Au cours de l'un de ces examens brillants dont les chroniqueurs patentés ont le secret, et que le commun des mortels nomment très justement un coup d'œil, l'annaliste aguerris, sachant lire donc, se rendra assez vite compte que la colonne vertébrale du groupe américain
Phantom-X est constituée de quelques cadors. Et non des moindres, puisque parmi eux on comptera, entre autres, Kevin Goocher, chanteur emblématique du non moins emblématique
Omen, Danny White, ancien batteur du légendaire
Omen ou encore Glenn Malicki, ancien bassiste du mythique
Omen. A tout ce petit monde il faudra rajouter le guitariste Eric Knudson pour enfin obtenir l'ensemble des acteurs coupables de ce premier méfait. Un premier méfait baptisé
Rise of the Phantom et sorti en cette année 2005 sur le label
Mausoleum Records.
En constatant la double appartenance de certains des musiciens ici présents, l'idée sournoise, mais délicieuse, que l'une des formations aurait pu avoir déteinte sur l'autre était bien trop tentante pour ne pas être envisagée. Malheureusement il n'en sera rien puisque
Phantom-X n'évoluera pas tout à fait dans le même registre qu'
Omen. Epuré de ces accointances épiques, de ce traditionalisme qui sied tant à l'autre et bien moins influencé par la NWOBHM, ce dixième esprit, à moins que ce ne soit un revenant x, n'aura pas l'avantage des charmes de ce Heavy
Metal britannique. Mais aura-t-il au moins celui du reste de l'
Europe dont il semble davantage s'inspirer?
Pas sûr...
Storms of
Hell (Chapter 1), premier chapitre d'une longue histoire racontée au sein des œuvres de ce groupe (une idée déjà exploitée par d'autres), est une piste intéressante. Plutôt vive et enlevée, elle est pourvue d'un refrain pas nécessairement des plus originales mais qui fonctionnent parfaitement. Les quelques voix plus graves et gutturales, présentes dans ce break inquiétant, qui viennent la ponctuer lui donne un charme supplémentaire. Les 2ième, 3ième et 4ième chapitres de ce conte sont eux aussi à découvrir ici à savoir, respectivement, le sombre et menaçant
Rise of the Phantom, le très court instrumental Discovery et le véloce The
Mask.
Notons aussi ici la présence de
Jason McMaster (
Watchtower,
Dangerous Toys) sur un furieux
Pain Machine aux allures proche d'un
Judas Priest période Painkiller introduit par un instrumental cybernétique Nekron 9000.
Metal Warrior est, quant à elle, une piste écrite à la mémoire du regretté Dimebag Darrell (
Pantera).
Evidemment dans cet opus, il y a de bonnes choses. De très bonnes choses mêmes. Mais malheureusement, il y a aussi beaucoup de morceaux qui sans être atroces, loin s'en faut, n'éveilleront pas vraiment les esprits engourdis par ce spectacle morose et ce même si Kevin Goocher et sa voix rauque un peu à la Chris Boltendahl (
Grave Digger) et à la, feu, Ronnie James
Dio essaye, tant bien que mal, de faire ce qu'il peut pour donner à ce disque une certaine tenue. Mais rien n'y fait. Prenons par exemple, Plenty
Evil et ses riffs nous évoquant immanquablement Silverchair et son Freak, qui est un parfait exemple de cette léthargie dans laquelle nous plonge ce disque.
Du bon, du moins bon mais, malheureusement, rien de transcendant et au-delà d'un certain point, tout ici finit par nous traverser sans jamais véritablement nous marquer de son empreinte inaltérable. Dommage.
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