Outer Calm, Pain Within

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Nom du groupe April Weeps
Nom de l'album Outer Calm, Pain Within
Type Album
Date de parution 04 Fevrier 2013
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 Sacrificial Rite
Ecouter04:28
2.
 Dream-Master
Ecouter04:05
3.
 Buried
Ecouter03:48
4.
 Outer Calm, Pain Within
Ecouter04:44
5.
 Forever Falling
Ecouter04:32
6.
 Shards
Ecouter06:57
7.
 Waiting for the Sun
Ecouter04:36
8.
 In a Hurry
Ecouter04:09
9.
 Positive Energy
Ecouter03:40
10.
 Faded Memory
Ecouter04:16
11.
 Pass Away
Ecouter03:30

Durée totale : 48:45

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April Weeps



Chronique @ ericb4

09 Octobre 2018

Prudence est mère de sûreté, dit-on. Message reçu par le combo slovaque...

S'il est des formations pour le moins désireuses d'en découdre prestement sur la scène metal gothique à chant mixte, ce combo slovaque originaire de Dunajská Streda serait de celles-là. En effet, à peine sorti de terre en 2010 que le jeune collectif livre à un public encore clairsemé, local pour l'essentiel, sa toute première et bien-nommée « Demo 2010 ». Mais patience est mère de sûreté, dit-on... Adage que suivront dès lors nos six acolytes actuels, à savoir : Marta (frontwoman) ; N (growls) ; Doki et Dex (guitares) ; Roland (batterie) et Stronghold (claviers). Démarche préventive qui ne sera sans effet ni sur la qualité de la logistique ni sur celle des compositions dispensées par la jeune troupe...

Aussi, le temps de parfaire ses gammes et d'affûter son ingénierie du son, voici le groupe à nouveau sur le pied de guerre trois années plus tard. Et ce, à l'instar de ce premier album full length répondant au nom de « Outer Calm, Pain Within » ; auto-production généreuse de ses 49 minutes où ne s'enchaînent pas moins de 11 pistes d'obédience metal atmosphérique gothique aux relents doom et death mélodique, dont les influences de Draconian, Tristania, Theatre Of Tragedy, Darkwell et consorts ne sauraient être éludées. Opus finement enregistré et mastérisé au 999th Studio par Michal Koleják et Jozef Minárik, connus pour avoir oeuvré chez Galadriel, célèbre groupe metal gothique slovaque. Signe que la troupe a mis les petits plats dans les grands, l'artwork et les photographies ont été confiés à Marius Sachtikus (Galadriel, Abstract, Broken Rain, Endless Main...). Mais entrons plutôt dans le vaisseau amiral en quête d'éventuelles pépites...

Dans ses passages les plus incisifs, le combo slovaque marque déjà ses premiers points. Aussi, ne passera-t-on pas outre « Sacrificial Rite » et « Dream-Master », tempétueux et obscurs méfaits dans la lignée de Draconian. Et ce, au regard de leurs nombreuses variations rythmiques, de leurs riffs crochetés et du schéma certes classique de la belle et la bête mais judicieusement mené par un duo mixte bien habité. Mêlant habilement la tonicité de leurs frappes et de délicats arpèges au piano, ces deux offrandes nous calent au sein d'un vaste et magnétique champ de contrastes atmosphériques. On ne respira guère plus sous le joug de « Buried » et « In a Hurry », deux volcaniques et ''tristaniens'' efforts distribuant chacun et sans relâche leurs riffs en tirs en rafale ; l'un octroyant parallèlement un fin legato aussi bien à la basse qu'à la lead guitare ; le second livrant d'élégantes gammes au piano venant en contre-point d'ondulants gimmicks guitaristiques.

Parfois, nos compères ont plus directement orienté leur propos vers les charts, avec quelques belles réussites à la clé. Ce qu'illustre « Outer Calm, Pain Within », entraînant manifeste à mi-chemin entre Theatre Of Tragedy et Darkwell. De truculents gimmicks guitaristiques, de grisantes rampes synthétiques et un léger tapping s'immiscent dans la tourmente, permettant à ce sanguin message musical de gagner en intensité ce qu'il ne perd nullement en mélodicité. Dans cette énergie, on retiendra également l'offensif et ''draconien'' « Waiting for the Sun » pour ses saisissantes montées en puissance, et surtout son atmosphère à la fois enjouée et crépusculaire, l'un des nombreux effets de contraste du sanguin propos.

Lorsqu'il rétracte ses griffes, le combo se montre particulièrement à son aise, nous livrant des mots bleus d'une sensibilité à fleur de peau. D'une part, on restera rivé jusqu'au souffle ultime de « Forever Falling », ballade atmosphérique et progressive dans l'ombre d'Atargatis. Mise en habits de soie par les voix parfaitement harmonisées de nos deux tourtereaux, enveloppée d'élégantes gammes au maître instrument à touches, dotée, en prime, d'un fondant refrain et d'un saisissant solo de guitare, la tendre aubade touchera d'un battement d'aile la fibre émotionnelle de l'aficionado du genre. D'autre part, dans l'ombre de Darkwell, « Faded Memory » se révèle être une power ballade aussi touchante qu'intrigante. Développant quelques séries d'accords peu convenues et octroyant de savoureuses portées enjolivées par les sensuelles impulsions de la déesse, l'instant privilégié saura gagner le cœur de celui qui y aura plongé...

Par ailleurs, la troupe s'est aventurée dans le délicat exercice des tirades gothico-progressives, effort qui lui sied à merveille. Ainsi, « Shards » imposera sans mal ses 7 minutes d'un spectacle épique, témoignant d'une mélodicité nuancée et d'une technicité éprouvée. Mis en relief par les graciles volutes de la sirène, ici apparentées à celles de Stephanie Luzie (Atargatis, ex-Darkwell), couplets et refrains glisseront avec célérité dans nos tympans alanguis. En outre, nombre de digressions rythmiques et changements de tonalité impulsent à cette fresque à la fois sa singularité artistique et son caractère tourmenté. Bref, une petite pépite propice à headbang bien senti à mettre à l'actif de nos six gladiateurs.

Une fois n'est pas coutume dans ce registre, le groupe conclue l'opus par un agréable et substantiel instrumental. Aussi sera-t-on happé à la fois par les fondants arpèges au piano et la féline gradation du corps orchestral du mélancolique « Pass Away ». On décèle dés lors une troublante piste atmosphérique aux relents cinématiques, que n'aurait nullement reniée un certain Nightwish...

Est-ce à dire qu'à la lumière de leur premier full length, nos six mousquetaires nous livreraient déjà un sans faute ? Pas tout à fait. En effet, en dépit de ses mérites, la proposition n'en concède pas moins un petit bémol. Ainsi, l'accroche s'opérera moins volontiers sur le graveleux et sombre « Positive Energy », pourtant doté d'une énergie aisément communicative. Ce faisant, le diluvien effort dans le sillage atmosphérique de Draconian demeure en proie à la répétibilité de son cheminement harmonique et accuse un sillon mélodique éminemment linéaire.

A la lecture de cette nouvelle proposition, force est d'observer que le groupe slovaque a élevé d'un cran le niveau de ses exigences en matière de logistique, nous livrant dès lors une œuvre à l'ingénierie du son soignée, ne concédant que peu de notes résiduelles. De plus, le message musical s'avère diversifié sur les plans atmosphérique et rythmique, avec quelques prises de risques inscrites au cahier des charges. Variant les exercices de style tout en restant fidèle à ses fondements atmosphérique gothique, le combo confère à son projet une certaine épaisseur artistique. Il lui faudra néanmoins varier les joutes oratoires et éviter les espaces de remplissage pour espérer l'emporter sur le long terme. Mais nos acolytes ont encore le temps d'affûter leurs armes pour devenir de redoutables combattants. Quoi qu'il en soit, à l'image de cette livraison, ils signent-là un fort honorable opus. Dans l'attente à peine voilée d'un second album full length...


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