Phantom

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14/20
Nom du groupe Betraying The Martyrs
Nom de l'album Phantom
Type Album
Date de parution 15 Juillet 2014
Style MusicalDeathcore
Membres possèdant cet album41

Tracklist

1.
 Jigsaw
 03:54
2.
 Where the World Ends
 03:58
3.
 Walk Away
 03:41
4.
 Let It Go [Frozen Soundtrack cover]
 04:22
5.
 L'abysse Des Anges
 03:49
6.
 Phantom (Fly Away) (ft. Gus Farias of Volumes)
 03:25
7.
 What's Left of You
 03:39
8.
 Afterlife
 02:12
9.
 Legends Never Die
 04:07
10.
 Lighthouse
 03:22
11.
 Your Throne
 01:03
12.
 Our Kingdom
 03:05
13.
 Closure Found
 03:58

Durée totale : 44:35


Chronique @ Mr4444

01 Août 2014

Betraying The Martyrs ne sera jamais un « membre de l’élite du Metal International »

« Phantom, second album du groupe, est sans aucun doute le disque qui assoira BTM comme un membre de l'élite métal internationale. »

Cette phrase, plus ou moins judicieusement disposée dès le deuxième paragraphe de la biographie présente dans le Presskit reçu par Dooweet, m’interpelle. Par qui a-t-elle été rédigée ? Dooweet ? Le groupe ? Un autre ?

Betraying The Martyrs, qui ne connaît pas ? Révélés en 2011 par « Breathe in Life », les Parisiens ont grillés énormément d’étape pour directement s’imposer dans l’écurie Coreuse américaine qu’est Sumerian Records. « Breathe in Life » avait été une découverte sympathique, sans plus, ni plus ni moins marquante que la plupart des autres sorties Coreuse, le sextet prenant place dans un style sur codifié, à base d’un Metal touchant à tous les Core existant et désirant transmettre un message positif, d’où l’appellation lue un peu partout de « Metal Chrétien ».

Je n’ai rien contre le groupe, mais s’il y a une chose que l’on ne peut qu’observer sans être d’une totale mauvaise foi, c’est bien tout ce côté mercantile et marketing, suintant la rentabilité facile, que cela soit dans le look archi-étudié du groupe ou son côté gentil garçon hurlant de l’amour et de la paix. BTM bénéficie d’une aura extrêmement importante auprès d’une large frange du public adepte de ce Metalcore sans trop de réflexion destiné à l’headbang . Je me rappelle d’un article lu il y a un ou deux ans. Il traitait du fait qu’il était impossible pour un groupe de tirer un coup en tournée et dans les commentaires, une personne avait cité que cet article était faux, car lui et son groupe n’avait aucun soucis pour ça. Le tout en signant qu’il bossait avec les BTM.

C’est une anecdote assez inutile, sur le fond, mais elle sera symptomatique d’une chose que j’écris sur quasiment TOUS les albums de Core qui sont passés par mes oreilles. BTM ne déroge pas à la règle et cet album n’a en soi pas de défaut du strict point de vue de l’écoute. C’est fort, c’est relativement varié (bien qu’un peu longuet), la production à l’américaine se fait ressentir par l’énorme puissance dégagée de l’ensemble (et ce côté également trop égalisé). Mais voilà, le groupe ne déroge pas à la question classique : dans quelle direction allons-nous ?

Ecouter « Phantom », c’est éteindre son cerveau et se réfugier dans une douillette couverture d’un Deathcore gentillet, codifié et cliché. « Jigsaw » ne déroge en rien. Si l’intro massive et blastante engage direct des hochements de tête, le premier break nous fera lourdement souffler. On rentre en moins d’une minute dans le rang, et l’apparition de Victor ne changera pas grand-chose. Alors oui, son chant clair est bien plus intéressant que sur le disque précédent, qui avait tendance à rapidement tourner en rond. Mais mince… Il chante bien ! Alors pourquoi vouloir à tout prix caser des intonations mielleuses dans le tout ?

Après, « Jigsaw » est relativement complète pour vous décrire ce que sera l’album. Les passages extrêmement massifs, les breaks utilisés à outrance, ces « ohééé » bien classique… Non, ce qui permet de différencier les pistes, ce sont l’omniprésence de nappes symphoniques. Les synthés prennent toute la place, rien que sur le commencement de « Where the World Ends » et son duo chant clair/piano sera une constante sur de nombreuses autres pistes de l’album. Pourtant, on trouve des fragments passionnants, cette utilisation judicieuse du clair sur des refrains ambiancé, notamment. De l’autre côté, Aaron n’en sera que plus plat, ne variant pratiquement jamais ces growls et gardant une agression vocale linéaire et ennuyeuse. Grandiloquence mise à part, les refrains de « Walk Away » transgresseront l’ambiance distordue des couplets pour une voix claire et des chœurs beaucoup trop prononcés dans une symphonie appuyée par un éléphant.

Loin de vouloir nous proposer qu’un monolithe de Core réchauffé, les musiciens s’essayent à un registre Post-Rock et Post-Core sur la jolie instrumentale « L’abysse des Anges », tout en progression et en maîtrise pour rajouter de nouvelles sonorités sans déchirer ce voile atmosphérique envoûtant. Toujours sans parole, « Afterlife » préférera une ambiance céleste, fait de piano et de chœurs avant de laisser la batterie emmener une atmosphère tribale et martiale. Troisième interlude, « Your Throne » n’usera que d’une aura bruitiste et d’un très bref duo violon/piano pour introduire la piste suivante.

« Our Kingdom » et rien de plus. Des cris, de la saccade, du rentre-dedans, des growls plats et une voix claire en total décalage. L’atmosphère plus symphonique, extrêmement masquée par la musicalité d’ensemble, ne ressortira jamais, de même qu’un solo sacrifiant l’émotion pour une technique trop réchauffée. Quand le groupe essaye de remettre de leur brutalité sur la table, « Phantom »-titre se met en place, délivrant une ambiance constamment basée sur la batterie double et des guitares racoleuses pour mettre un chant clair à la frontière du mielleux et de l’agréable. Quant à la présence de Gus Farias (Volumes), nous pourrons davantage comparer cela à un caméo plus qu’un véritable featuring… Toujours sans finesse, « What’s Left of You » a le mérite d’offrir des plans de guitare assez intéressants et des coupures orchestrales relativement enthousiasmantes…

« Legends Never Die » demeure sympathique sur ses distorsions très lourdes et son atmosphère guerrière poussée par des claviers bien mis en valeurs. De bonnes idées jalonnent tout ça, comme ce passage mélodique sur une double très rapide. Derrière, « Lighthouse » est un morceau plutôt bien équilibré, de son démarrage symphonique à sa montée crescendo, de ses chœurs grandioses accompagnant Aaron, des breaks soudains, fréquent, mais bien maîtrisé et une disposition plus qu’intéressante de parties orchestrales et coreuses.

Si « Closure Found » ne sert strictement qu’à gonfler le temps d’écoute par son aspect chaotique ennuyeux et ses breaks téléphonés jusqu’à sa conclusion en beat électronique, plusieurs pourront tiquer sur l’étonnante reprise de « Let It Go », présente dans le Disney « La Reine des Neiges ». Le tempo extrêmement mélodique, son côté refrain radiophonique et véritablement sans véritable folie, ce titre n’est qu’un pavé de plus à mettre sur le cas d’un groupe ayant probablement tout compris à la façon de rentabiliser sa musique plutôt que de lui donner une existence propre.

Il y a ceux qui viendront commenter pour me dire que « ce disque est de toute façon géniale en live », comme à chaque fois. Ce à quoi je répondrais « certes ». Mais là n’est pas mon but, sinon je me contenterai de vous dire « c’est tout caca, mais ça passe bien sur scène ! ». Oui, le groupe doit sans doute bien gérer ses ambiances en live, mais là n’est pas mon souci. D’un strict point de vue musicale, ce disque est bon, il y a des bonnes mélodies, des musiciens parfaits dans leurs rôles, vraiment doués comme il faut, et deux vocalistes plutôt complémentaires pour un duo plus que classique entre voix gutturale et chant clair.

Mais voilà, c’est exactement la même chose que pour des dizaines, voire même des centaines d’autres groupes du style. « Oui, mais aujourd’hui, l’originalité est quasiment impossible à faire ressortir », ce à quoi je répondrais « certes » également. Mais il y a deux critères fondamentaux dans ma manière d’observer un groupe. Il y a l’originalité et la personnalité. On peut faire une musique déjà entendu, mais en y apposant sa patte personnelle, ce « moi » qui donne une toute autre envergure à la musique. Donc non, Betraying The Martyrs ne sera jamais un « membre de l’élite du Metal International ». Betraying The Martyrs n’est qu’un groupe de Deathcore parmi tant d’autres, à la différence qu’ils disposent d’un coefficient marketing bien supérieur leur permettant de vivre en ne faisant probablement que ça. BTM a tout compris. Et c’est désespérant.

11 Commentaires

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Mr4444 - 02 Août 2014: " Et vice-versaaaaaaaaaa "
shadowsarepowerless95 - 03 Août 2014: Belle chronique! Moi je pense que c'est vraiment le genre d'albums où sois tu adores, sois tu détestes. Personnellement j'aime beaucoup cet album de par l'ambiance qui s'en dégage ce que, je crois, tu as aussi apprécié. Alors oui "Let It Go" symbolise complètement le fait qu'ils sont tombés dans le piège à fric de l'industrie et là effectivement, trop de promotion tue la promotion. Mais j'arrive toujours à leur trouver cette personnalité sympathique même si beaucoup moins appuyée que sur Breathe In Life (la présence beaucoup plus systématique de chant clair). Par contre, là où on sera tous d'accord c'est le ratage sur la voix d'Aaron qui sonne beaucoup trop surproduite par rapport au précédent.
Anath - 04 Août 2014: 10/20 je trouve ça un poil sévère ! l'album est pas super c'est vrai... mais Jigsaw, L'abysse Des Anges, Phantom ( cette fin ! ) , Lightouse, What's Left Of You et Legends Never Die sont quand même très cool ... mais le reste est très plat c'est vrai :(
pierox - 08 Août 2014: pas évident le chant claire sans que ça fasse très mielleux,voir ridicule. pourtant certain y arrive très bien je trouve(as i lay dying)
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Chronique @ dakefhi

06 Août 2014

Un fourre-tout plus ou moins digeste

En six ans d'existence, nos frenchy de Betraying the Martyrs sont déjà aguerris aux tournées (Europe, USA...) et éloges internationaux. Leur premier album, "Breathe in Life" m'avait déjà semblé assez surcoté lors de sa sortie (classé par Guitarist Mag deuxième meilleur album metal de l'année 2011...Ah bon ?), me faisant penser que les critiques confondaient peut-être effet de surprise et qualité objective réelle foncièrement novatrice,tant "Breathe..." se contentait de mélanger plus que de créer, et ce de manière très relativement digeste. L'opus suivant, sorti chez Sumerian Records partage les mêmes caractéristiques.

"Phantom" mange à tous les râteliers. Pêle-mêle, du deathcore pur qui se finit en symphonique hymnisant ("Jigsaw"), de la rythmique à la Eths("Walk away"), de l’épique avec chœurs ("Lighthouse"), jusqu'à l'outro du dernier titre qui vire à l'electro calmounet, ce qui ne surprendra point quiconque a pu faire les gros yeux en entendant sur le premier opus le morceau "dubstep" dont il convient de souligner l'audace.

Et le tout, toujours ou presque, avec des nappes de synthétiseurs qui donnent une couleur résolument metal symphonique à l'ensemble. Sur "Closure found" on est carrément sur de la bande son de fête foraine ou, au mieux, dans les BO de Danny Elfman pour Tim Burton. Pourquoi pas, me direz-vous !

Sauf que...Par exemple, le chant clair de "Let it go" sonne comme une chanson un peu énervée des Jonas Brothers matinée de Linkin Park, pour cause c'est une reprise d'une chanson Disney... Pourquoi, si l'on veut faire du mélodique, piocher dans une pop pauvre au lieu de s'inspirer de ce qui se passe du côté du metal progressif ? Sur "L'abysse des anges" (très beau titre soit dit en passant, qui fait penser à une illustration de Gustave Doré ou un tableau de William Blake...voilà pour la minute culture), Betraying the Martyrs fait preuve d'un talent de composition avec ce morceau riche d'une phrase musicale habitée et d'une orchestration soignée. Sans casser des briques d’originalité, "Afterlife" sait aussi emmener ses auditeurs dans un certain imaginaire plus fertile.

D'autant plus dommage de tomber dans la facilite mélodique quand les phases plus rudes font preuve d'une maîtrise technique qui sait surprendre, à l'image de "Our kingdom" et sa technicité mathcore (Meshuggah n'est pas loin), l'outro monstrueuse de "Where the world ends" ou le riff d'ouverture en gamme descendante de "Legends never die".

Pour que Betraying the Martyrs soit une de nos fiertés françaises,il faudra peut-être changer la recette...

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