Ouverture

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15/20
Nom du groupe Reasons Behind
Nom de l'album Ouverture
Type EP
Date de parution 17 Avril 2012
Style MusicalMetal Moderne
Membres possèdant cet album7

Tracklist

1.
 The End of Our Chapter
Ecouter05:07
2.
 My Last Act
Ecouter 05:01
3.
 1000 Fading Lives
Ecouter 05:22
4.
  Choices
Ecouter 04:56
5.
 The Last Night of Ilion
Ecouter06:05

Durée totale : 26:31

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Reasons Behind



Chronique @ ericb4

31 Mai 2017

Une formation italienne encore verte mais à l'inspiration féconde, avec laquelle il faudra compter...

Une nouvelle énergie italienne, originaire de Bologne, vient à son tour tenter de s'illustrer sur la déjà pléthorique scène metal symphonique internationale. Créé en 2010 par le guitariste Gabriele Sapori, Reasons Behind est un quartet power symphonique et mélodique à chant féminin inspiré par les cadors du genre (Nightwish, Delain, Within Temptation, Ancient Bards...). S'étant laissé le temps de peaufiner l'enregistrement et le mixage de son introductif effort, ce n'est que deux ans plus tard que naît le bien-nommé « Ouverture » ; EP de 5 titres s'égrainant sur les 26 minutes d'un délectable parcours auditif, laissant néanmoins filtrer certaines carences relatives aux finitions. Quant aux lignes de chant, dispensées par la soprano Elisa Bonafè, elles s'avèrent opportunément insérées et célestes, même si elles sont parfois sujettes à quelques baisses de régime. Malgré ces réserves, la magie opère sur la plupart des espaces d'expression de cet initial opus.

Les amateurs de moments bien cadencés, sans fausse note ni grandiloquence, pourront s'orienter vers deux tubesques pistes, dans la mouvance de certaines des sources d'influence du quartet transalpin. On retiendra, d'une part, le tempétueux « My Last Act ». Le brûlot dissémine ses riffs saignants étreignant une rythmique frondeuse, dans le sillage conjoint de Nightwish (première période), quant à ses harmoniques, et Atargatis, pour son ambiance sympho gothique et ses patines oratoires ; la déesse élevant d'un octave ses impulsions, alors proches de celles de Stephanie Meier (Atargatis, ex-Darkwell). Aussi, l'ensemble fait preuve d'une indéfectible cohésion groupale, voguant sur une infiltrante ligne mélodique et un allant que d'aucuns parmi ses homologues pourraient bien lui envier. D'autre part, le tonique « Choices », non sans rappeler les premiers Delain, nous embarque dans un champ de turbulences instrumentales assorti d'une touchante mélodicité, qui ne manquera pas sa cible, celle de nos émotions les plus enfouies. En outre, d'élégants arpèges au piano annoncent d'insoupçonnés changements de tonalité, sans pour autant voir l'orchestration lâcher du lest. Une impression de plénitude nous envahit au fur et à mesure de l'agrégation des instruments et de l'insertion des claires patines de la sirène. Chapeau bas.

Dans cette dynamique, on relève encore une plage non moins solaire et chatoyante mais un poil plus en retrait que ses brûlantes voisines. Ainsi, l'offensif « 1000 Fading Lives », dans l'ombre atmosphérique d'un Within Temptation des premiers émois, à l'époque de « Mother Earth », nous assène ses tirs en rafale de riffs crochetés au fil des libertaires déambulations d'un convoi instrumental alors difficile à contenir, contrastant ainsi avec les cristallines modulations vocales de la maîtresse de cérémonie. En outre, des vagues organiques s'insèrent opportunément sur un pont habilement relayé par une saisissante reprise sur le refrain, entonné avec aplomb par la belle, avant que l'acte ne se clôture crescendo.

Ayant su diversifier ses plans rythmiques, la troupe ralentit la cadence, comme pour mieux nous retenir... Pour les férus de mid tempi, le collectif leur réserve déjà une belle surprise. Ainsi, sous-tendu par d'amples et ondulantes nappes synthétiques corroborées à des riffs acérés et frénétiques, le classieux et entraînant mid tempo « The End of Our Chapter » capte rapidement l'attention ; titre enivrant, nightwishien en l'âme, doublé d'une touche power empruntée à Ancient Bards. Accélérations et ralentissements se relayent sereinement, faisant place à un joli passage techniciste où s'entremêlent les lacérations du serpent organique et les attaques de la guitare rythmique, duel angélisé par les claires inflexions de la sirène, ici proches de celles de Laura Tracey (The Fall Of Eve). Et une nouvelle fois, la sauce prend. Enfin, quant il touche aux moments intimistes, le combo italien se transcende, ayant sculpté pierre par pierre et avec maestria ses mots bleus, dans la droite lignée d'un Nightwish à l'ère d' « Oceanborn ». Ainsi, « The Last Night of Ilion » s'offre comme une émouvante ballade aux airs d'un slow qui emballe. Mise en exergue par les grisantes envolées lyriques de la soprano, cette délicate offrande à l'imparable sente mélodique saura happer les âmes les plus rétives. Sans omettre un somptueux solo de guitare, émergeant des entrailles d'un ondulant et vibrant serpent synthétique. Une heureuse symbiose, en somme.

Au final, le combo italien témoigne d'une capacité à séduire et à retenir plus que de raison sur toute la durée de cette humble rondelle. Plus encore, il convainc par ses qualités de composition et affiche un potentiel mélodique et technique déjà affirmé, auquel pourront être sensibilisés les amateurs du genre. S'il ne révolutionne rien en matière d'originalité, la galette laissant percevoir quelques portées plutôt convenues, parfois obsolètes, le groupe offre une œuvre d'une belle dynamique et romantique à souhait, à l'ingénierie du son propre mais non aseptisée, davantage diversifiée dans ses rythmiques qu'en ce qui a trait à ses atmosphères. On découvre donc un encourageant et plaisant message musical, susceptible de le propulser parmi les valeurs montantes de son registre métal d'affiliation, à condition toutefois d'avoir pris le temps de digérer ses sources d'inspiration, encore lisibles dans cette première livraison. Il se pourrait que l'on assiste alors à l'émergence d'une formation investie sur le long terme et avec laquelle il faudra compter. Du moins, on ne peut que le lui souhaiter...

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