Au milieu des 90’s le Death n’est pas au mieux, l’ouragan Black
Metal venu de Norvège a fait de gros dégâts en s’accaparant l’intérêt des labels. Ces derniers se mirent à bouder le Death
Metal, reléguant certains groupes incontournables au stade de seconds couteaux et en laissant d’autres sur le bord de la route. Malgré ce contexte difficile les guitaristes Luk et Piotr, le batteur Kuba et le bassiste chanteur Novy mettent sur pied
Devilyn.
S’imposant rapidement, grâce notamment à une maîtrise technique au dessus de la norme, les polonais décrochent d’entrée un contrat avec le label français Listenable Records pour enregistrer leur premier album
Anger (1996). A ce moment là
Vader règne encore en maître absolu dans le pays, mais un concurrent sérieux se pose alors avec
Devilyn. Si on retrouve le côté riffs implacables et incisifs de leur aînés, le quatuor est loin d’être une pâle copie et intègre une bonne dose d’influences américaines, notamment
Morbid Angel, le début de
Millenium n’est d’ailleurs pas sans rappeler le morceau
Rapture. En revanche preuve de leur talent, le riff final est dans un trip Prog / Death’n’roll assez déroutant.
Devilyn balance tout de même majoritairement des plans agressifs, des breaks techniques et des soli épidermiques, donnant à
Anger une ambiance étouffante et massive.
Le jeu de basse virevoltant de Novy, en avant dans le mixe et largement perceptible dans des titres comme The Rule ou The
Burial Ground of
God, est aussi un atout majeur pour le groupe.
Combinant habilement furie instrumentale et plans alambiqués,
Devilyn plante les graines de la seconde génération Death
Metal. The Shadows of
Acheron avec ses guitares alternant passages plombés et plans techniques montrent ainsi la polyvalence des polonais. Kuba le batteur n’est pas en reste et maîtrise aussi bien les blast-beat que les breaks abrupts ou les passages subtils ou la double pédale en abondance, à l’image du titre final
Anger où chacun fait étalage de son talent.
Une production un peu plus claire aurait quand même rendu davantage hommage à
Anger, le début cataclysmique de The
Burial Ground of
God est par exemple difficilement compréhensible dans son ensemble. Rien de grave, cette impression de furie débridée se révèle également très intéressante donc l’un dans l’autre….
A part quelques titres de haute volée comme
Decline of Worlds paré de soli vicieux et de riffs dévastateurs,
Anger est un peu moins abouti que son Successeur
Reborn in Pain mais ravira tous les adeptes de Death rageur et technique avec un côté brut de décoffrage.
Devilyn s’en tire donc avec les honneurs dès son premier album.
S’installant parmi les sorties Death notables de 1996 parmi The 3rd Chapter (
Obscenity), Serenadium (
Iniquity) ou Bloodsoul (
Fleshcrawl)
Anger doit lui aussi s’incliner devant le
Vile de
Cannibal Corpse et le None so
Vile de
Cryptopsy qui cassent tout sur leur passage. Malgré tout ce disque installe
Devilyn comme outsider numéro 1 de
Vader.
BG
L'ex concurrent numéro 1 de Vader en Death polonais n'a été qu'un feu de paille le temps de Anger et Reborn In Pain.
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