O.F.R.

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17/20
Nom du groupe Nitro (USA-1)
Nom de l'album O.F.R.
Type Album
Date de parution 1989
Style MusicalGlam Rock
Membres possèdant cet album24

Tracklist

1. Freight Train 03:32
2. Double Trouble 03:59
3. Machine Gun Eddie 06:44
4. Long Way from Home 05:27
5. Bring It Down 03:10
6. Nasty Reputation 04:44
7. Fighting Mad 03:45
8. Shot Heard 'Round the World 04:07
9. O.F.R. 05:06
Total playing time 40:34

Chronique @ adrien86fr

25 Décembre 2011

Out Fucking Rageous

Julie McCullough, née le 30 janvier 1965 à Honolulu, 1m70 sous la toise, 52 kilogrammes variables, seins naturels ; mensurations officielles : 90C-60-90. Baptisée Julie d’après le hit de 1957 « Oh Julie » interprété par le groupe The Crescendos de Nashville, cette charmante blonde à l’apparence ingénue native de l’état américain d’Hawaii s’est distinguée à partir de la seconde partie des années 80 dans la culture populaire américaine comme modèle de charme et comédienne au grand écran comme au théâtre. Parmi ses faits d’armes les plus remarquables, relevons deux couvertures du magazine Playboy en février 1985 et septembre 1986, un titre de playmate du mois de février 1986 toujours pour le célèbre périodique de Hugh Hefner, son rôle de Lucille Johnson dans l’excellent road movie « Round Trip To Heaven » de Alan Roberts (1992) et summum absolu de la consécration divine ; son apparence en 1989 dans le vidéoclip de « Long Way from Home » du mythique combo de glam metal californien Nitro en tant que girlfriend de Jim Gillette en personne pour le compte de l’album « O.F.R. ».

Nitro nait en 1987 à Hollywood de la rencontre du vocaliste Jim Gillette (ex Slut, Tuff) et du virtuose de la six-cordes Michael Angelo Batio (ex Holland). Rejoint dans la foulée par le bassiste T.J. Racer et le batteur Bobby Rock (ex Vinnie Vincent Invasion, futur Nelson), Nitro se complait rapidement dans son image de groupe exubérant et excentrique au possible tant au niveau visuel que musical. Du gigantesque brushing peroxydé de Gillette à son timbre vocal suraigu briseur de verre, en passant par le génie technique hallucinant et halluciné d’un Batio branleur d’une Ritz à quatre manches et le on ne peut plus viril et bodybuildé Bobby Rock derrière ses fûts ; Nitro est effectivement un groupe unique à considérer dès lors comme un OVNI au sein de la scène sleaze rock/hair metal de l’époque. Après la parution en 1987 d’un impressionnant et très bon premier album intitulé « Proud to Be Loud » sur le label RLS Records mais commercialisé sous l’étiquette Jim Gillette, Nitro sort en 1989 sur Rhino/Rampage Records son réel debut album répondant au patronyme énigmatique de « O.F.R. ».

Nul doute que l’entité musicale Nitro constitue une véritable curiosité ainsi qu’un point d’intérêt majeur pour qui se passionne maladivement pour le heavy metal glamour et permanenté de la seconde partie de la décennie 80, tant il semble s’approprier et cultiver non sans histrionisme tous les stéréotypes du style auquel on le rattache. Groupe à l’auto-parodisme exacerbé pour les uns, combo sincère et intéressant quoique relativement excessif pour les autres ; Nitro possède cette particularité rare et appréciée de ne jamais susciter l’indifférence mais de provoquer au contraire mépris rieur ou admiration sans limites selon les sensibilités et standards de critique de chacun. A l’image de ce que l’on est en droit d’attendre du gang « larger than life » de Jim Gillette compte tenu de sa réputation initiée à très juste titre deux ans plus tôt avec le singulier « Proud to Be Loud », l’introductif « Freight Train » entame la démonstration grandiloquente de Nitro en offrant à l’auditeur un titre groovy et hyper efficace qui présente l’intérêt d’être on ne peut plus représentatif de l’album en exposant les deux principaux ingrédients inhérents à l’identité musicale du quartette hollywoodien que sont les vocaux de castrat de Gillette associés à l’hallucinante dextérité technique d’un Michael Angelo Batio loin d’être avare sur les neuf titres composant « O.F.R. » de sweeping et autres soli littéralement mitraillés au sens propre comme figuré du terme. Parce que technicité rime en général avec rapidité, relevons les très bons, accrocheurs et démonstratifs « Machine Gunn Eddie » et autres « Bring it Down », impressionnants de rapidité qui au-delà de faire s’interroger l’auditeur sur l’aspect véritablement speed voir peut être même thrash metal de ces morceaux ont le mérite de souligner la richesse et la variété musicale de Nitro qui malheureusement avouons-le, tendent certainement à être occultées par le caractère général démonstratif et exubérant de Nitro. Mention spéciale au riffing complexe et technique de « Machine Gunn Eddie » qui d’un point de vue global ne serait pas sans rappeler celui de Trey Azaghtoth de Morbid Angel sur l’immuable « Altars of Madness » de 1989 notamment.

Autre caractéristique absolument indispensable de ce légendaire et eternel groupe outsider du sacro-saint et vénéré hair metal, le timbre vocal tantôt nasillard tantôt suraigu de Jim Gillette le briseur de verre qui sur l’efficace et classieuse « Double Trouble » notamment et sur quasiment tous les titres de « O.F.R. » ferait de temps à autre presque passer Rob Halford pour le grunter Chris Barnes tant sa facilité à se muter en chanteur d’opéra dépourvu de testicules s’avère parfois être des plus consternantes. Même si l’écoute de ce premier véritable full length de Nitro s’avère constituer pour l’amateur du genre une expérience musicale plutôt agréable et constructive, il est néanmoins nécessaire de souligner le caractère relativement synthétique du disque incontestablement dû à la culture de la surenchère propre à Nitro. Difficile effectivement de concevoir une main « humaine » comme génitrice de ce disque unique auquel on aurait avouons-le plutôt tendance à imputer une origine industrielle voire extraterrestre. Malgré sa personnalité relativement inhumaine et « machinesque » lui conférant cependant un charme propre et indéfinissable, « O.F.R. » contient des morceaux qui ne voleront en aucun cas l’approbation d’amateurs de heavy metal/hard rock plus traditionnel à l’exemple de l’indispensable et somptueuse ballade « Long Way from Home » dont le vidéoclip met également en scène en plus de la blondinette au faciès de première de la classe Julie McCullough non pas le célèbre tueur en série auxerrois Emile Louis dans le rôle du chauffeur de bus, mais bel et bien le mythique et on ne peut plus hideux acteur de film X Ron Jeremy ; mais aussi des excellents et relativement mid tempo « Nasty Reputation » et autres « Shot Heard ‘Round the World » qui d’un point de vue structurel s’avèrent être définitivement comparables aux innombrables tubes formatés MTV contemporains de cette époque irretrouvable en proposant un hard rock/metal ne sortant pas des sentiers battus comme le reste du disque certes mais agréablement efficace et fédérateur. Ultime offrande de cet album extraordinaire au sens propre du terme, l’éponyme « O.F.R. » pour « Out Fucking Rageous », titre énergique et bien senti prenant la forme d’une diatribe légitime contre le nauséabond et anti libertaire Parents Music Resource Center (PMRC) de Tipper Gore fustigé à l’occasion par un Jim Gillette soulignant pertinemment le rôle anticonstitutionnel de cette organisations de culs bénis puritains allant à l’encontre du Premier Amendement de la Constitution des Etats-Unis d’Amérique de 1791 garantissant entre autres, l’irréfragable liberté d’expression (« We got the first afuckingmendment in the U.S. Fuckin’ A., the PMRC can fuck off baby, ain’t gonna tell me what 2 say. »).

Singulier, exubérant, excessif, démonstratif ; « O.F.R. » de Nitro s’avère être avant tout le premier véritable album hyper original d’un groupe unique en son genre marqué incontestablement du sceau indélébile de la légende. Mené par deux artistes aussi aboutis et doués techniquement que charismatiques, le groupe Nitro mérite l’attention de tout amateur de hard rock/heavy metal des années 80 qui se respecte et qui saura passer outre le caractère assez surfait du disque qui constitue rappelons-le un pan indéniable et intrinsèque de sa personnalité excentrique. Présentant le paradoxe intéressant de cultiver à l’extrême tous les stéréotypes du sleaze rock/hair metal mais de proposer en parallèle un travail de composition et d’interprétation musicale racé et des plus exclusifs, « O.F.R. » constitue aujourd’hui une rareté valant largement l’investissement relativement onéreux nécessaire à son acquisition. Légèrement moins inspiré et efficace que son illustre prédécesseur « Proud to Be Loud », « O.F.R. » s’avère néanmoins être une valeur sûre qui ne suscitera jamais l’indifférence chez qui aura l’occasion d’y jeter une oreille attentive.

4 Commentaires

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ZazPanzer - 25 Décembre 2011: Le retour du père fouettard pour une petite chronique de Noël ! Bien joué ! Il faut que je me trouve ces albums...
MikeSlave - 25 Décembre 2011: plutôt hard à trouver cet album...je le cherche depuis des lustres et je ne connais qu'un type qui le possède...le Graal je vous dis!
nicko11 - 03 Janvier 2017: Info de novembre 2016:
NITRO se reforme autour de Jim Gillette et Michael Angelo Batio avec Chris Adler (Lamb Of God) à la batterie. Ils composent même du nouveau matos!
ZazPanzer - 05 Août 2020:

Je me suis décidé ces derniers mois à explorer l'univers inconnu de Nitro avec les albums OFR et HWDWS, mais alors que tes savoureuses descriptions semblaient parfaitement matcher mes goûts, et même avec un certain nombre d'écoutes au compteur, force m'est de constater que que je suis apparement complètement hermétique au style unique pratiqué par le duo de feu Jim Gillette / Michael Angelo Batio. Deux disques très loin d'être inintéressants certes, mais qui me semblent plus donner dans l'esbrouffe que le songwriting malgré tous mes efforts ! Bon je n'ai pas tout perdu, je viens de me reluquer les sessions Playboy de Julie McCullough ! Merci pour tes textes bro !

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