Obscuritatem Advoco Amplectère Me

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15/20
Nom du groupe Abruptum
Nom de l'album Obscuritatem Advoco Amplectère Me
Type Album
Date de parution 1993
Style MusicalDark Black
Membres possèdant cet album55

Tracklist

1. Obscuritatem Advoco Amplectère Me (Part I) 25:31
2. Obscuritatem Advoco Amplectère Me (Part II) 25:28
Total playing time 50:59

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Abruptum


Chronique @ GrindKiller

09 Octobre 2016

Une horreur de toute beauté.

La folie est quelque chose d'indescriptible et d'unique aux yeux du plus grand nombre. Et représenter à travers l'art quelque chose que personne n'a jamais su décrire, ni voir réellement, n'est pas une mince affaire. Voilà le défi que semble s'être imposé le duo suédois d'époque, l'horrible Abruptum.

Qualifier cette musique de Black Metal ? Et bien... oui et non, disons-le. Certes, il ne s'agit en aucun cas de ce Black Metal au son de guitare lacérant, à la caisse claire martelée, à la basse grésillante et au growl aigu et agressif, mais plutôt d'une musique qui justement ferait pâlir ce Black Metal. Là où certains groupes, à mon goût, ne se sont contentés que de frôler la Mort à travers leur musique, Abruptum l'a totalement saisie par les hanches et l'a langoureusement embrassée. Et voici le résultat : ce premier album, Obsuritatem Advoco Amplectère Me naît en 1993 sur le label du très célèbre Euronymous qui voyait en ce duo « l'essence sonore du mal ». Si je puis me permettre, je reprendrais ces propos pour décrire la musique d'Abruptum.

L'album est divisé en deux morceaux éponymes, chacun d'une longueur de 25 minutes. Et tous les amateurs du combo sauront à quel point il est dur d'analyser cette noirceur. Car Abruptum est bel est bien ce que j'ai entendu de plus noir, de plus glauque, malsain, nauséabond, effrayant, envoûtant, hypnotisant, fascinant. C'est une marée de folie qui va s’abattre sur vous avant de vous remuer les entrailles, pour repartir avec son butin et relancer l'assaut de plus belle.

S'ouvrant sur quelques notes dissonantes de synthétiseur, la première piste, ainsi que la deuxième, vont vous noyer à travers des guitares dissonantes et une batterie suivant avec peine et lourdeur de nombreux rythmes qui accompagneront votre descente vers le néant. Parallèlement, les toux, les plaintes, les chuchotements et murmures, les hurlements et les incantations de IT vous feront grincer des dents, tandis que l'abus de reverb résonnera indéfiniment dans votre tête. Selon le duo, les parties vocales auraient été enregistrées pendant une séance de torture.

Alternant entre les rythmes rapides et les passages lents et moribonds, la musique d'Abruptum se révèle aussi extrêmement variée. Au milieu de ce gouffre infini, les guitares crachent leurs larsen tandis que les voix déformées par la folie frôlent la saturation et vous feront faire la plus belle arythmie de votre vie. Le violon strident s’agglutine au sommet de cette cacophonie macabre tout en laissant une place au synthétiseur offrant une ambiance de fond amplifiant très nettement le malaise ressenti, et crachant au passage quelques sons de cloches funèbres et de très basses fréquences annihilant toute forme de vie.

Quelques cliquetis étranges soutenus par une guitare dont les cordes frottées semblent se remuer dans ses entrailles, une cymbale crash frappée à la guise du détraqué IT qui se tient derrière, une agonie presque jouissive, ou encore des mélodies dissonantes chantonnées dans l'ombre vous parcourront l'intégrité de la colonne vertébrale.

Et lorsque l'agonie touche à sa fin, les dernières notes de synthétiseur retentissent encore dans votre esprit, comme le souvenir d'un holocauste démoniaque qui aurait annihilé votre simple existence.

Il est extrêmement difficile d'analyser clairement la musique d'Abruptum car, même après des dizaines d'écoutes, elle vous surprendra toujours, vous dévoilant un nouvel aspect de la folie dont elle cache les plus horribles aspects. Le reste de la discographie du combo est également à découvrir si elle vous est inconnue, car elle fait preuve d'une immense capacité d'innovation et de créativité de la part des musiciens dans le sens de l'atmosphère dégagée et des ressentis des amateurs de musique les plus courageux...

Une horreur de toute beauté. Tout simplement.

3 Commentaires

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Amertume - 09 Octobre 2016: un album et un projet intemporel, inclassable et unique. « l'essence sonore du mal »?,oui je suis d'accord.en tout cas il fait partie de mes disques de chevet et chaque écoute est une expérience à travers d'autres niveaux de conscience qui peuvent soit mener au Néant, soi à la Béatitude..
Fyrnael - 21 Décembre 2019:

Super chronique, merci! Je n'ai qu'une hâte, aller écouter =) tout en apréhendant un peu quand même^^

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Commentaire @ Julien

21 Mars 2005
Obscuritatem Advoco Amplectere Me fait partie des disques où l’on est obligé de faire un pour ou contre. En effet comment juger un disque qui joue uniquement sur la perception de l’auditeur ?

POUR :

Comment définir exactement ce premier opus d’Abruptum, je dirais que c’est du dark ambiant mais à mes risques et périls. Tout n’est que désolation dans ce disque, vous savez un ensemble d’instruments qui forme une sorte de nappe qui vous emmène dans un monde où le jour n’existe pas. Que ce soient les claviers, le violon ou les guitares ; ils prennent tous un malin plaisir à vous découper avec une lame émoussée. Les cris de souffrance ne font rien pour améliorer ça et vous avez l’impression d’être juste à côté d’un puit de malheur. Le morceau est découpé en deux parties de 25 minutes chacune. Le seul problème c’est que certains blancs inopportuns font retomber l’atmosphère lourde et chargée en émotions.

CONTRE :

Certains diront "mais c’est quoi ce bruit ?" (là aussi je prends un risque). En effet ce disque irait plus dans le rayon musique de film que le rayon métal. Pas de mélodie construite, c’est saccadé, le son est mauvais, ou sont les paroles... Il n’y pas trop d’intérêt à écouter ce disque. Le son de guitare est sale (quand il y en a) mais le violon est joli.

Je n’arrive pas à dire du mal de ce CD que je trouve très intéressant, mais je comprends que certaines personnes peuvent littéralement détester ce genre.

Pour adepte des ténèbres uniquement!!!!!!!!

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dying - 19 Mars 2009: Je suis daccord c'est un genre pas vraiment accésible,mais pour moi je trouve que c'est un album génial... mais l'atmosphere est ci froid je croyait avoir tout vu avec Silencer mais là...
NICOS - 26 Janvier 2010: MOI je trouve ca d'une nullité.....c'est de l'ambiance ( certe noire ), mais pas de la musique.....a moins que la volonté de ce groupe était de faire le pire possible, dans tous le sens du terme
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Commentaire @ utumno666

21 Juin 2009
Longtemps j'ai cherché un album comme celui-ci.

Abruptum est un groupe de dark ambiant suédois mais, certains l'ignorent, ils n'ont pas toujours joué ce genre de musique. A l'époque de cet album, les deux membres étaient actifs au sein de l'inner circle suédois, pourtant on se verrait mal qualifier les deux titres qui composent cet album de black metal.

Obscuritatem Advoco Amplectere Me est le premier album d'Abruptum, sorti sur Deathlike Silence Productions, le label d'Euronymous (R.I.P.), après trois démos constituées de morceaux plus courts. Cet album contient deux chansons non titrées de 25.30 chacune. Etant assez similaires sur le plan musical, je les définirai en un mot : chaos.

Au milieu de ce chaos, on perçoit une guitare, une batterie, une voix (torturée) et des passages au synthétiseur. Mais ces quatre éléments ne jouent pas ensemble et semblent avoir oublié les termes "rythme" et "mélodie", aussi, dix ans avant Silencer, on atteint un seuil de folie jamais égalée depuis à ma connaissance.

Mais est-ce que ça vaut quelque chose? Eh bien, en toute honnêteté, il faut du cran pour écouter les 51 minutes à la suite. Malgré une production plus ou moins convenable, se distinguant de bouillies sonores comme Trörkrvisätänsrökrëh, ça peut devenir assez vite lassant. On a bien quelques surprises glaçantes, comme le bruit d'un tic tac d'une horloge, ou le son  s'éteignant brusquement puis réapparaissant encore plus fort qu'avant, mais l'ensemble garde la même couleur, et la monotonie s'installe.

Rappelons que cet album est sorti en des temps où le black metal cherchait encore son chemin, où tout était permis, où les influences les plus folles étaient quasi-nulles, et c'est ce qui a permis à It et à Evil d'aboutir à une telle "œuvre". La pochette montre une demoiselle embrassant un crâne. En écoutant cet album, c'est un peu ce que vous ferez : vous embrasserez les ténèbres.   Vaut largement le détour car unique en son genre.

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morgothduverdon - 31 Juillet 2011: "[...] Eh bien, en toute honnêteté, il faut du cran pour écouter les 51 minutes à la suite. Malgré une production plus ou moins convenable, [...] ça peut devenir assez vite lassant. [...] mais l'ensemble garde la même couleur, et la monotonie s'installe."

Désolé, mais on ne peut certainement pas mettre 20/20 à un album qui contient ses termes dans la chronique, il faut être cohérent.
utumno666 - 31 Juillet 2011: Vouaip, t'as raison, elle date un peu cette chronique je pourrais peut-être l'éditer.
morgothduverdon - 31 Juillet 2011: Oui, ça pourrait être une bonne chose ;)
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