Deux ans après un très bon
Legends, les polonais de
Crystal Viper, en cette année
2012, nous reviennent avec un nouvel effort baptisé
Crimen Excepta. Sans jamais trahir l'esprit de ce Heavy
Metal traditionnel si chers à ce groupe, et transcendant même ce legs formidable issus des travaux de ces formations européennes emblématiques des années 80 (Iron Maiden,
Running Wild, Accept...), Marta Gabriel et ses complices n'ont rien, ou presque rien, changer de leur desseins artistiques. D'ailleurs s'étonner d'un tel conformisme alors même que le genre en lui même n'aura pas, ou si peu, évolué durant de nombreuses décennie, revenant même en des années pourtant dévolues au modernisme et aux changements à ses fondements passéistes (
True Metal), serait incongrue. Comment, en effet, exiger de
Crystal Viper de briser cet immobilisme alors que le Heavy
Metal ne l'aura pas permis? Ni souhaité? Comment lui imputé la charge de ce renouveau attendu comme si, à elle seule, elle incarnait tous les espoirs, d'une mouvance toute entière? Et ce alors même que, fort de ces précédents efforts, elle n'aura jamais affirmé autre chose que son amour pour les traditions séculaires du style qu'elle défend? Et ne parlons même pas de cette stupide idée qui prône l'originalité comme le concept moteur de chaque album, de chaque chanson, de chaque note. Soyons un instant sérieux, cessons l'hypocrisie et ainsi réjouissons-nous de ce conservatisme. D'autant que
Crystal Viper nous en offre une expression remarquablement efficace en des titres aussi bons que le véloce
Witch's Mark, le furieux, et splendide, The
Spell of Death aux accointances anglaises évidentes, ou encore que le plaisant
Hope Is Gone, Here s New Law.
S'agissant des prouesses vocale de Marta Gabriel, contrairement à ceux qui l'affirment crânement, les bouleversements ne sont pas non plus à l'ordre du jour; et ce même si elle délaisse parfois son habituel timbre médium puissant et superbement rocailleux pour s'aventurer en des hauteurs, quoiqu'on en dise, maitrisés. Tout au plus pourra-t-on lui reprocher l'aspect un peu trop systématique de ces interventions aigus.
De plus si l'effort précédent du quartette contenait une reprise, somme toute, relativement conventionnel puisqu'elle consistait en un hommage à la scène saxonne (T.V.
War d'Accept extrait de Russian
Roulette (1986)), dans laquelle
Crystal Viper puise un certain nombre de ces inspirations, ce
Crimen Excepta nous offre la relecture nettement plus intéressante d'un choix surprenant. Initialement sur la démo
Live in
Decay (1986) de leur compatriote polonais de
Vader, repris ensuite dans la langue de Vitellion sur la compilation XXV (2008), Marta et ses complices nous propose, en effet, une interprétation séduisante du premier morceau marquant du groupe de Death
Metal, Tyrani Piekel (
Tyrants of
Hell). Une chanson sur laquelle le chanteur du groupe de metal extrême accompagne même, de ces growls si délicieusement caractéristiques, la chanteuse. Le résultat de cette association vocale entre Piotr Wiwczarek et Marta est, par ailleurs, sombre et somptueux.
Notons aussi la présence ici, d'un autre orateur en la personne du vocaliste, et acteur, David Bower (
Hell) qui sur un excellent
Crimen Excepta vient succinctement apporter de cette théâtralité très personnelle que lui et son groupe exprimèrent déjà au sein d'un très bon
Human Remains (2011).
Crimen Excepta est donc un album solide pétri de qualités qui auraient mérités d'avantages de louanges que cet accueil mitigé dont il fut la victime. Gageons que ces quelques mots, maladroitement assemblé par votre modeste serviteur, redonneront un peu de crédit à un album aussi intéressant que celui-ci.
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