Encore discret sur la scène metal mélodique locale et quasiment inconnu au-delà de ses frontières finlandaises natales, le jeune quintet, créé il y a un an à peine et originaire d'Oulu, cherche indéniablement sa voie autant qu'un auditoire plus étoffé à rallier à sa cause. Aussi, ayant à son actif une modeste démo intitulée «
My Sweet Serpentine » (2013), le collectif a enchaîné cet initial et laconique EP, quelques mois après, espérant élever le niveau de ses prérogatives et livrer une œuvre un tantinet moins balbutiante. Ainsi naquit "
Seas of Gold", auto-production de 3 titres égrainés sur un ruban auditif d'un petit quart d'heure d'un metal mélodique, un poil heavy symphonique, énergisant et harmoniquement grisant, dans la veine de formations majeures telles que
Rhapsody,
Dream Theater,
Serenity ou
Sonata Arctica. Encore quelques notes résiduelles et un mixage à équilibrer davantage seraient toutefois à reconsidérer pour une optimale mise en valeur des compositions de nos acolytes, au demeurant bien inspirées et aux textes finement élaborés et agréablement restitués.
Dans un premier mouvement, le propos du combo finlandais s'est montré vivifiant, sans débordements ostentatoires, ni artifices, tout en distillant une empreinte mélodique identifiable, même si quelques arpèges échappés çà et là donneraient un étrange sentiment de déjà vu. Ce faisant, quelques accords effilés à la guitare acoustique introduisent «
Seas of Gold », entraînante piste metal mélodique à la patte heavy, dans l'ombre de
Rhapsody sur le plan de la dynamique rythmique,
Dream Theater quant à la dissémination de la fibre atmosphérique, avec un zeste de
Serenity sur l'axe mélodique. Si les lignes de chant, un peu étouffées par une orchestration omniprésente et pléthorique, témoignent d'un sous-mixage partiel mais persistant, la voix claire de Markus Jussila se marie parfaitement au jeu de guitare bien resserré qu'il livre lui-même, avec un petit solo en substance loin d'être sans inspiration. Les gimmicks proposés ont pour corollaire un habile délié et une descente de manche particulièrement efficiente. De plus, le tracé mélodique s'avère plutôt engageant, notamment sur le refrain, quoique quelque peu convenu.
Le groupe marque également quelques points sur deux passages au tempo ralenti, secteur où il semble à son aise. Ainsi, de jolies gammes à la guitare acoustique entament «
A Premonition », mid tempo aux riffs graveleux, dans la mouvance de
Sonata Arctica sur le cheminement harmonique. Plutôt invitant sur les couplets et immersif sur le refrain, ce morceau offre de sémillantes séries d'accords ainsi que des variations de tempo bien amenées. Le timbre de voix proche de Tony Kakko de l'interprète nous plonge conjointement dans une sulfureuse ambiance, corroborée à des blasts bien sentis et des rampes à la lead guitare du plus bel effet. Par ailleurs, un troublant piano/guitare nous embarque sur le délicieux et raffiné « My
Bride in
Sorrow », mid tempo metal mélodique aux couplets bien customisés enchaînant avec des refrains redoutables d'efficacité, comme pourrait nous les octroyer un
Sonata Arctica des premiers émois. Le tout assisté de la présence de l'organe velouté de Markus Suivant. A l'aune d'un heureux sillon creusé dans un serein vallon encaissé, on se laisse porter par la chatoyance d'un saxo aux sonorités jazzy, combinées à l'indéfectible assise riffs corrosifs/rythmique de plomb dispensée. Itou, on appréciera notamment la progressivité du déploiement de la charismatique orchestration. Dommage que le son soit aussi compressé, nous privant d'un effet de relief du champ acoustique pour lequel quelques passages instrumentaux ne se seraient pas opposés, loin s'en faut.
Le tour du propriétaire une fois achevé, on aura pu observer le potentiel du groupe, tant par les qualités de compositions que par les compétences mélodiques et techniques de ses membres. On comprend qu'il conviendrait de les valoriser par une production logistiquement plus aboutie. De plus, encore proche de ses modèles identificatoires, le combo peine à s'en affranchir pour exister par lui-même. Peu de diversité atmosphérique, rythmique, harmonique et vocale ressort également de cette menue rondelle. On conseillera donc cette livraison aux amateurs des groupes de référence, à condition de ne pas céder à la tentation de la comparaison, pour le plaisir de la découverte, tout simplement. On attend maintenant confirmation de la capacité de la valeureuse troupe à se dépasser pour nous octroyer un album full length, format où elle pourra y trouver un bien plus large terrain d'expression artistique...
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