RTA

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Nom du groupe Rudra
Nom de l'album RTA
Type Album
Date de parution 14 Octobre 2013
Style MusicalDeath Black
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1.
 Death
 
2.
 Heartbroken
 
3.
 Abduction
 
4.
 Resolution
 
5.
 Manipulation
 
6.
 Assault
 

Chronique @ Matai

21 Octobre 2013

Ce nouveau méfait montre les faiblesses de Rudra

Les brahmanes adorateurs du dieu hindou de la destruction ne chôment pas et nous habituent, depuis au moins deux ou trois albums, à sortir un album tous les deux ans, ce qui nous empêche d’attendre des lustres avant de voir leur œuvre voir le jour. Il faut dire que les Singapouriens ont un public fidèle qu’ils n’ont pas déçu, et pour cause : leur death/back metal reste original puisqu’il met en valeur, dans les paroles et la musique, la culture locale mais aussi la mythologie hindouiste et védique, ce qui aura donné naissance au terme « vedic metal », référence ultime au metal de Rudra. En ce sens, l’œuvre la plus complète est la trilogie des « Brahmavidya » puisqu’on y retrouve tout tous les éléments qui font le charme et la réputation du groupe, le plus faible étant toutefois « Immortal I », sentant indéniablement le réchauffé.

Après vingt ans de carrière et sept albums studio, ils sont de retour avec un nouvel opus, « RTA ». Vu que la trilogie est terminée, Rudra se dirige vers autre chose, tout en gardant, évidemment, ses habitudes. « RTA » signifie « l’ordre dans l’univers », une sorte de rythme que l’on retrouve n’importe où, dans n’importe qui. Pour cela, le quatuor toujours mené par Kathir (chant/basse), opte pour une pochette plus sombre mais aussi plus sobre : pas de divinités, de statuettes ni de temples, un fond noir suffit. Il propose aussi des noms de titre plus courts, plus simples, plus communs. Ce côté minimaliste côtoie une musique qui semble cette fois-ci plus influencée par le prog. En effet, la durée des morceaux s’allonge considérablement : il faut compter 9-10 minutes, minimum.

Pour six titres (plus un caché, eh oui), autant dire que cela fait long. Et même si la musique de Rudra a toujours été comme un carrefour entre Est et Ouest, ce « RTA » semble complètement dénué d’âme, froid, vide d’idée. Le réchauffé est de nouveau à l’honneur avec cet album. Bien que « Death » commence bien avec sa guitare acoustique, sa mélodie mystique et ses flutes, les parties metalliques sont bien fades. On retrouve tout de même le style du groupe, avec ses guitares chantantes et le chant black de Kathir. Le solos sont mis en avant mais le titre a toujours la même structure et autant dire les quasi neuf minutes s’écoulent très longuement, d’autant plus que le rythme manque de dynamisme.

« Heartbreak » débute de la même manière mais nous offre des chants traditionnels avant de laisser place à la dualité des guitares. Mais une fois encore, la mayonnaise ne prend pas. Les moments calmes, avec des instruments traditionnels, sont très chouettes, mais il n’y a pas de déflagration, pas de moments intenses ni d’assemblage de riffs massifs et de rage. A trop vouloir faire dans le spiritisme et le védisme, Rudra s’embourbe pas mal, et en oublie sa force : des riffs féroces, un chant hargneux, pour un ensemble énergique.

Au final, il n’y a presque pas besoin de décrire les morceaux puisqu’ils sont (presque) tous formés de la même manière. Devinez donc l’introduction « Abduction » ou celle de « Resolve ». Allez, vous avez trouvé. La différence, c’est qu’ « Abduction » a quelques minutes plus costaudes, avec des blasts et un côté épique très prononcé, qui relève le niveau. Un côté épique qu’on retrouve aussi dans « Manipulation », la chanson phare de ce « RTA », beaucoup plu dynamique.

Ce « RTA » est très difficile à ingurgiter, en particulier pour les fans purs et durs du groupe et ceux qui voient dans les termes « death/black » et « epic » autre chose que du metal mou du genou et des structures dénuées d’inspiration. Le manque d’inspiration…il en est question dans cet album. Certains se plaignaient d’ « Immortal I » mais ce nouveau méfait montre les faiblesses de Rudra, un groupe qui semble de plus en plus avoir atteint les limites de son imagination et qui fait de son mieux pour se renouveler, avec, notamment, plus de prog, et moins d’instruments traditionnels. Quoi que, si vous en voulez un peu, la piste cachée peut vous dépayser et fonctionne très bien en ambiance. Il faut maintenant espérer que ces soucis ne soient pas irréversibles, auquel cas le metal asiatique perdrait une grande figure et un grand moteur…

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