Suite à son premier album, au deathmetal dans les règles de l'art,
Seance change partiellement la donne. Jensen et ses mêmes acolytes retournent aux Berno Studios en été 1992, à la recherche d'un son plus claquant pour leur nouvel effort.
Saltrubbed Eyes sort en fin d’année chez Black Mark, muni d’une pochette rompant justement avec les traditionnels clichés de Dan Seagrave, annonçant les nouvelles ambitions du quintette suédois.
A l’inverse de
Cemetary qui oriente son deathmetal vers un spleen plus mélancolique,
Seance s’affirme quant à lui en lâchant un deathmetal plus radical.
Saltrubbed Eyes est volontairement brutal et tapageur, dominé par ses rythmiques agressives, où la basse de Bino tient une place prépondérante, avec un son saturé & ronflant, mixé à hauteur des guitares. Le couple basse / batterie fait ainsi des ravages sur les titres Angelmeat et Saltrubbed, au déluge de roulements de grosse caisse et de riffs de basse terrassants, bénéficiant du renfort des guitares tranchantes de Tony & Jensen et de la voix bourrine de Johan, augmentant la puissance d’un cran.
Parallèlement,
Seance injecte quelques samples renforçant l’atmosphère particulière de son album somophore.
Saltrubbed Eyes contient toutefois moult structures et riffs similaires, que le superbe instrumental Hidden Under Scars parvient à briser d'un coup de lame. Ce morceau, véritable condensé de deathmetal d'une subtilité et d'une lourdeur imparables, alternant riffs de basse, guitares assassines et passages acoustiques, donne un contraste formidable entre sa brutalité écrasante et la finesse de ses mélodies.
Grâce à son style technique et imposant, avec une basse saturée très en avant,
Seance forge un deathmetal plus typé, malgré tout moins ambiancé que son premier effort, qui vieillit tellement bien sur ma platine.
Saltrubbed Eyes dégage en tous cas une force et un climat uniques, qui lui donnent tout son caractère, sans compter son superbe morceau Hidden Under Scars, l'une des plus belles pièces que le deathmetal ait su offrir à ce jour.
FABIEN.
Oui. Le parallèle est intéressant. Dreaming in Red de Dismember & Saltrubbed Eyes, sortis cette même année 1993, sont effectivement tous deux tirés vers le haut grâce à un titre final absolument fabuleux. Concernant le retour actuel de Seance, il reste comparable à celui de Thanatos, Resurrection ou Pestilence. Leurs albums « come-back » sont de bonne qualité, renfermant chacun un côté thrash assumé. Ils ne pètent toutefois pas la baraque, ni ne recréent la magie des précédentes galettes. A mon sens, ces retours sans grande vague doivent avant tout intéresser les deathsters nostalgiques de la première époque. J’y trouve personnellement mon compte, plus particulièrement chez Pestilence. ++ FABIEN.
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