Poison, Lust and Damnation

Liste des groupes Thrash Metal Hexecutor Poison, Lust and Damnation
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16/20
Nom du groupe Hexecutor
Nom de l'album Poison, Lust and Damnation
Type Album
Date de parution 02 Novembre 2016
Enregistré à Le Caveau Studio
Style MusicalThrash Metal
Membres possèdant cet album79

Tracklist

Re-release in 2018 by Triumph ov Death with 5 bonus tracks
(First Hexecution Demo - re-recorded)
1.
 Macabre Ceremony
 04:26
2.
 Hélène Jégado
 04:34
3.
 Visitation of a Lascivious Entity
 08:00
4.
 Marquise de Brinvilliers
 06:33
5.
 Phalanx of Damnation
 08:37
6.
 Raped Under the Stars
 04:14
7.
 La Sorcière du Marais
 05:25
8.
 Hardrockers City
 06:41

Bonus
9.
 Martyrs
 04:08
10.
 Pleasure of Torment
 04:02
11.
 Violent Destiny
 04:00
12.
 Purulent Aggression
 03:49
13.
 Metal Witchcraft
 05:12

Durée totale : 01:09:41


Chronique @ LeMoustre

14 Novembre 2016

The Four Hangmen

Le voilà enfin, cet album des thrashers d'Hexecutor ! Les Rennais y ont mis le temps, mais l'objet est bien disponible, toujours chez Legion Of Death Records / Armée de la Mort, le label de Shaxul, leader de Manzer. Fidèles à leur label et à l'underground Français, les quatre "pendus" ont affiné leurs cartouchières lors de festivals et concerts un peu partout (citons le Fall Of Summer cette année, parmi d'autres apparitions en France et en Europe). Faisant partie de la génération des Perversifier, Mortal Scepter et autres Deathroned, le groupe a pris son temps pour sortir ce premier album, souhaitant une carte de visite en tous points irréprochable. La pochette a été confiée à Jon Whiplash (membre de Skelethal). Notons le judicieux le clin d’œil avec les quatre personnages pendus en second plan. Le disque a été enregistré et mixé au Caveau Studio (Aum, Manzer, ou le 1er E.P. des thrashers d'Extravasion à venir), preuve s'il en était de l'attachement d'Hexecutor à la scène locale.

Attaquant pied au plancher avec l'intense "Macabre Ceremony", aux accents très germaniques, l'auditeur sera rapidement happé par la déflagration thrashmetal du groupe. Typiquement dans la lignée de la démo et du 7" Hangmen of Roazhon (depuis longtemps épuisés), on retrouve les petits cris de Jey (assez rarement quand même, ce point pouvant être sujet à débat) et les riffs acérés de la paire de guitaristes, tranchants comme deux lames affûtées (Razor n'est jamais très loin), entrecoupés de breaks faisant la part belle aux roulements de Putrid Von Rotten. On appréciera cette alternance de riffs secs (avec très souvent les petits pincements de cordes stridents, marque de fabrique du groupe), les breaks courts mais jamais inutiles, et un ensemble frénétique qu'on aurait cru jamais entendre de la part d'un groupe Français ("Helène Jegado", le diabolique et tournoyant "Visitation Of A Lascivious Entity"). Intense et effréné, l'album comblera les aficionados du genre, au-delà de leurs espérances. Les non-initiés pourront se rassurer en se référant au premier Metallica, ou aux tous premiers enregistrements de Destruction ou Whiplash.

Mais réduire Hexecutor à un simple groupe de retro-thrash ne serait pas exact, car les thrashers utilisent aussi le heavymetal des racines au travers de soli mélodiques ("Raped Under The Stars") et des rythmiques issues de la NWOBHM (Phalanx Of Damnation"). Les titres, par rapport aux premiers pas du groupe, sont ici plus longs ("Visitation Of A Lascivious Entity" ou "Phalanx Of Damnation" atteignent les huit minutes). Egalement, on apprécie la structure entraînante d'un titre comme le superbe "Marquise de Brinvilliers", à la basse galopante, aux enchaînements plus qu'efficaces (un petit côté limite épique dès son introduction, sans compter le riff bourdonnant à 5'19") ou le festif et speed "Hardrockers City" qu'on voit bien clôturer les shows du groupe. Comme les moments de bravoure sont nombreux (les riffs à 1'05" et à 4'00 de "Phalanx Of Damnation" sont un bel exemple, et on ne peut s'empêcher de deviner la fierté que devrait ressentir un Mike Sifringer à l'écoute de cet album), le thrasher se pincera de nombreuses fois à l'idée qu'un tel disque soit issus de notre beau pays.

Trois titres sont ici liés textuellement et constituent un des moments forts de l'album : Les paroles fouillées de "Marquise de Brinvilliers" contant l'histoire de Marie-Madeleine Anne Dreux d'Aubray, marquise de Brinvilliers donc (née le 2 juillet 1630, et rendue célèbre par l'Affaire des Poisons, elle fut jugée et décapitée à 46 ans pour crime de fratricide par empoisonnement). L'entêtant "La Sorcière du Marais", seul titre chanté en français, (rappelant du vieux Misanthrope sur les couplets, et contant l'histoire de Catherine Deshayes, également liée au Scandale des Poisons sous Louis XIV), déjà joué sur scène (voir vidéo ci-dessous), et "Helène Jegado", bretonne empoisonneuse utilisant de la "mort aux rats" dans ses gâteaux. Un bel effort de Jey Deflagratör rendant captivante la lecture de ces textes.

Le seul réel bémol de cette déflagration sonore de plus de 48 minutes digne de figurer au panthéon des albums thrash de l'année, est le mixage (pourtant déjà à l'origine du retard de la sortie de l'album) un peu strident, ne laissant pas assez de profondeur au spectre sonore, et altérant l'impact final. Mais ne boudons nullement notre plaisir, un tel disque est carrément un don de nos hangmen Rennais, et le thrasher Français qui se rendra dans un festival étranger pourra avec fierté bomber le torse en citant Hexecutor comme notre fer de lance du thrash européen. Déjà référentiel.



33 Commentaires

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mechant - 19 Août 2018:

la chronique de lemoustre m'a convaincu et l'écoute a confirmé le niveau.

excellente decouverte.

mayhem13 - 11 Décembre 2018:

J'adore cet album, mais quel dommage comme tu le dis, cette prod molle du genou...

PhuckingPhiphi - 28 Fevrier 2019:

J'ai craqué, j'ai fini par l'acheter cette satanée version 2018, et paf, encore un album en double pour de misérables raisons de collectionnite aiguëe… Je suis faible.

Bon, le bon point, et que personne n'a soulevé ci-dessus je crois, c'est qu'en plus des 5 (excellents) titres de la démo 2012 réenregistrés en bonus, tous les titres de l'album ont bénéficié d'un remastering, du moins si mes vieilles zoreilles ne m'abusent pas. Du coup, le son gagne un supplément de puissance bienvenu qui, il est vrai, faisait un peu défaut à l'édition originale.

Un achat donc beaucoup moins superflu que je l'ai cru au premier abord, qui justifie amplement le doublon sur mes étagères… Ma femme est cependant restée sourde à l'argument, allez savoir pourquoi !?!

swit35 - 28 Fevrier 2019:

Oui le Remaster valorise nettement le son de batterie mais la seule présence de ces 5 titres justifie l'acquisition de cette nouvelle version.

En réalité pour plus de lisibilité, le groupe aurait du sortir un Ep avec les 5 titres ré-enregistrés de la démo et ressortitr l'album en remastered... d'autant qu'un troisième pressage va etre fait.

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