Sedna

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14/20
Nom du groupe Legenda Aurea
Nom de l'album Sedna
Type Album
Date de parution 2007
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album21

Tracklist

1. Intro 03:42
2. Vengeance 04:50
3. War Victim 03:56
4. Sedna 05:29
5. It's Over 04:44
6. Years of Coldness 05:10
7. Total Eclipse 04:23
8. Instrumental 03:59
9. As the Leaves Fly 04:48
10. Farewell 05:20
Total playing time 46:25

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Legenda Aurea


Chronique @ ericb4

07 Fevrier 2016

Premier regard, premiers émois et frissons garantis...

A l'heure où les formations metal symphonique majeures, à l'instar de Within Temptation, Leaves' Eyes, Xandria, et autres Epica, Nightwish ou Imperia, font valoir leur droits, d'autres plus discrètes s'insèrent dans cette mouvance, espérant à leur tour figurer dans le peloton de tête. C'est précisément dans cette dynamique créatrice qu'oeuvre un jeune quintet suisse, inspiré par l'ambiance énergisante et colorée de Visions Of Atlantis, partagé entre une empreinte rythmique dans la veine de Edenbridge et quelques séries d'accords et tracés mélodiques propres à Echoterra, avec des relents de Nightwish sur nombre de plans techniques et esthétiques. Animé par un élan d'inspiration fécond, à l'aune de cet introductif full length d'une dizaine de titres distribués sur un ruban auditif de trois-quarts d'heure, sorti chez Mindstorm Productions, le combo zurichois offre une immersive et rigoureuse production metal symphonique gothique avec une touche power, non sans rappeler Trophallaxy.

Avant toute chose, faisons les présentations. Cofondé en 2005 par Renato Trinkler (claviers) et Martin Roth (batterie), le groupe s'est rapidement octroyé les talents du bassiste Michael Herkenrath (ex-Dystera), du guitariste Odilo von Ins et de la chanteuse lyrique Claudia Hofer, mezzo soprano au timbre chatoyant, proche de celui de Melissa Ferlaak (Visions Of Atlantis, Echoterra). De cette fraîche collaboration émanent des compositions riches en arpèges, techniquement exigeantes et mélodiquement avenantes, mais non aguicheuses, ainsi qu'un jeu d'écriture où coule une fine plume. Bref, pour un premier essai, le collectif s'en sort très honorablement, dans le sens où on évolue au gré d'un propos déjà racé avec un souci du détail, que l'on perçoit tant dans les enchaînements inter pistes que dans les arrangements. Il y aurait cependant quelques petites faiblesses relatives au mixage et une qualité d'enregistrement relativement convenable à défaut d'être irréprochable. Mais, ces petits défauts de jeunesse participent aussi de son charme et nul doute que la troupe y veillera plus scrupuleusement dans un prochain effort. Quoiqu'il en soit, le confort auditif procuré par le skud n'a pas à souffrir de notes parasites, si ce ne sont quelques unes, qui émailleraient un message musical loin d'être sans mérites...

Le parcours auditif proposé réserve bien des surprises et a pour points communs de nous pousser à rester rivés sur une solide section rythmique et sur une assise oratoire lyrique d'excellente facture. La plupart des titres hypnotisent le pavillon par leur émoustillante cadence, leur accessibilité mélodique exempte de mièvrerie et leur sensibilité. Dans cette lignée, l'entraînant et rythmiquement mordant « War Victim » offre un chapelet de séries d'accords aux claviers bien distribuées et une lumière mélodique du plus bel effet et qui jamais ne s'affadit, à la manière d'Ebony Ark. Les orgasmiques modulations de la déesse font mouche dans tous les compartiments où elle se meuvent, non sans rappeler Manuela Kraller (ex-Haggard, ex-Nagor Mar). Difficile de passer outre, tant cette piste taillée pour les charts déploie de trésors d'ingéniosité harmoniques pour nous rallier à sa cause. Il en va de même pour son voisin, le fulminant et épique « Vengeance », laissant filer la cavalerie percussive dans une folle embardée avant de stopper net pour laisser les patines mordorées et angélisées de la diva nous happer sur les couplets comme sur les refrains, immersifs car légers à souhait. On ne peut que malaisément se soustraire à cette pièce d'une esthétique mélodique apte à provoquer un émoi en un fugace claquement d'olive. Brillant équilibre entre les forces en présence. Echanges permanents et cohésion groupale indéfectible sont les maîtres mots de cette rayonnante plage aux accents power avérés.

Par ailleurs, le collectif helvétique a panaché ses sources d'influence pour aménager d'autres passages tout aussi impactants et non moins offensifs, même s'ils s'avèrent un poil moins immédiatement extasiants. Tout d'abord, une massive rythmique et une diluvienne pluie de riffs nous écrasent tout de go sur le véloce et entraînant titre éponyme, « Sedna », sous couvert de nappes synthétiques feutrées. On suit alors les tribulations d'une sirène laissant onduler avec une parfaite maîtrise ses célestes impulsions au gré de ses envies sur un magnétique et original tracé mélodique, non sans rappeler Edenbridge. Sur les couplets, et plus encore sur les refrains, on ne manquera pas de headbanger frénétiquement, et de plus en plus au fil des écoutes, comme on le ferait chez Visions Of Atlantis. Inconsciemment ou non, on finirait par en devenir captif, l'émotion procurée ne tardant pas à nous submerger pour ne plus nous quitter. Plus encore, d'intarissables nappes synthétiques déroulent le tapis rouge aux riffs échevelés sur « Years of Coldness », vivifiant titre metal symphonique pur aux gammes souriantes, pouvant évoquer Echoterra. La belle élève d'un cran ses inflexions pour aller tutoyer quelques notes « qui tuent », sur une piste aux contrastes atmosphériques avérés et au cheminement mélodique quasi imparable. Si l'exercice des successions d'harmoniques oscillatoires est convenu, la mise en application, avec un iota d'inspiration et des arrangements effilés, s'avère très efficace.

Mais, lorsqu'il s'inscrit dans la veine quasi exclusive d'un Nightwish des premiers émois, quelque soit l'assise rythmique, le groupe s'avère redoutable d'efficacité concernant ses arrangements et la qualité de ses tracés harmoniques. On peut déjà l'observer sur le précieux « Total Eclipse », titre metal symphonique mélodique à l'explosive rythmique et aux riffs rugissants, où des perles de pluie synthétiques s'insinuent comme pour le sertir d'une rivière de diamants. Les impulsions tout en nuances de la déesse contribuent à magnifier un acte sculpté dans le bronze et savamment orchestré, dans la lignée d'un Nightwish de la première fournée. Bref, on se plait à se faire chahuter, voire souffler par les éléments organiques et percussifs tout en s'en remettant à notre dévouée rédemptrice pour nous sauver de la tourmente. Et que dire du démoniaque « As the Leaves Fly » ? Secouant instant au riffing resserré et à la rythmique frondeuse, ce charbon ardent nous projette soudain dans les bras rassurants des angéliques volutes de la maîtresse de cérémonie, elle-mêmes calées sur une feutrine synthétique aux ondulations quasi oniriques. Mais, lorsque le convoi orchestral se met en branle, nul ne peut plus l'arrêter, ne nous laissant alors aucun répit, tout en se prévalant de portées aux sereines harmoniques. On a là également un vivifiant appel d'air dans la ligne atmosphérique de Nightwish. Mais encore, une délicate flute samplée nous accueille sur « Farewell », chevaleresque morceau heavy symphonique à la rythmique syncopée, où les magistrales gradations oratoires de la diva ravissent le tympan sur les couplets. Dans le sillage de l'illustre maître inspirateur, les arrangements effilés autorisent le déploiement d'un chapelet de nappes synthétiques qui se superposent tout en se complétant, dans une atmosphère luminescente et selon un cheminement harmonique infiltrant, qu'on ne quitte qu'à regrets.

Le spectacle proposé serait déjà à la hauteur de bien des espérances jusque là. Toutefois, le combo zurichois ne s'est pas contenté exclusivement d'espaces metal symphonique vocalisés pour nous rallier à sa cause. Il nous convie également à deux passages instrumentaux qui ont leur raison d'être, ou, pour le dire autrement, qui n'ont pas pour vocation de jouer la carte d'une pâle figuration, loin s'en faut. Ainsi, une lead guitare au picking au taquet nous électrise littéralement sur « Instrumental », piste éminemment technique sur fond de rythmique plombante. Un serpent synthétique aux ondoiements permanents et de plus en plus virulents resserre ainsi ses anneaux autour d'une fulminante guitare qui ne lâche pas non plus l'étreinte. Un véritable ballet des maîtres instrumentistes s'observe, dont on ne perçoit toutes les ficelles qu'au bout de bien des passages, signe d'un degré de technicité éprouvé du combo et de sa capacité à nous encenser pour nous inciter à remettre le couvert. Même topo pour « Intro », où une progressive assise metal symphonique se déploie, initialisée par un texte oralisé, à la façon de Nightwish, prélude à un épique et émouvant voyage au pays de cocagne. Bref, un compartiment privilégié de leur message musical où ils se montrent particulièrement à leur aise, qu'ils communiquent avec tact et maestria. Mais la messe n'est pas encore dite...

Aurait-on gardé le meilleur pour la fin ? Pour les amateurs de moments intimistes à la forte charge émotionnelle, ils y trouveront de quoi se sustenter sur l'unique ballade de l'opus. Et quelle ballade... Une cristalline et fluide guitare acoustique nous introduit sur un joyau à l'aune de « It's Over », intense power ballade représentative d'une bombe d'émotions en puissance. Moment en apesanteur où un romantique et angélique duo mixte en totale osmose laisse la magie opérer. Comment résister à la féérie des arpèges distillés et à cette empreinte harmonique d'une grande élégance sur cet instant tamisé aux allures de slow qui emballe ? On s'y abandonne d'autant plus à l'abord d'un solo de guitare bien amené, au picking redoutable d'efficacité et tout en finesse. Un modèle du genre, qui pourrait bien faire école...

Au final, on ressort de l'écoute de l'opus agréablement surpris par une jeune formation ayant su maintenir l'intérêt de son auditorat intact de bout en bout. S'il lui faudra encore bien digérer ses courants d'influence pour exister, la valeureuse troupe n'en a pas moins sculpté ses propres lignes mélodiques, des gammes et des arpèges infiltrants, quelques passages techniques en substance mais sans ostentation, et sachant assurer un équilibre entre parties instrumentales et vocales que certains pourraient bien lui envier. Certes, l'exercice, dans son ensemble se veut classique, sans réelle prise de risques, mais la stratégie de la sécurité stylistique et atmosphérique semble plus efficiente pour un premier jet d'envergure. Le combo l'a bien compris et, ce faisant, nous offre la quintessence de ce qu'une formation de son acabit peut octroyer dans un registre metal en plein essor et déjà couru par une concurrence aux dents de plus en plus longues. Avec de telles armes à son actif, dans ce propos exempt de tout déchet, nul doute que nos acolytes pourront élargir le champ d'un auditorat déjà sensibilisé aux travaux de leurs illustres prédécesseurs. A notre tour, on ne prend donc aucun risque à se laisser porter par ce flow, dans ce défilement de paysages de notes aussi jouissifs que souriants...

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