Certaines formations deviennent célèbres en proposant une musique fortement influencée par d’autres groupes plus anciens. Au contraire d’autres restent inlassablement dans l’ombre des maitres du genre. Cette deuxième option va à ravir à
Drawn and Quartered. En effet D&Q est souvent considéré à tort comme un vulgaire clone d’
Immolation ou d’
Incantation. Il est vrai que certaines ressemblances sont frappantes mais je me dois de tenter de rétablir tout le mérite de ce combo à travers ce papier.
Drawn and Quartered se forme aux Etats-Unis (Seattle) en 1993. Il faut ensuite attendre six années avant que le groupe ne sorte son premier opus, «
To Kill Is Human » , bon album de death métal mais sans grande prétention. «
Extermination Revelry » voit ensuite le jour en 2003. Ce dernier propose un death métal sombre, blasphématoire mais non dénué de mélodie et de puissance et révèle le groupe auprès d’une très petite partie du public underground.
Sans se laisser décourager par ce manque de reconnaissance, nos quatre américains retournent en studio seulement un an après pour nous pondre le successeur d’ «
Extermination Revelry » intitulé «
Return of the Black Death ». Et on ne change pas une équipe qui fait du bon boulot ! En effet, le line-up reste inchangé, le label
Moribund Records est toujours au rendez-vous et le lieu d’enregistrement est également le même qu’un an plus tôt, à savoir l’
Autopsy Room. «
Return of the Black Death », orné une nouvelle fois d’une illustration de Gabriel T. Byrne, sort courant 2004.
Comment caractérisé la musique de D&Q dans ce troisième opus ? Il serait tentant d’affirmer qu’il reprend la même recette qu’ « Exterminaton Revelry » en rendant le tout moins mélodique et plus brutal et rapide. Cependant cela serait injuste car D&Q sait se renouveler, et le fait bien. Un death métal sombre et brutal, généreux en riffs destructeurs et en blasts, le tout accompagné d’une basse lourde, de solis mélodiques et terriblement efficaces et d’un growl rappelant fortement celui d’un certain Ross Dolan. A cela s’ajoute une atmosphère glauque et malsaine, « magnifiant » les compositions de ce «
Return of the Black Death » aux paroles gores, morbides et anti-chrétiennes. Voilà tout ce dont à quoi il faut s’attendre en insérant la galette dans le lecteur cd.
La majorité des titres de ce troisième opus des américains est toute en rapidité et en puissance, à l’image des blasts presque incessants de Dario Derna qui matraque son instrument de la première à la dernière minute. Cependant son jeu est loin d’être aussi simplifié que cela. En effet ce dernier varie son jeu de fort belle manière en passant par des mid tempos, des semi-blasts ou des rythmiques parfois empruntées au thrash. K.S. Kuciemba régale l’auditeur, que ce soit avec ses riffs puissants, tantôt rapides et mélodiques comme sur le monumental « Predatory
Strangulation », tantôt lourds et écrasants comme sur « Wiped From the
Earth » et son monstrueux final. Et que dire des solis de ce dernier, mélodiques et techniques à la fois comme sur «
A Forest of
Gore ».
Le combo sait cependant ralentir le tempo, par exemple sur le pachydermique « As
Idols Fall », et le rendu est tout aussi jouissif.
Vous l’aurez compris, «
Return of the Black Death » est un album riche, possédant de nombreux changements de rythmes, allant des riffs destructeurs de « On the Death Farm » à la lourdeur d’un « As
Idols Fall » en passant par l’utilisation massive de solis envoutants et de breaks variés comme sur le titre final éponyme. Tout cela oeuvrant dans une parfaite harmonie macabre, servie par une production à la hauteur de la qualité des compositions.
Alors certes certains passages font plus que penser à
Immolation ou
Incantation. Par exemple le très bon «
A Forest of
Gore » est troublant de ressemblance avec le gang de
New York mené par Ross Dolan. L’atmosphère blasphématoire si chère à
Incantation se retrouve également dans l’esprit de ce «
Return of the Black Death ».
Cependant chaque groupe est obligatoirement influencée par d’autres formations et qualifier
Drawn and Quartered de simple clone d’
Immolation ou d’
Incantation serait un non respect du travail et de l’intégrité de ces américains qui, même sans bénéficiés de la reconnaissance qui leur est dû, continuent inlassablement d’œuvrer pour la gloire du death metal. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir sorti d’excellents albums car ce «
Return of the Black Death » en est incontestablement un.
A bon entendeur …
16/20
A ce jour, Return of the Black Death reste mon album favori du groupe nord américain, remportant devant les non moins excellents Extermination Revealry et Hail Infernal Darkness. Pour ma part, il n'y a aucun doute quant au placement de Drawn & Quartered dans le sillage des ténors Immolation & Incantation, et Morbid Angel aussi. Au delà, le deathmetal de Drawn & Quartered me touche au plus haut point, si noir, si intense et si profond. Return of the Black Death est un véritable hymne au pur deathmetal, un album incontournable à mes yeux. Fabien.
Je m'y pencherais sous peu.
Val'
Cela dit l'approche dynamique et percutante des compositions parvient à donner quand même une personnalité à la musique blasphématoire du combo, lui permettant de se démarquer (un peu) des monstres précités.
Le virus Drawn And Quartered s'est répandu à vitesse grand V ici, d'abord septique et suspectant le trenderie à grande échelle comme ça arrive couramment, je fut très méfiant vis à vis du combo, mais je me suis vite rendu à l'évidence à l'écoute : Drawn And Quartered ça tue! (sauf To Kill is Human qui ne me touche absolument pas).
Mon préféré reste pour le moment Extermination Revelry, jusqu'à ce que je chope le seul qui me manque désormais : Merciless Hammer.
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