Message a été reçu par le collectif italien de revenir dans les rangs muni d'un second album studio, répondant au nom de «
Renaissance », que quatre longues années séparent de son encourageant prédécesseur, «
The Unrevealed Secret ». Aussi effeuille-t-on une galette généreuse de ses 52 minutes, signée à son tour chez le puissant label italien Frontiers Records. Nous est alors octroyé un set de 10 compositions à la fois impétueuses, parfois ardentes, un brin romantiques, dont les sources d'influence seraient à chercher, là encore, dans le patrimoine compositionnel de
Rhapsody Of Fire,
Temperance,
Kiske-Somerville et
Kamelot. Ce faisant, ce nouvel arrivage serait-il à même de porter dès lors le quintet transalpin parmi les valeurs montantes de son environnement metal d'affiliation, celui du metal symphonique à chant mixte en voix claire ?
Sous l'impulsion d'un line-up ayant fait peau neuve, le projet power mélodico-symphonique continue de reposer sur les talents savamment conjugués de ses membres. Si l'on y retrouve son initiateur – l'illustre vocaliste Fabio Lione (
Angra, ex-
Rhapsody Of Fire...) –, Nick Savio (
Hollow Haze, ex-
White Skull) aux guitares, aux claviers et aux orchestrations, et Andrea Buratto (
Secret Sphere,
Hell In The Club) à la basse, le batteur Camillo Colleluori (Cyber
Cross, ex-
Hollow Haze, ex-
Garden Wall...), pour sa part, cédera les baguettes à Enrico Fabris (Fake
Idols, ex-
Raintime), quand la chanteuse Giorgia Colleluori (
Sinner, ex-
Hollow Haze), elle, passera le micro à Claudia ''Layline'' Duronio (
Serenade). Une troupe expérimentée et bien inspirée, qui, pour l'occasion, a sollicité le fin doigté du claviériste Giulio Bogoni (feu Broken
Arrow, feu Fear Of Four, guest chez
Anthenora,
Arthemis,
White Skull,
Hollow Haze). Excusez du peu !
Co-produit par Nick Savio et Fabio Lione, et jouissant à son tour d'un mix affiné et d'un mastering affûté signés Simone Mularoni (guitariste (
DGM) et producteur (
Ancient Bards,
Elvenking,
Hell In The Club,
The Modern Age Slavery...) de son état), ce set de partitions procure un confort auditif optimal, pour le moins, suffisant pour effectuer le parcours du méfait d'un seul tenant. Comme on ne change pas une équipe qui gagne, l'artwork de la pochette d'inspiration fantastique repose, là encore, sur la finesse de trait du fusain du graphiste français Stan-W Decker (
ADX,
Allen-Lande,
Borealis,
Killers,
Serious Black,
Stryper...). Est-ce à dire qu'un bis repetita, à l'exclusion de tout autre alternative qui, précisément lui conférerait toute son originalité, serait à l'oeuvre ? Mais suivons plutôt nos cinq corsaires dans leurs escapades marines...
A l'instar de son devancier, lorsqu'il nous projette sur des charbons ardents, ce second effort nous aspire, et d'un battement d'ailes, dans la tourmente. Ce que révèle « Black Star », rayonnant et ''rhapsodien'' up tempo aux riffs acérés adossés à une frondeuse rythmique ; recelant de sémillants arpèges d'accords sur lesquels se meuvent les enivrantes empreintes oratoires des deux vocalistes patentés ainsi qu'un flamboyant solo de guitare à mi-morceau décoché, ce hit en puissance poussera assurément à un headbang bien senti et quasi ininterrompu.
Un poil moins enfiévrés, d'autres espaces d'expression s'avèrent non moins dépourvus d'armes pour asseoir leur défense. Ce qu'atteste, en première intention, « Into the
Darkness », mid/up tempo aux riffs crochetés, dans la veine coalisée de
Temperance et
Kamelot. Offrant un bel effet de contraste percussif entre des couplets finement ciselés et au tempo mesuré et un refrain catchy et bien plus enlevé, et mis en exergue par un duo en parfaite symbiose, unissant les les célestes inflexions de la belle et les puissantes impulsions d'un vocaliste bien habité, le ''tubesque'' méfait ne se quittera qu'à regret. Par ailleurs, à la lumière de ses enchaînements intra piste des plus sécurisants et de deux prégnants soli de guitare, la théâtralisante fresque symphonico-progressive «
Renaissance » demeure invitante, à défaut de s'avérer inoubliable.
Quand ils rétractent davantage leurs griffes, nos compères parviennent plus aisément à nous retenir plus que de raison. Ce que prouve, d'une part, le félin et ''temperancien'' «
Dark Eclipse » eu égard au subtil effet de contraste oratoire généré, les angéliques oscillations de la sirène se lovant, cette fois, dans les ténébreuses ondulations du maître de cérémonie. Et ce ne sont ni le fondant refrain délivré ni la basse invariablement claquante qui nous débouteront davantage de ce grisant manifeste. Dans une mouvance pop rock, cette fois, d'aucuns opteront également pour l'aérien « The Edge » au regard de l'infiltrant cheminement d'harmoniques qu'il nous invite à suivre, et ce malgré une sente mélodique, certes, avenante mais des plus convenues.
Au moment où ils nous mènent en d'intimistes contrées, nos acolytes en profitent pour nous adresser leurs mots bleus les plus sensibles. Ce qu'illustre, tout d'abord, « Away from
Heaven », ballade progressive et romantique jusqu'au bout des ongles mise en habits de soie par les troublantes modulations de nos deux tourtereaux ; pourtant pourvu d'une mélodicité instillée de fines nuances, et en raison d'un refrain, certes, agréable mais déjà couru et insuffisamment chargé en émotion pour prétendre à l'inconditionnel déclenchement de la petite larme au coin de l'oeil, le ''rhapsdodien'' instant tamisé restera quelque peu en-deçà de ce que l'aficionado serait en droit d'espérer dans ce secteur. L'accroche émotionnelle tant souhaitée s'effectuera, en revanche, plus naturellement sur la ''kamelotienne'' ballade « Not the Same », et ce aussi bien à la lueur de ses couplets finement ciselés et de son frissonnant refrain qu'au regard d'un démoniaque et ''floydien'' solo de guitare pour refermer la marche. Et comment ne pas se sentir porté tant par les chatoyantes patines du puissant vocaliste que par les vibes enchanteresses transpirant par tous les pores de la sensuelle power ballade progressive «
Flying over You » ?
En dépit de ses mérites, cet opus n'ira pas sans accuser quelques bémols susceptibles d'affadir l'attention du chaland. Ce à quoi nous sensibilisent les ''rhapsodiens'' mid tempi « Without Fear » comme «
Lord Without Soul », au regard d'une usante répétibilité de leurs séquences d'accords et de refrains empreints de quelque linéarité mélodique. Malgré un élan de bravoure des deux vocalistes pour tenter de nous rallier à leur cause et un fin legato à la lead guitare dispensé, dans un cas comme dans l'autre, la magie n'opérera que malaisément.
Au final, la troupe italienne signe un propos à la fois tonitruant, efficace et enivrant, bénéficiant, à l'aune de son précédent effort, d'une ingénierie du son plutôt soignée et d'arrangements de bon aloi. Un poil plus diversifié que son devancier en matière d'exercices de style, calé sur d'avenantes sentes mélodiques et témoignant de joutes oratoires des plus prégnantes, ce nouvel élan se laissera aisément apprivoiser par le fan de la première heure et/ou de metal symphonique à chant mixte, au sens large.
En revanche, ce second arrivage n'évitera pas d'inconvenantes baisses de régime ni l'une ou l'autre zone de remplissage. Qui plus est, ce vivifiant méfait n'a pas davantage consenti à un zeste d'originalité supplémentaire, quand l'empreinte des sources d'inspiration, elle, tarde à se faire plus discrète ; état de fait contrariant quelque peu l'épaisseur artistique d'un projet a priori promis à une histoire au long cours. Bref, une œuvre engageante et finement produite mais des plus prévisibles, plaçant de justesse nos acolytes parmi les valeurs montantes de cet espace metal. On comprend qu'à trop vouloir rester campée sur ses acquis, la troupe peine à nous prendre dans ses filets. Un sursaut est donc attendu à l'aune d'un troisième élan. Affaire à suivre...
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire