Outlaw Gentlemen & Shady Ladies

Liste des groupes Hard Rock Volbeat Outlaw Gentlemen & Shady Ladies
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Nom du groupe Volbeat
Nom de l'album Outlaw Gentlemen & Shady Ladies
Type Album
Date de parution 08 Avril 2013
Style MusicalStoner
Membres possèdant cet album133

Tracklist

1. Let's Shake Some Dust 01:27
2. Pearl Hart 03:26
3. The Nameless One 03:52
4. Dead But Rising 03:35
5. Cape of Our Hero 03:48
6. Room 24 (ft. King Diamond of Mercyful Fate & King Diamond) 05:06
7. The Hangman's Body Count 05:15
8. My Body (Young the Giant Cover) 03:42
9. Lola Montez 04:28
10. Black Bart 04:49
11. The Lonesome Rider (ft. Sarah Blackwood of Walk off the Earth) 04:05
12. The Sinner is You 04:16
13. Doc Holliday 05:46
14. Our Loved Ones 04:50
Bonustracks (Deluxe Version)
15. Ecotone 03:46
16. Evelyn (Live from Wacken 2012) (ft. Mark "Barney" Greenway of Napalm Death) 03:45
Bonustracks (Limited Edition)
15. Ecotone 03:47
16. Lola Montez (Harp Version) 04:28
17. 7 Shots (Live from Wacken 2012) (ft. Mille Petrozza of Kreator & Michael Denner of Mercyful Fate & King Diamond) 05:12
18. Evelyn (Live from Wacken 2012) (ft. Mark "Barney" Greenway of Napalm Death) 03:46
19. Evelyn 03:29
Total playing time 58:25

Chronique @ Ebrithil

08 Avril 2013

Volbeat nous fait passer un bon moment, sans plus...

Vendre son âme ...

Voilà bien un thème dont les metalheads se sont rendus spécialistes. À chaque fois qu'un groupe obtient un peu de succès et a le malheur de sortir un album un poil plus accessible, plus mélodique (parfois simplement plus recherché), l'accusation de mercantilisme n'est jamais bien loin dans le chef des fans de la première heure. Fans qui ont généralement cette fâcheuse tendance à considérer que si le groupe est là où il en est, c'est bien évidemment grâce à eux, ce qui interdirait tout changement, au risque de les décevoir ...
Nous ne sommes pas ici pour juger cette tendance, qui a ses arguments – et après tout, nombre sont les groupes qui de toute façon ne varient pas d'un iota leur formule et s'en portent très bien, merci pour eux. Mais force est de constater qu'elle est quasi-systématique, comme auront pu le constater Linkin Park, Slipknot, In Flames, Marilyn Manson, Mastodon, et bien évidemment le « cas d'école » Metallica avant eux.

Non, le vrai problème est quand ce changement d'orientation s'accompagne d'une perte d'efficacité, de qualité de composition – je ne parlerai volontairement pas d'intégrité car celle-ci est tout bonnement impossible à juger.

Voilà précisément où le bât blesse pour les Danois de Volbeat, hélas, tuons immédiatement tout suspens.
Après un Beyond Hell/Above Heaven qui proposait paradoxalement les titres les plus radio-friendly de leur histoire jusque là (Fallen et Heaven Nor Hell en tête) mais également de vrais brûlots metal, accompagnés par exemple de valeurs sûres comme Mille Petrozza de Kreator et Barney de Napalm Death, Volbeat s'était imposé comme un groupe majeur. Une valeur sûre capable de trôner au sommet des plus gros festivals de metal sans faire tache, véritable tuerie live, bientôt considérés par la plèbe comme les « nouveaux Metallica »...

Conquérir le public metal était fait. L'objectif suivant était clair : entrer dans la cour des grands. Franchir l'étape supplémentaire, l'étape franchie par Metallica sur son Black Album – ne plus être un groupe majeur du metal, mais un groupe majeur du rock. Un groupe majeur tout court.
Le single Cape of Our Hero allait dans ce sens : harmonies de guitare Volbeatesques, voix caractéristique de Poulsen, le tout enrobé dans de superbes mélodies et un refrain tout simplement idéal. Un tube, un vrai, une réussite, plus accessible que tout ce que les Danois avaient pu faire, mais une réussite tout de même...

J'enclenche donc la lecture d'Outlaw Gentlemen & Shady Ladies confiant. Une confiance qui s'effrite déjà après quelques minutes, le temps de découvrir une intro typée western des plus classiques mais fort réussie pour entrer dans l'ambiance... et une ballade. Enfin, pas vraiment. Mais un morceau fort mélodique. Mid-tempo... voire lent, au refrain fort mal ficelé pour une entame d'album... un morceau qui aurait été considéré comme une ballade sur n'importe quelle autre sortie de Volbeat.
Et là on frôle du doigt un vrai drame : ici, ce type de morceau facile, passe-partout, peu efficace au final, est tout simplement la norme. Et Pearl Hart (le nom de ce morceau inauguratif) est même l'un des meilleurs du lot ... car dès la suite, ça se gâte déjà, tant The Nameless One et Dead But Rising sont banals, creux, sans aller forcément jusqu'à dire inintéressants... mais tout de même, on tient là deux titres qui auraient probablement constitué le fond du panier sur, au hasard, Rock the Rebel/Metal the Devil. Curieuse façon d'entamer un album, donc... au moment où l'ennui pointe sérieusement le bout de son nez surgit le single susmentionné, toujours aussi bon, puis, comme par miracle, un titre résolument metal : Room 24.
Une tuerie. Sombre, glauque (la présence charismatique d'un King Diamond impérial – sa première apparition studio depuis des années! - étant forcément un plus indéniable), truffée de riffs et de soli, cette chanson risque fort de devenir un incontournable lors de la tournée à venir.

Et bon Dieu, on en avait bien besoin. Parce qu'on espère sincèrement que Volbeat ne puisera pas trop dans cet Outlaw Gentlemen & Shady Ladies pour constituer ses setlists futures, tant le tout manque cruellement de pèche. Soyons clairs, la suite de l'album n'est pas à proprement parler mauvaise, mais tout sympathique que soient, au hasard, un Lola Montez (avec ses mélodies réussies), un Black Bart plus rentre-dedans (bien qu'on soit loin d'un Hallelujah Goat) ou un Our Loved Ones plus mélancolique qui clôt assez bien le disque, aucun de ces titres ne promet d'être un grand moment scénique. Metallica et son Black Album avaient, en effet, marqué les esprits avec Nothing Else Matters ou The Unforgiven, mais le disque, au côté de titres dispensables, comptait tout de même son lot de perles comme Sad But True ou Wherever I May Roam...

Tout au plus retiendra-t-on l'autre vraie réussite de ces 60 minutes fort décevantes, j'ai nommé Doc Holliday, cavalcade épique digne des meilleurs westerns et qui s'impose donc comme l'un des rares excellents moments de l'album. Impossible de ne pas headbanger tandis que les riffs déboulent et que Michael Poulsen (toujours irréprochable cela dit) ne nous assène un couplet rapide comme il en avait le secret sur Sad Man's Tongue ou A Moment Forever.

Mais c'est tout. Et c'est bien peu. Pour le reste, Volbeat nous fait passer un bon moment, sans plus... alors que Volbeat est, qu'on se le tienne pour dit, un grand groupe, capable de faire passer de grands moments – il l'a déjà prouvé. Prions pour que le groupe sorte du chemin déjà si emprunté de la facilité, et ne devienne pas, comme je me le suis répété à plusieurs reprises lors de l'écoute Outlaw Gentlemen & Shady Ladies, un Green Day pour metalleux.

Pas parce que son public mérite mieux. Mais bien parce que Volbeat mérite mieux ...

14 Commentaires

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zono - 17 Avril 2013: Punaise suis je un des rares a aimer cette album ?
poison - 18 Avril 2013: Je suis un peu plus nuancé sur la critique de cet album.

Même si globalement il est un peu en deçà des albums précédents a mon goût il contient quand même des morceaux très intéressants comme Cape Of Our hero, Room 24, ou doc holliday qui je trouve sont largement au niveau des bonnes compositions des 4 premiers albums.

j'ai par contre trouvé le tout début d'album très décevant et sans aucune profondeur...
Ebrithil - 18 Avril 2013: Les morceaux que tu cites sont en effet ceux que je retire du marasme ambiant...
faffio - 06 Mai 2013: Absolument pas ZONO,je trouve cette galette excellente !!!

Contrairement a beaucoup, du même niveau que leurs précédentes.Doc Holliday (METALLICA sort de ce corps !!!)juste énorme.
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Chronique @ JeromeM

19 Avril 2013

"On peut reprocher au groupe une légèreté assumée de plus en plus marquante"

Volbeat - Outlaw Gentlemen & Shady Ladies (© 2013 Vertigo)

Il est désormais impossible de passer à côté de Volbeat. Une ascension fulgurante, remarquable, surtout dans un milieu Metal/Rock à l'intérieur duquel il faut souvent galérer bien des années avant de réellement percer.

Formé en 2001, Volbeat a sorti son tout premier album The Strength/The Sound/The Songs en 2005 seulement. Il ne fallait cependant pas être particulièrement visionnaire ou spécialiste pour imaginer un avenir radieux à la formation danoise.

Forte identité, dès le premier album, le mélange Metal/Rockabilly fait mouche, à travers l'originalité, à travers l'énergie et surtout le talent. Michael Poulsen, fan de Metallica, entre autres, et grand fan d'Elvis, parvient à trouver le juste milieu, l'équilibre parfait, la fusion. Et ce qui marque immédiatement, c'est la voix, unique, énorme qui élève le niveau jusqu'à l'explosion. L'explosion de popularité.

Beyond Hell/Above Heaven, le dernier album en date (2010) aurait déjà quasiment atteint les 800.000 exemplaires vendus. Un sacré chiffre, dans le marché du disque actuel, sans appuis particulier des médias. Du bouche à oreille pur et dur, comme on sait si bien le faire dans cette grande famille du Rock (et internet aidant).

On peut tout de même se dire que pour Volbeat, ce succès attendu s'explique aussi par une certaine simplicité musicale (au sens non péjoratif), très recherchée du "grand public". Riffs forts, couplets presque dansants, refrains très facilement assimilables, légèreté d'ensemble, luminosité. On est très loin de cette catégorie de Metal sombre, qui mérite un certain nombre d'écoutes, une immersion total et un certain état d'esprit. Aussi bons soient t-ils, ces albums sont bien moins évidents et l'accroche est plus ardue.

Car l'objectif est ici de toucher un public plus large, au delà de la sphère Metal, c'est assumé.

Volbeat est bien là, désormais, partout. En tête d'affiche des plus gros festivals d'Europe (Wacken, Rock Am Ring, Hellfest...), haut dans les charts à chaque sortie et en passe de s'accaparer le reste du monde (ça commence à marcher très fort aux USA, en Amérique du Sud). Le rouleau compresseur est en marche. Attention à ne pas s’essouffler trop rapidement, comme c'est si souvent le cas aujourd'hui. Effet de mode sur effet de mode. Le Metal n'y échappe pas.

Pourtant, il faut bien avouer, les deux albums précédents ont globalement déçu les fans, mais paradoxalement, Guitar Gangsters & Cadillac Blood et Beyond Hell/Above Heaven ont également permis à Volbeat de passer un cap considérable. Car l'effet reste toujours le même pour celui qui ne connait pas encore ce groupe. La claque de la première écoute.

Ce que l'on peut reprocher à Volbeat, déjà, c'est de tourner un peu en rond. À l'écoute de ce nouvel album, Outlaw Gentlemen & Shady Ladies, je me pose des questions quant aux possibilités de renouvellement de cet Elvis Metal. Il est évident qu'à l'écoute de deux ou trois des nouveaux morceaux, on peut légitimement immédiatement penser à ce qui a été fait avant. Encore et encore. Volbeat ne prend pas franchement de risque, mais dois-je l'avouer une fois encore, l'ensemble est fort agréable. Et c'est bien là l'essentiel.

Finalement, l’impression de redondance passe rapidement à la trappe au profit de la qualité, on en vient à pardonner rapidement. Surtout que quelques nouveautés sont tout de même apportées ici et là, par petites doses. De vrais bons solos de guitare, par exemple, recrutement de Rob Caggiano (ex-Anthrax) oblige.

Volbeat n'en reste pas là cependant. On peut reprocher au groupe une légèreté assumée de plus en plus marquante, mais je trouve que l'équilibre est maitrisé. On retrouve une belle série de morceaux un peu plus couillus que la norme commerciale FM habituelle. Si c'est ce point qui était à éclaircir, voilà qui est fait. De la grosse rythmique (plus lourde que rapide) et même de la double pédale, pour la première fois, sur Black Bart. Ensemble soutenu par une production béton et limpide. Comme toujours.

Globalement, c'est évidemment plus "mainstream" que par le passé, difficile de dire le contraire. Mais mainstream ne signifie pas toujours "pas bon", "vendu", "simpliste". Ce n'est pas le cas ici, c'est une certitude. Quelques morceaux m'ont particulièrement plu, comme The Hangman's Body Count et son ambiance particulière, ainsi que Doc Holliday, banjo en veux-tu, et son refrain en chœur parfaitement bien vu. Room 24, devient naturellement le point fort de Outlaw Gentlemen & Shady Ladies, avec la participation de King Diamond. Rien que ça. Des titres que je peux déjà inscrire dans la liste des meilleurs de Volbeat.

Si j'ai pu entendre une petite dose de faiblesse de-ci de-là, je retiens la très bonne performance générale du groupe pour cette cuvée 2013. Sans bouleversement, Volbeat parvient à accrocher l'auditeur grâce à ses refrains imparables, que le public reprendra en chœur, et grâce à cette fameuse facilité d'assimilation générale dans cet ensemble non dépourvu d'énergie positive.

Mission accomplie. 15/20

Jérôme

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frankhammer - 24 Mai 2013: Très bonne chronique. En effet, Volbeat cherche à toucher plus large et à mêler plus d'influences rock/pop (ça sent fort Green Day par moment, voir même U2) : ce qui ne me déplait pas en soi, du moment que les compos sont bonnes. C'est même ce genre de démarche qui va permettre au groupe de se renouveller, et qui les sauvera (je l'espère) de l'auto-parodie. Ils ont compris que le style musicale n'est pas une fin en soi (point noire de la "true" attitude) mais un moyen qui - même s'il a, et garde, ses "codes" et ses "fondamentaux" - est aussi sujet à diverses évolutions, influences, etc.

En tout cas, j'ai beaucoup aimé ce Outlaw Gentlemen.
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