamment pour que cela reste du Metal Symphonique de qualité... L'exemple le plus flagrant demeure sans conteste "Harass Me", suivi de près par "Lucifer's Light", où le clavier est réellement à l'honneur (on notera une nouvelle fois que le début de "Harass Me" n'est pas sans évoquer, au moins l'espace d'un instant, l'intro du mémorable "Anthems To The Welkin At Dusk" d'Emperor). Notons également, d'après ce que nous avons dit précédemment, la présence d'une chanson de Samael - Into The Pentagram -, clairement reprise à la sauce atmosphérico-symphonique. Grâce au clavier, Luna Ad Noctum donne une nouvelle dimension non négligeable à ce morceau emblématique des Suisses, un raffinement appréciable.

Vous l'aurez donc compris, "Sempiternal Consecration" n'est pas vraiment un album de Black Symphonique grandiloquent... "Dimness' Profound" ne l'était pas, mais il avait un petit supplément atmosphérique agréable malgré l'agressivité affichée. Or, avec "Sempiternal Consecration", la violence prime désormais largement sur les atmosphères, et par extension sur une quelconque symphonie, tant le quatuor a voulu calmer les ardeurs du clavier. Voilà un album qui devrait, par conséquent, ravir les fans avides de Black Symphonique dévastateur, souvent reticents, sans être allergiques, à une surenchère de clavier. En résumé : vivement recommandé à ceux qui ont aimé des albums tels que "Ad Noctum - Dynasty Of Death" de Limbonic Art, "Spectral Transition - Dimension Sirius" de Sirius, ou à la rigueur, "The Spirit Of Rebellion" de Thyrane.

5 Commentaires

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BadaOfBodom - 12 Septembre 2010: Merci pour ce commentaire ! ;)

Oui, techniquement, "The Perfect Evil In Mortal" est très abouti, au moins autant que "Sempiternal Consecration". Le truc, c'est que "Sempiternal Consecration" est celui qui a le moins d'"âme", justement. Donc si tu trouves que le dernier n'en a pas, je doute que tu sois plus emballé par celui-ci...

En tout cas, moi, j'ai beaucoup aimé toute la discographie, avec un petit faible pour "Dimness' Profound" qui est le plus émotionnel de tous, à mon sens. Malheureusement, il perd un petit point en technique et en production, et se retrouve du coup au même niveau que "The Perfect Evil In Mortal"... :)
Apophis2036 - 30 Septembre 2010: Après 3 écoutes, je l'apprécie autant voire plus que Dimness Profound, skeud rondement mené et maitrisé avec ci et là des touches sympho qui me ravissent... comme quoi, l'on ne peut deviner par avance ce qui pourrait plaire à autrui, excepté ce qui nous déplaît le plus (en l'occurence les bouses atomiques) ;)
BadaOfBodom - 30 Septembre 2010: Ah, ouais, c'est marrant.

Bah écoute, il est pas mauvais ce "Sempiternal Consecration" vu que je lui ai quand même foutu une très bonne note... Ceci dit, je l'ai trouvé un cran en-dessous des deux autres productions de Luna Ad Noctum, peut-être parce que le clavier y est moins subtil, va savoir...

En tout cas, merci pour ton commentaire, et bonne écoute. ;)
Matai - 18 Juillet 2012: Je suis tombée par hasard sur des morceaux de Luna Ad Noctum sur youtube, et en particulier leur reprise de "Into the Pentagram" de Samael. C'est vrai qu'ils en ont fait une version plus atmosphérico/symphonique mais il s'avère que les Suisses ont fait de même en 1995 sur leur MCD "Rebellion". Alors je ne sais pas sur quelle version se sont basées les Polonais, mais finalement ils n'en sont pas si éloignés, leur cover est sensiblement de la même veine, si ce n'est l'intro, différente, et la voix, plus criarde.

Du coup, je te conseille les trois versions de Samael histoire que tu vois l'évolution (1991, 1995, 2010)
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