Portrait of a Dying Heart

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16/20
Nom du groupe Secret Sphere
Nom de l'album Portrait of a Dying Heart
Type Album
Date de parution 24 Octobre 2012
Enregistré à Domination Studio
Style MusicalPower Mélodique
Membres possèdant cet album38

Tracklist

1.
 Portrait of a Dying Heart
 06:00
2.
 X
 05:13
3.
 Wish & Steadiness
 05:37
4.
 Union
 04:12
5.
 The Fall
 05:10
6.
 Healing
 04:18
7.
 Lie to Me
 03:50
8.
 Secrets Fear
 05:57
9.
 The Rising of Love
 04:29
10.
 Eternity
 06:05

Bonus
11.
 Legend (2012 Version) (Japanese Edition)
 

Durée totale : 50:51

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Secret Sphere


Chronique @ Eternalis

18 Octobre 2012

Secret Sphere se place dorénavant au sommet de la hiérarchie power progressive transalpine

Quelle douce impunité, quelle légère folie, si ce n’est une prise de risque savamment dosée, que de débuter son album par un morceau éponyme se révélant être un long instrumental de six minutes. Il fallait oser le faire, et si Secret Sphere est connu comme un groupe de power progressif italien performant depuis plus de dix ans, ils ne sont pas pour autant les plus grands scientifiques musicaux que nous pouvons connaitre.

Pourtant, preuve est d’admettre que depuis "Archetype", malheureusement trop confidentiel malgré sa qualité (faisant suite à un très classique "Sweet Blood Theory" qui avait rencontré un franc succès), beaucoup de choses se sont passées. Tout d’abord, l’arrivée de Michele Luppi en lieu et place de Roberto Messina, au chant, fut une grande surprise. Car le vocaliste ayant sévi dans Vision Divine ou Killing Touch, dispose d’un timbre bien connu, et en soi possède une empreinte qui pouvait risquer de faire perdre l’identité propre de Secret Sphere.
Est-ce pour cela que, quelque part, les italiens cultivent le secret en plaçant un long instrumental avant de dévoiler sa voix ? Difficile à savoir mais la composition en elle-même pose d’entrée le sujet, avec sa production plus fine et puissante encore que tout ce qu’ils ont eu auparavant, relevant le niveau technique à un niveau encore supérieur. Mystérieux et brumeux, l’ambiance du morceau n’est pas sans évoquer, en rapport également avec l’artwork, l’univers sombre et tourmenté du roman dont est tiré le concept, qui pourrait être au centre de ce "Portrait of a Dying Heart".
"X" s’ensuit et, étrangement, alors qu’on aurait pu imaginer que le nom des anciens groupes de Michele allait surgir, celui qui vient plutôt en premier lieu serait DGM, tant on retrouve dans le son et l’interprétation cette patte technique, classieuse et très puissante que possède le groupe depuis "Differents Shapes" (le chant de Michele n’étant pas sans rappeler celui de Titta Tani). Rythmiquement, c’est impeccablement en place pendant que les riffs de Paolo Gianotti ravagent tout sur leur passage.

Mieux encore, l’introduction grandiose et sentencieuse de "Wish & Steadiness", à l’orgue et aux chœurs, pose une ambiance solennelle et majestueuse que jamais Secret Sphere n’avait encore eu. Une forme de grande maturité, explosant avec l’arrivée d’un plan en lead mélodique impressionnant, avant que Michele ne fasse parler la poudre avec sa voix si charismatique et ce talent pour se démarquer de la masse grâce à un chant parvenant presque parfaitement à rallier un certain traditionalisme power metal et une personnalité forte. Il y a une intelligence dans le placement des vocaux à saluer, loin des plans parfois trop attendus et clichés des albums précédents, à l’instar justement du final de "Wish & Steadiness", fabuleux de poésie, entre chœurs et narrations, sur une nappe de claviers pleine de grâce.
Là où le groupe composait avant des albums avec des hits et des titres plus faibles, "Portrait of a Dying Heart" peut se targuer d’être très solide et cohérent dans son ensemble, de posséder une véritable entité artistique. Le bourrin "The Fall" pourrait presque faire penser à Rage dans ses riffs et son attaque de double pédale, et une fois encore, la production monumentale permet à l’album de coller une véritable tatane en plein visage de l’auditeur. Là encore, Michele sera présent pour osciller entre parties presque agressives et un refrain ponctué de chœurs qui, d’une part, se retient en quelques secondes et qui, d’autre part, possède cette richesse salutaire qui permet de ne pas s’en lasser même après quelques dizaines d’écoutes. Inutile de préciser que techniquement, les soli de ce genre de morceaux rapides sont de véritables boucheries déferlant les notes à la seconde…

On continuera dans la même veine avec "Healing", ainsi que le rageur "Secrets Fear" et son niveau technique pléthorique, notamment au niveau de la batterie. Vocalement, la nervosité de Michele est impressionnante, concerné et volontaire, il porte complètement des chansons initialement excellentes, transcendées par son interprétation. Il faut juste écouter le sublime final "Eternity" pour s’en convaincre définitivement, qu’il était le chanteur de la situation. Plus lent, mais jamais sirupeux ou sucré, le titre est une petite merveille de beauté et de lyrisme, porté par des envolées fantastiques du vocaliste, parfois plus éraillé, laissant libre cours à son cœur pour totalement se livrer à son texte. Émotionnellement très fort, le minimalisme musical lui permet de se mettre considérablement en avant, et de toucher l’auditeur au plus profond (ce refrain, cette émotion palpable…), jusque dans le final, montant crescendo jusqu’à l’entendre susurrer à notre oreille ses derniers mots…(« We’re not alone »).

Secret Sphere vient de sortir un grand album qui, s’il ne révolutionnera pas la scène italienne, permet de replacer le groupe au plus haut niveau et en tête de gondole, DGM se faisant un peu attendre depuis son inégal Frame (avec le nouveau vocaliste Mark Basile) et Vision Divine décevant quant à lui de plus en plus. Il est possible que Secret Sphere, malgré lui, se place dorénavant au sommet de la hiérarchie power progressive transalpine. Et lorsqu’on écoute, pantois, le niveau affiché sur ce septième album, ce ne serait que justice…

2 Commentaires

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Alexis - 18 Octobre 2012: Chronique argumentée et agréable à lire, merci ! J'ai écouté l'album qu'une fois pour le moment, et très distraitement, donc il ne m'est pas possible de donner un avis pour le moment. ^^

Par contre "Vision Divine décevant quant à lui de plus en plus.". Tiens, tu as vraiment trouvé "Destination Set to Nowhere" décevant ? C'est drôle, car j'ai davantage l'impression que cet album rattrape largement le précédent, véritablement mauvais. Comme quoi, les goûts et les couleurs. :-)

Sur un autre point, je trouve aussi ta chronique plus accessible que d'habitude. Je pense que ceux qui avaient du mal avec certains éléments de ton style d'écriture devraient davantage trouver leur compte ici.

En tout cas, ça y est, je suis bon pour me réécouter ce Secret Sphere !
Eternalis - 19 Octobre 2012: C'est drole parce que quand une chronique va être "simple" à lire, je le sens.
Celle ci démarre directement, sans intro, et part tout de suite sur l'album. Ca change un peu...et je suis très clair je pense :)

Sinon, c'est vrai que malgré la présence de Michele, c'est vraiment à DGM que j'ai pensé et pas les autres groupes du chanteur...comme quoi ! :)
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Chronique @ dark_omens

10 Avril 2014

Un album riche et dense...

La nouvelle annonçant le départ, ou l'éviction, de Roberto "Ramon" Messina, chanteur pourtant emblématique de la formation italienne de Secret Sphere, et son remplacement par l'incontournable Michele Luppi, laissait entrevoir quelques prometteurs espoirs quant à la sortie d'un nouvel effort. Un pressentiment que les vétérans ultramontains emmenés par la créativité du guitariste Aldo Lonobile concrétisèrent, en cette année 2012, en nous proposant de découvrir un septième album intitulé Portrait of à Dying Heart au concept, basé sur une nouvelle écrite par Costanza Colombo (She Complies With The Night), nous narrant quelques histoires perdues entre rêves et réalités.

D'emblée, l'audace créative de ces musiciens sur ce disque est d'une insolente impudence alors qu'ils osent l'entamer sous les auspices d'un premier titre instrumental d'une longueur inhabituelle. Dépassant les 6 minutes, ce Portrait of à Dying Heart, nous promène, en effet, dans les méandres d'instants, certes, attachants mais pas nécessairement inoubliables. Fort heureusement, le groupe, de son Heavy Power Metal Progressif raffiné, saura aussi se faire plus convaincants (les bons X, Wish & Steadiness, l'excellent The Fall ou encore, par exemple, Secrets Fear).

Le travail mélodique de cet opus est plaisant et ses passages dévolus à la musicalité, à l'émotion ou à la grandiloquence sont construit intelligemment. Néanmoins, certains de ces moments, se tenant loin de cette sophistication omniprésente, auraient sans doute été meilleurs. Il était, en effet, souhaitable, par exemple, de trouver ici quelques refrains supplémentaires plus évidents, communicatifs, assimilables et réussis.
De surcroît, d'autres instants, auraient sans doute gagné en qualités en cédant un peu moins à l'harmonie un peu trop doucereuse (Union ou les ballades venant clore l'album en un souffle fatigué (The Rise of Love, Eternity)). Bien évidemment, ces constats liés au goût de chacun n'étant qu'un avis subjectif, ils n'engageront que son auteur. Et ce d'autant plus qu'ils ne mettent aucunement, ou si peu, en cause les qualités manifestes de ce nouvel opus. Quoique...

Concernant l'interprétation de Michelle Luppi, nul besoin de dire que fort de sa voix si spécifique, il offre de délicieuses subtilités aux compositions ambitieuses d'Aldo Lonobile. Sublimant les travaux du guitariste, il sera cependant coupable de donner naissance à un sentiment étrange pas nécessairement désagréable mais embarrassant. Le particularisme vocal de l'artiste nous rappellera, en effet, inévitablement, ses travaux passés nous poussant immanquablement à rapprocher, toutes proportions gardées, ce Portrait of a Dying Heart des œuvres de Vision Divine, Thaurorod mais surtout de celles de Killing Touch. Un défaut qui, une fois encore, n'entachera pas la bonne tenue d'un album agréable. Quoique...

Parlons aussi de l'illustration ornant ce disque. Délaissant les aspirations regrettables criardes et vulgaires d'un Sweet Blood Theory, cette superbe pochette, œuvre de l'illustre Felipe Machado Franco (Rhapsody Of Fire, Blind Guardian, Rage...), s'inscrit dans la continuité du remarquable travail que fit Gustavo Sazes autrefois (Archetype (2010)).

Ce Portrait of a Dying Heart est donc un album riche et dense qu'il faudra appréhender fort d'une attention particulière tant son propos expose pléthores de subtilités en des constructions qui revêtent un aspect Progressif assez prégnant. Une expérience attachante qui sans bouleversement restera donc positive. Quoique...

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