Revelations of Oblivion

Liste des groupes Death Thrash Possessed Revelations of Oblivion
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Nom du groupe Possessed
Nom de l'album Revelations of Oblivion
Type Album
Date de parution 10 Mai 2019
Labels Nuclear Blast
Style MusicalDeath Thrash
Membres possèdant cet album39

Tracklist

1.
 Chant of Oblivion
 01:53
2.
 No More Room in Hell
 04:32
3.
 Dominion
 04:25
4.
 Damned
 05:00
5.
 Demon
 05:16
6.
 Abandoned
 05:20
7.
 Shadowcult
 04:43
8.
 Omen
 06:41
9.
 Ritual
 04:47
10.
 The Word
 05:09
11.
 Graven
 04:19
12.
 Temple of Samael
 01:49

Durée totale : 53:54


Chronique @ LeMoustre

13 Mai 2019

Holy Possessed

En voilà un retour discographique inespéré ! Ayant établi quelques bases fondatrices de toute la musique extrême dès 1985 avec l'intemporel Seven Churches, aux côtés d'autres pères fondateurs de ces années là (Chuck Schuldiner, Thomas Fischer et d'autres que chacun aura à loisir d'ajouter dans d'éventuels commentaires à la suite de ces quelques lignes), Jeff Becerra ressuscite son Possessed. Alors, oui bien sûr, les apparitions live de la formation, aujourd'hui reconstituée avec Emilio Marquez, Daniel Gonzalez, Claudeous Creamer et Robert Cardenas tous issus de formations expérimentées (Gruesome, Engrave, Agent Steel...) entretenaient l'espoir avec affection et nostalgie, et les quelques sorties plus ou moins officielles et anecdotiques entre 1986 et ce jour corroboraient que, non, décidément, Possessed ne pouvait laisser sa discographie inachevée et bancale : entre l'inaugural, devenu au fil des ans référentiel, Seven Churches et le décevant Beyond the Gates paru un an plus tard c'était un peu le grand écart stylistique et qualitatif, chose en partie réparée avec le bon E.P. The Eyes of Horror avant un split que l'on pensait définitif. Le groupe et son premier album devinrent objet sinon de dévotion, à minima de référence aidé en cela par Internet et son réseau d'informations remontées du passé. La légende alors en marche, on ne comptera plus le nombre de groupes se réclamant de la formation Californienne durant les trois dernières décennies.

Seul membre d'origine subsistant de sa première période, Jeff Becerra possède sans nul doute une qualité indéniable, celle de savoir s'entourer. Une fois retiré le fourreau noir cartonné de la version CD reprenant l'iconographie utilisée pour son premier album, l'acheteur découvrira l'illustration superbe de Zbigniev Bielak qui nous refait le coup du Overtures of Blasphemy de Deicide avec références chères au groupes et moultes détails révélateurs. Outre l'illustrateur idoine, le mixage de Peter Tagtgren aux Abyss Studios est tout simplement parfait, fidèle à l'esprit de Seven Churches version nouveau millénaire et ôtant ainsi les craintes d'un Beyond the Gates n°2 toujours possible. Enfin, les musiciens (et Daniel Gonzalez de Gruesome - tiens, tiens - en tête écrit seul ou co-écrit la plupart des titres avec Becerra), prouvent si besoin était qu'une osmose est nécessaire pour faire revivre vigoureusement les fantômes du passé. Le titre lâché en avant-première ("No More Room In Hell", excellent et positionné en tête de gondole après une introduction cinématographique judicieuse) a non seulement rassuré les fans, mais a aussi éveillé l'intérêt de chacun ayant pu ne pas croire à une vraie résurrection. Car, oui, sans y aller par quatre chemins, Possessed a enfin pondu en 2019 l'album espéré depuis la parution de Seven Churches.

Sans pour autant renouveler fidèlement son style comme a pu le faire Celtic Frost en 2006 avec succès, Becerra et ses acolytes ont su, par les 10 morceaux que composent l'album (plus l'intro déjà évoquée et une outro qui permet de digérer la bête, l'air repu) redonner vie au groupe après un trop long hiatus. Un peu comme Carcass en 2013 ou Pestilence avec le récent Hadeon, mais avec sensiblement plus de talent et surtout de conviction. Avec classe et doté d'une efficacité à toute épreuve, l'album magnifie les idées trop longtemps enfouies et porte l'âme Possessed à un niveau insoupçonné. Les compositions, particulièrement implacables, à base de riffs tantôt foncièrement death, tantôt pimentées du thrash le plus pur défilent ainsi à rythme (très) soutenu, agrémentées par la diction mordante et foisonnante si reconnaissable de Becerra. Les fans de roulements de toms seront aux anges et, sans répit, chaque morceau s'enfonce inexorablement dans le cerveau au bout de deux/trois écoutes. Les soli de la paire Gonzalez/Creamer (particulièrement réussis sur "No More Room In Hell", "Dominion", "The Word" ou "Omen") aèrent la chose avec classe et apportent un réel plus. D'un album homogène et d'un niveau très élevé en qualité, vicieux comme une hyène affamée, on retiendra aussi les lignes mélodiques vocales des couplets de titres comme "Dominion", "Shadowcult", "Ritual" ou "Demon", les refrains de "Damned" ou de "Shadowcult", des textes bourrés de références passées (voire personnelles pour Becerra témoin la tirade "No One Cares About Your Disease, I Will Bow To No God" de "Demon" qui émeut lorsqu'on connaît le passé personnel abîmé du bonhomme), la réverbération au micro maintes fois utilisée de nos jours recréée pour l'occasion, ou le fantastique "Abandoned" aux riffs alternant thrash et death mémorables et d'apparence si consanguins, ou un "The Word" assassin. Chaque titre possède ainsi sa griffe, et imprime de sa patte (le bavard "Omen", titre le plus mélodique du lot construit pour mettre en avant des textes déclamés par Becerra) un album en tous points inattaquable.

Faisant le pont entre la magie intemporelle de Seven Churches et l'incision propre à The Eyes of Horror, Revelations of Oblivion le bien nommé constitue un retour inespéré, une vraie Madeleine de Proust pour les fans, mais aussi un abécédaire du thrash/death actuel. Ô combien jouissif, cet album recentre le débat entre les deux genres si cousins, et ne pourra que faire l'unanimité auprès des fans d'extrême au sens large. Réellement abouties et mémorables, les compositions forment un magma à l'équilibre magique, qui propulse l'album tout en haut des sorties de l'année à ce stade. Possessed le maudit atteint ici son Graal, et ce n'est pas l'hymne "Graven" (dont on imagine le début incantatoire hurlé à pleins poumons par les fans) ou le déchaîné "Ritual" qui altéreront le culte porté à ce groupe, à nouveau en odeur de sainteté de toute la scène extrême. Que c'est bon !



17 Commentaires

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JeromeG - 15 Mai 2019:

Arioch91 - Perso je suis content que Possessed ait évolué, singer le passé ne donne en général que des choses pour la nostalgie et non des oeuvres singulières et marquantes.

Arioch91 - 15 Mai 2019:

JeromeG : tu n'as vraisemblablement jamais écouté Undead Prophecies ^^

JeromeG - 15 Mai 2019:

Je ne parlais pas spécialement de Undead Prophecies ;o) Ils sont efficaces et j'ai hésité à commander leurs albums d'ailleurs, mais je me suis rendu compte assez vite que j'allais m'en lasser, j'ai penché plutôt pour Entrails, Beast "Raging Death" ou le "Godconstruct" de Lifeless, car même s'ils n'inventent pas grand choses eux non plus, je les trouve plus imprégnés du feeling des années 90, du moins celui qui me convient. Mais bon, on s'éloigne du sujet ^^ si Possessed fait vibrer la fibre Old School, ça n'en demeure pas moins un album bien d'aujourd'hui qui s'écoute comme tel ;o)

eclectic - 16 Mai 2019:

Dès "Shadowcult", j'ai été conquis. Beccera sait exactement placer sa voix, et pourtant la position assise ne facilite pas la respiration...Ce riffing technique mais pas trop, ces roulement de toms et cette basse assez présente...Moi, il ne m'en faut pas plus !

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