Ellipsis

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15/20
Nom du groupe Legenda Aurea
Nom de l'album Ellipsis
Type Album
Date de parution 06 Mars 2009
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album21

Tracklist

1. Reflections 04:19
2. The Root 04:48
3. Parasomnia 04:47
4. F44.8 07:27
5. Discouraged 05:38
6. Abscondence Pt. I 04:26
7. Superbia 04:45
8. Outbreak 05:17
9. Abscondence Pt. II 06:53
10. Purgatory 06:26
11. Resurrection 08:23
Total playing time 1:03:09

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Legenda Aurea


Chronique @ ericb4

04 Fevrier 2016

Un bien grisant message musical concocté par le collectif helvétique...

Une étrange et insoupçonnée force créatrice nous parvient des terres indomptées du fier Etat helvétique. Animé par une soudaine énergie témoignant d'un élan d'inspiration fécond, Legenda Aurea n'a pas failli à sa tache et revient dans la course, grandi de ses expériences scéniques et studio passées. Et il n'aura pas fallu patienter longtemps pour voir émerger le second album full length des cartons du combo suisse. En effet, moins de deux ans après un invitant « Sedna », nous est octroyé un bien plus imposant et infiltrant « Ellipsis », grasse rondelle de plus d'une heure laissant filer onze titres aussi émoustillants qu'enchanteurs. Et ce, dans un registre power symphonique et mélodique assorti d'une touche gothique. On évoluerait ainsi à la croisée des chemins entre les captateurs élans percussifs et les ambiances colorées de Visions Of Atlantis, une empreinte harmonique et stylistique dans le sillage d'Ancient Bards, quelques touches mélodiques empruntées à Elis et une assise rythmique proche de Lunatica. Mais, au-delà de ses sources d'influences, le groupe a su imprimer sa marque de fabrique sur chacune de ses compositions et sur chaque ligne de ses textes, pour un voyage au long cours des plus vibrants et, surtout, des plus émouvants.

Pour ce faire, le quintet a opéré quelques changements relatifs à son line up originel. On y retrouve le cofondateur et claviériste Renato Trinkler, le guitariste Odilo von Ins et le bassiste Michael Herkenrath (ex-Dystera). Par contre, Martin Roth, batteur et membre cofondateur, dès 2008, a cédé la place à Philipp Heichenberger (Kirk, ex-Dissident, ex-Moribund, ex-PX-Pain). Quant à la frontwoman Claudia Hofer, celle-ci s'est effacée la même année derrière Simone Christinat, émérite soprano déjà connue pour avoir antérieurement oeuvré chez Elis et Felony. Fort de cette nouvelle mouture, le collectif a dispensé de solides compositions et des paroles finement accouchées, avec une élégante fibre technique, sans surenchère en joutes instrumentales, et une esthétique mélodique difficile à prendre en défaut. Pour une mise en valeur optimale du produit, on aurait peut-être souhaité un mixage plus équilibrant et des enchaînements plus aboutis, même si l'enregistrement en soi n'est pas de mauvais aloi. Mais, rien de rédhibitoire qui n'entrave le désir d'entrer dans la danse...

Un kaléidoscope d'ambiances s'observe dans cette emphatique ronde des saveurs. Là où le combo excelle et y imprime aisément sa signature, la magie n'a aucun mal à opérer. Et c'est précisément dans le secteur des up tempi d'inspiration power symphonique mélodique qu'il remporte ses premiers points, et de quelle manière... A commencer par l'entame de l'opus, où un lipidique et vrombissant up tempo nous attend, à l'instar de « Reflections », titre metal symphonique mordant où les riffs écorchent le tympan, contrastant avec les voluptueuses et cristallines inflexions de la douce. Un morceau qui nous replonge quelque peu dans l'ambiance ravageuse de leur premier opus. Des nappes synthétiques tapissent telle une toile d'araignée une assise orchestrale en liesse, d'où s'extrait un petit solo de guitare sur un pont, relayé par les rassurantes ondulations de la belle engagées sur une ligne mélodique apte à recueillir l'adhésion. Par ailleurs, une furieuse lead guitare est au corps à corps avec un vénéneux serpent synthétique sur « Abscondence Pt. I », piste vivifiante d'obédience power symphonique, dans la lignée de la démo d'Ancient Bards. Déroutant sur les couplets, le titre ne ratera pas son effet sur le refrain, judicieusement mis en relief par les claires inflexions de la diva. Un solo de guitare au délié alerte vient enjoliver un ultime pont technique, avant que l'on ne plonge d'un coup dans le néant. On ne sera pas en reste non plus sur « The Root », où une fuligineuse entame aux riffs incendiaires nous immerge au cœur de cet entraînant instant d'obédience power symphonique, d'où de fines gouttes de pluie d'un piano bien inspiré s'extirpent pour nous accompagner tout le long. En outre, des couplets bien sculptés nous conduisent à des refrains luminescents, dans la lignée d'Elis. Un break opportun autorise une soudaine reprise sur le refrain, d'où des vocalises haut perché viennent nous lécher le pavillon pour mieux nous séduire, et la sauce ne tarde par à prendre. Carton plein, donc, dans ce compartiment.

Lorsqu'il ralentit un poil la cadence, densifie son paysage rythmique, alourdit ses frappes, laisse feuler ses riffs, le groupe parvient à nous aspirer dans un tourbillon de variations aptes à nous émouvoir plus que de raison. Ainsi, le mid tempo alternatif aux riffs virulents et à la rythmique plombante, « F44.8 », titre heavy symphonique emphatique aux allure de fresque, non sans rappeler Visions Of Atlantis, offre une traversée plutôt agréable, servie avec les honneurs par une dame au top de sa forme, se calant cette fois et avec brio dans les médiums et dans un sillage mélodique féerique. Tout naturellement, les refrains à la lumière mordorée s'impriment et ne nous quittent plus, tout comme le solo de guitare, soufflant de précision et aux accords ultra efficaces. De son côté, l'entraînant et imposant « Discouraged » laisse crailler ses riffs et vrombir sa rythmique, sur un cheminement harmonique engageant, sous-tendu par quelques agréables gammes au piano. Plus encore, on ne restera pas de marbre longtemps lorsque la déesse, à la manière d'Isgaard, fait jaillir avec maestria ses célestes envolées sur le refrain. Dans la droite lignée d'Elis, le tout évolue sur une ligne mélodique sécurisante, sans mièvrerie aucune, juste en finesse, indice révélateur de portées savamment élaborées où les notes n'ont d'autre alternative que de tomber pile pour que la charge émotionnelle soit la plus intense possible. Et la magie opère sur un titre éminemment taillé pour les charts. Par ailleurs, une rythmique syncopée et des riffs crochus nous invitent à entrer dans l'ambiance enjouée du bien-nommé « Superbia », d'où d'innombrables gammes pianistiques rayonnent, au fil d'un cheminement mélodique souriant, dans le sillage de Lunatica, à l'image de « New Shores », sans se départir d'Elis. Un pont où roulent les frappes et rugissent les guitares s'engage un temps avant de se faire happer par les angéliques vibes de la déesse sur le refrain, immersif à souhait. On regrettera une césure radicale venant interrompre le fil de la plantureuse piste. Ce serait sans compter sur un riffing échevelé qui, par contraste, vient nous agripper le tympan sur « Resurrection ». Des perles de pluie d'un délicat piano nous attirent sur cette colossale fresque de l'opus. Ce titre heavy symphonique à la rythmique massive sait ménager ses effets de surprise, alternant ses plans percussifs, avec un tapping en pointillés, tout en veillant à conserver une cohérence mélodique, habilement mise en habits de lumière par la maîtresse de cérémonie. Un saisissant et progressif pont technique laisse s'exprimer une lead guitare hurlante mais au tracé monocorde, pour finir pianissimo...

Le combo a su également y adjoindre une patte gothique dans ses gammes, conférant une ambiance énigmatique partielle à son propos. D'une part, des roulements effrénés de tambour conjugués à des riffs féroces nous plongent dans les troublants méandres atmosphériques de « Parasomnia », titre power symphonique gothique au tracé mélodique savamment dessiné. Des variations de tonalité s'inscrivent dans une mouture globale nuancée, dans la veine de Visions Of Atlantis, seconde période. A la sirène de parachever de nous convaincre de rester rivés aux arpèges captateurs de cette plage magmatique. D'autre part, des nappes synthétiques relayées par des riffs corrosifs nous étreignent sur le véloce « Outbreak », morceau metal symphonique gothique, un poil dark, techniquement complexe où la belle souvent se fait rejoindre par une growleuse et inquiétante présence. Lorsque les chevaux sont lâchés, l'orage orchestral gronde, et plus rien ne semble arrêter la cadence infernale d'un titre placé sous le signe d'une incandescente atmosphère. Dommage cependant que le sur-mixage de l'instrumentation soit aussi prégnant. On appréciera toutefois un petit solo de guitare sorti de terre sur un bref pont, prestement rattrapé par la belle avant une clôture on ne peut plus brutale de la pièce.

Pour ouvrir encore le champ des possibles stylistiques, le collectif helvète nous projette dans une pièce instrumentale d'envergure et fort bien distribuée entre les parties en présence. Une rythmique souple, syncopée et progressive environne « Purgatory », agréable et surprenant instrumental où une frondeuse lead guitare joue à cache à cache avec des claviers taquins. Un picking bien enlevé se charge d'assurer la liaison sur ce voyage haut en couleurs synthétiques et au riffing qui, peu à peu, resserre son étau. Une véritable symbiose transparaît de ce bain orchestral aux diluviens remous, d'où de lumineux arpèges du maître instrument à touches ne manqueront pas de nous rallier à la cause d'une piste aussi complexe qu'inattendue, mais terriblement propice à un déhanché subreptice. Bref, un instrumental qui a toute sa raison d'être.

Les aurait-il oubliés, ses mots bleus ? Certainement pas et c'eût été un grand tort de les passer sous silence. De somptueux arpèges introductifs au piano sont octroyés sur « Abscondence Pt. II », délicieuse et très émouvante ballade, sachant alterner de soyeux couplets et des refrains flirtant avec le firmament. Un exercice de style où la déesse s'abandonne totalement à son art, distribuant ses sublimes modulations au gré de son inspiration, avec grâce et volupté. Un frénétique violon s'insinue en creux au fil d'une lente mais certaine progressivité orchestrale avant la survenue d'un break à fleur de peau. Au maître instrument à touches de faire valoir ses droits et d'emboîter le pas, se faisant rejoindre par la voie des airs par de divines coulées oratoires. Tenter de résister à ce délectable souffle éolien serait pure hérésie.

Résultat des courses : on se plaît à parcourir la roborative rondelle, à y revenir, et ce, toujours avec le même plaisir. A la lumière de quelques écoutes plus attentives, on décèle les arcanes d'une œuvre regorgeant de détails architecturaux et de séries de notes passées au peigne fin, synonyme d'un groupe ayant soigné son travail de studio tout en veillant à une parfaite cohésion groupale. Pour le dire autrement, ce propos a su se laisser le temps de la maturité à ses gammes comme à ses arpèges, tout en relevant le défi de combiner une technique instrumentale éprouvée et une flamboyance mélodique de tous les instants, même si, par moments, on aurait l'étrange sentiment de se faire débouter. Malgré quelques flottements logistiques et des finitions encore perfectibles, cette seconde livraison tient toutes ses promesses sur les plans atmosphérique et rythmique avec, en prime, une empreinte vocale éblouissante qui, assurément, ne laissera pas insensibles les fans de metal symphonique à chant féminin lyrique. Aussi, à l'aune de cette encourageante offrande, le combo zurichois peut déjà s'afficher comme une valeur montante d'un registre metal qui n'a de cesse de faire des émules. En simplifiant encore la transcription de ses portées tout en arrondissant certains angles techniques, l'impact auditif en sera d'autant plus immédiat, et autorisera probablement au valeureux collectif l'accès au rang de formation confirmée. Peut-être à l'issue d'un troisième méfait, qui sait ?...

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Sonadenn - 04 Fevrier 2016: Merci Eric pour cette chronique.
Un album que j'irais certainement écouter au vu des références citées. Les titres sont assez longs et au vu de ce que tu en dis me semblent variés sans susciter l'ennui. A écouter donc.
ericb4 - 04 Fevrier 2016: Merci à toi. Oui, on détient là un album aux multiples qualités techniques et esthétiques. Malgré la regrettable désaffection de Claudia, l'empreinte vocale de Simone Christinat permet au groupe de continuer à oeuvrer sereinement sans y perdre son identité stylistique originelle. Deux personnalités complémentaires, en quelque sorte et qui témoignent de la capacité du groupe à choisir avec soin ses frontwomen. Quoiqu'il en soit, on va assurément dans la bonne voie, à l'instar de cette flamboyante offrande...
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