Souvent la première impression que nous laisse la première écoute d'une œuvre nouvelle est cruciale. Parfois même elle marque si profondément et si durablement nos esprits que, pour peu que l'album en question ne soit pas handicapé par une immonde tare ou une quelconque faute de gout, elle augure déjà, en partie, de nos conclusions. Tout ça pour dire qu'en seulement une poignée de seconde le nouvel opus des Polonais de
Crystal Viper,
Queen of the Witches, m'aura totalement convaincu. Et comment ne pas l'être alors que ce premier morceau étonnamment ardent et vif,
The Witch Is Back, démarre sur un cri primal, un peu à la manière de Chris Boltendahl sur l'amorce sublime de ce non moins superbe
The Reaper, bientôt suivi de guitares si âpres et si véloce qu'on finirait par se demander si l'on est pas en train de parcourir un disque d'inédits de
Judas Priest période Painkiller? Mais alors que la voix âpre et délicieuse de Marta Gabriel entame sa démonstration fort de cette organe puissant tantôt capable de force (dans une veine assez proche des travaux de Federica "
Sister" De Boni) et tantôt, nous le verrons plus tard, capable de douceur (un peu à la manière de
Doro Pesch), le doute n'est plus permis, nous sommes bien avec
Crystal Viper.
Avec la piste suivante, et son préambule très anglais (Iron Maiden), la vivacité et l'intensité vacillent à peine.
Une fois passée l'excitation de cette enthousiasme primaire provoquée par ces premières pistes, une fois revenus à des considérations plus réfléchies et plus terre à terre donc, ce qui nous frappe aussi ici c'est l'absence de ces quelques expérimentations que
Crystal Viper avaient tenté sur un
Possession qui, à priori, mis à part moi, n'avait pas vraiment séduit les foules. Avec ce disque nous sommes donc de retour à une expression moins aventureuse et plus classique, à un Heavy Speed
Metal aux influences aussi diverses que variées (
White Skull, Accept,
Grave Digger,
Warlock,
Running Wild,
Judas Priest...).
Le plus étonnant avec ce disque est sa constance. Au-delà des quelques chansons déjà évoqué ici, l'opus ne faiblit pas en qualité. C'est d'autant plus remarquable que
Crystal Viper pourrait se contenter de se complaire dans une certaine facilité consistant à reproduire tout du long la nervosité et l'ardeur de ces premiers instants particulièrement dynamiques. Ce qu'il ne fait absolument pas. Avec When the Sun Goes
Down par exemple il nous offre un titre plus posé, plus traditionnel aussi. Même les ballades, Trapped Behind et We
Will Make It Last Forever, ne parviendront pas vraiment à nous décevoir même si, comme tout bon amateur primaire de
Metal se respectant, on préférera largement la vélocité et la pugnacité d'un
Flames and
Blood ou d'un Rise of the Witch Queen.
Comme à son habitude Marta Gabriel et ses acolytes auront ici fait appel à quelques prestigieux invités comme par exemple à
Ross The Boss sur
Do Or Die ou à Steve Bettney (
Saracen) sur We
Will Make it Last Forever. Une autre des habitudes qu'ils aiment particulièrement, c'est l'hommage sous forme de reprise. Ici c'est le
See You In Hell de
Grim Reaper qui sera l'heureux élu.
Concernant l'artwork de ce nouveau brulot, il est l'œuvre d'Andreas Marschall à qui l'on doit également les plus belles pochettes de
Blind Guardian (Tales from the
Twilight World, Somewhere
Far Beyond, Imaginations from the Other Side,
Nightfall in Middle-
Earth...) ou d'
Hammerfall (
Glory to the
Brave,
Legacy of
Kings...). Mais aussi quelques unes pour
Immolation (
Dawn of
Possession, Here in After, Failures for Gods...) ou pour
Kreator (
Coma of Souls...). Et ces quelques noms pourraient sans peine être complétés par beaucoup d'autres tout aussi prestigieux tant le monsieur est une sommité. Bien évidemment celle de ce nouvel effort des Polonais est superbe et l'on y reconnait aisément son trait caractéristique et son univers.
Au final, il m'apparait difficile, pour ne pas dire impossible, de ne pas être dithyrambique quand un album est aussi direct, réussi et plaisant que ce
Queen of the Witches. Chacun se fera son opinion mais pour peu que vous soyez attiré par ce genre de démonstrations, pour peu donc que vous ayez été séduit par les précédentes offrandes de ce collectif (hormis donc ce
Possession qui ne fait pas vraiment l'unanimité. Même si...), il serait assez étonnant que vous soyez déçu par ce cru 2017.
Excellent commentaire mettant parfaitement en exergue ce nouvel écrin! Content d'en avoir découvert le contenu! Merci à toi!
Un groupe que je ne connaissais pas et que la chronique m'a donné envie d'écouter. The Queen of the witches est du bon Heavy metal rapide et authentique avec une chanteuse, ce qui est plutot rare hors du symphonique, qui fait une belle performance vocale. Elle force un peu dans des passages difficiles à chanter quand il faut monter dans les tours mais sa voix puissante, assez grave et toujours juste est agréable à entendre.
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