Deuxième album pour le plus US des groupes de
Brutal Death polonais, et sans doute leur meilleur.
Devilyn nous offre ici une oeuvre de grande qualité, même si l'originalité n'est pas le fort du groupe.
Passons d'abord aux influences : Si comme quasiment tous les groupes polonais de Death,
Devilyn est assez fortement inspiré par
Vader, leur seconde grosse référence est sans nul doute
Morbid Angel, comme le démontre assez clairement l'érnomissime Find Truth, qui aurait pu être signé par nos Floridiens favoris. Ce qui ne remet nullement en cause la "Poland Touch" du Death, à savoir un style à la fois technique et sombre, très sombre, qui évoque parfois
Incantation. Et ce, même si, par moments, le groupe fait des incursions
Old School, à l'image de la chanson "To Be Awaken In a
Nightmare", dont le riff de début et de fin serait digne de figurer dans une anthologie du Death direct et primaire.
Cela dit, ce qui est particulier à
Devilyn, c'est la diversité des rythmes et des tempos, avec une nette préférence pour les mid-tempos massifs qui font mal à la nuque. Ce qu'on peut remarquer aussi, c'est l'utilisation assez fréquente d'effets, voire de samples (le fl
Anger de "
Darkness Feller") qui, encore une fois, rappellent furieusement la bande à Trey. Judicieusement utilisés (comprendre : pas souvent et toujours au bon moment) ils donnent une dimension ésotérique à leur musique qui, au demeurant, est très directe. Par ailleurs, outre les mid-tempos démoniaques plus haut évoqués, il ne faut pas négliger les moments brutaux avec des blasts assez bien exécutés ("
Reborn in Pain", "
Dead's Prayer"). Dans ces conditions, pas besoin d'avoir une discographie de 500 albums de Death pour apprécier leur style.
Globalement, les zikos connaissent leur boulot, et on a affaire à des compos bien pensées, bien équilibrées, remplies de breaks bienvenus et alternant passages rapides et passages lents, avec des petites transitions assez bien gérées. Les soli de gratte rappellent (encore)
Morbid Angel, avec ce petit côté atonal qui nous plaît tant. Les arrangements sont aussi bien foutus, la batterie agrémentant souvent les compos de petites variations.
Devilyn joue aussi très bien sur les deux grattes, travaillant parfois sur des rythmiques différenciées, surtout dans ces petites transitions bien fichues dont je parlais plus haut.
A vrai dire, le bonheur dans ce groupe, c'est la basse (Novy rulez !). On l'entend en permanence de manière distincte, avec un son légèrement distordu et surtout très très bas, et en même temps assez claquant. Si on ajoute une voix un peu monotone mais tout à fait correcte (et rappelant parfois celle du
Behemoth version Death), avec des accents parfois traînants, parfois du double chant, parfois des cris aigus, parfois des parties de chant rapide, on obtient un mélange tout à fait plaisant à l'oreille (Novy re-rulez !).
La production, quant à elle, est tout à fait polonaise : puissante, sombre, avec une place importante accordée à la section rythmique et une voix assez prédominante.
A vrai dire, le seul défaut majeur qu'on peut reprocher à cet album, et au groupe en général, c'est le manque d'originalité certain. Cela dit, la qualité globale de la musique qu'ils produisent compense ce handicap, il est vrai, de taille. Néanmoins, les parties rythmiques sont souvent bien trouvées, et on a droit à quelques riffs assez particuliers ("
Messiah for
Blind Fools") qui attirent l'attention.
En définitive, ceux qui ont aimé Murder's Concept de
Yattering ou
Winds of
Creation de
Decapitated devraient trouver leur compte avec cet album, à condition qu'ils n'aient rien contre de grosses influences Death US. C'est du
Brutal Death sombre et brutal fait pour les fans du genre, et c'est rudement efficace !
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