II - H.W.D.W.S

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16/20
Nom du groupe Nitro (USA-1)
Nom de l'album II - H.W.D.W.S
Type Album
Date de parution 21 Mars 1992
Labels Rhino Records
Style MusicalGlam Rock
Membres possèdant cet album10

Tracklist

1.
 I Want U
 04:11
2.
 Cat Scratch Fever
 03:36
3.
 Crazy Love
 03:42
4.
 Hot, Wet, Drippin' with Sweat
 03:28
5.
 Boyz Will B Boyz
 03:28
6.
 Turnin' Me on
 03:47
7.
 Don't Go
 04:04
8.
 Makin' Love
 04:32
9.
 Take Me
 04:00
10.
 Johhny Died on Christimas
 03:48
11.
 Hey Mike (Guitar Solo)
 00:52

Durée totale : 39:28

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Nitro (USA-1)


Chronique @ adrien86fr

30 Décembre 2011

Hot, Wet, Drippin' With Sweat

Découverte en 1847 dans les laboratoires de l’Université de Turin par le chimiste italien Ascanio Sobrero, la nitroglycérine s’avère être un composé chimique liquide à la texture relativement huileuse obtenu par nitration du glycérol. On ne peut plus toxique et bien évidemment dangereuse, la nitroglycérine est fréquemment utilisée dans la fabrication d’explosifs et plus particulièrement de la dynamite mais peut également sous l’appellation de trinitrine remplir une fonction médicale permettant notamment de traiter certaines affections cardiaques grâce à sa faculté à dilater les vaisseaux sanguins et à faire baisser par conséquent le niveau de la pression artérielle. Nul doute qu’une telle substance à manipuler avec la plus grande des précautions ne pouvait que trouver un écho favorable dans l’imaginaire fertile des dénommés Jim Gillette et Michael Angelo Batio le moment venu de baptiser solennellement en l’an de grâce 1987 le fruit de leur collaboration explosive et peu conventionnelle.

Formé à Los Angeles dans la seconde moitié des années 80 donc, Nitro constitue le brainchild de deux des artistes les plus extrêmes et singuliers que la scène sleaze rock/hair metal ait connus : le vocaliste suraigu puissance 10 Jim Gillette affublé rappelons-le d’un magnifique et colossal brushing blond peroxydé ainsi que le guitariste virtuose Michael Angelo Batio ; shredder ultra technique et rapide comme l’éclair n’ayant absolument rien à envier au mythique Eddie Van Halen et qui las de pratiquer la masturbation de manche sur une simple six-cordes se fit confectionner en exclusivité sa fameuse Quad Guitar par la société californienne Ritz. Après deux excellents albums que sont les incomparables et uniques « Proud to Be Loud » et « O.F.R. » respectivement parus dans une ombre relative en 1987 et 1989, les départs du bassiste T.J. Racer et du batteur K.C. Comet qui avait justement remplacé Bobby Rock juste après l’enregistrement de « O.F.R. », Nitro revient sous la forme d’un simple duo rebaptisé pour l’occasion Nitro II et remet le couvert avec la sortie en 1991 toujours sur Rhino/Rampage Records d’un troisième full length répondant au titre acronyme de « H.W.D.W.S. ».

Désormais seulement composé de ses deux têtes pensantes que sont Jim Gillette et M.A. Batio à la lecture des crédits dans le booklet de « H.W.D.W.S. » cataloguant dès lors le bassiste Ralph Carter et le batteur Johny Thunder comme de simples et serviles membres de session, Nitro II peut être à même de proposer une autre recette musicale que celle ayant fait le succès des exubérants mais remarquables « Proud to Be Loud » et autres « O.F.R. ». Exit donc la surenchère technique et la culture exacerbée des stéréotypes du heavy metal glamour sur ce disque dont la pochette s’avère être un clone de celle illustrant le précédant album si l’on excepte son aveuglante couleur de fond vert pomme ? La nouvelle mise en scène capillaire de Gillette se voulant désormais lisse et soyeuse grâce à Elsève de L’Oréal Paris se veut-elle annonciatrice d’un opus un peu plus proche des sentiers battus que ne le furent ses deux inoubliables prédécesseurs ? A l’écoute de l’introductive « I Want U », cette supposition devient une quasi certitude : Nitro II a bel et bien troqué l’exubérance histrionique de Nitro contre un hard rock de bonne facture, sensuel et groovy à souhaits qui à défaut de rebuter l’auditeur lui rappellera de nombreuses entités à succès de l’époque qui paradoxalement paraissaient si lointaines du Nitro de l’époque « Proud to Be Loud » et « O.F.R. ». Dans un registre similaire, relevons les très efficaces « Boyz Will B Boyz », « Turnin’ Me On » et son refrain lancinant ponctué d’un impressionnant solo exécuté en sweeping par Batio ainsi que la bien nommée « Makin’ Love », elle aussi on ne peut plus sensuelle et flirtant dangereusement avec un mid tempo imparable. Pertinent symbole de la mutation musicale de Nitro II sur ce troisième disque dénommé « H.W.D.W.S. », la reprise particulièrement convaincante du tube « Cat Scratch Fever » du redneck de Detroit Ted Nugent tiré de son chartbuster éponyme de 1977. Un hommage qui aurait été absolument impensable sur les albums précédents au vu du style pratiqué sur « Proud to Be Loud » et sur son digne successeur qui auraient certainement privilégié un titre revisited de Judas Priest, influence primordiale avouée du désormais duo de Los Angeles.

Peut-on imaginer un album de hair metal dit « classique » qui plus est se réclamant du cru 1991 dénué de sa paire de traditionnelles et indispensables ballades langoureuses et non moins mélancoliques ? Honorant le cahier des charges propre à tout disque du style qui se respecte, Nitro II gratifie l’auditeur de trois pièces particulièrement réussies conférant définitivement à « H.W.D.W.S. » une personnalité désormais plutôt conventionnelle mais lui seyant à merveille. Ainsi, « Crazy Love » soulignera incontestablement la talent vocal d’un Jim Gillette qui ne se doit désormais plus d’imiter la Castafiore et de tenir le suraigu pendant 50 secondes pour prouver au monde entier qu’il est sans doute aucun l’un des vocalistes heavy metal les plus talentueux de l’Histoire. Véritable perle de nacre de l’opus à même de laisser tous les superlatifs derrière elle, la mirifique on ne peut plus sensuelle et cristalline « Don’t Go » voit un Jim Gillette de très grande classe implorer l’objet de son amour sincère et désintéressé de rester, alors en partance vers de nouveaux horizons sentimentaux. Cette complainte mélancolique, marquée d’une beauté rare et d’une efficacité désarmante rappellera ci et là notamment dans l’esprit sa consœur « Stray Bullet » du légendaire Pretty Boy Floyd qui, si le gang sleaze orthodoxe de Steve « Sex » Summers n’avait pas été honteusement viré de MCA Records avant le mix final de son deuxième full length la même année que celle ayant vu naitre ce très bon « H.W.D.W.S. », serait apparue comme un grand moment de ce dernier. Dans une moindre mesure, notons la sympathique « Johnny Died on Christmas » qui à défaut de s’avérer être du même niveau qu’une « Don’t Go » exceptionnelle, se voudra de relative bonne facture et légitime dans le tracklisting de la galette. Parce qu’on ne perd jamais vraiment ses mauvaises habitudes malgré tous les efforts possibles et inimaginables, Nitro II repart dans ses travers techniques et truculents le temps de l’éponyme « Hot, Wet, Drippin’ With Sweat » se voulant être une petite bombe de heavy metal survolté et démonstratif qui sur un rythme effréné voit Gillette continuer avec ses vocalises d’eunuque et Batio masturber le manche de sa Ritz Rocket tel un fou furieux n’ayant pas vu la couleur de lèvres génitales depuis Mathusalem. Epilogue du disque, la brève instrumentale « Hey Mike (Guitar Solo) » constituant une leçon de shredding dans la plus pure tradition du virtuose natif de Chicago que l’auditeur pourra interpréter comme un message signifiant que Jim Gillette, Nitro ou Nitro II resteront un seul et même combo, unique et immuable ; à jamais excessif et exubérant malgré l’intermède « H.W.D.W.S. ».

Rompant indéniablement avec les patterns ayant assis sans conteste le succès des anthologiques « Proud to Be Loud » et autres « O.F.R », ce troisième album voit s’exprimer un combo de grand talent mettant de côté à de rares exceptions près sa surenchère pourtant si caractéristique pour s’épanouir dans l’univers serein d’un hard rock efficace et parfois sensuel, pour le seul plaisir auditif de l’amateur de sleaze rock/hair metal friand d’entités atypiques injustement oubliées aujourd’hui. Fruit d’une production remarquablement qualitative signé Gillette en personne, naturellement inspiré et dégageant à juste titre une atmosphère unique et fédératrice propres aux plus grands, « H.W.D.W.S. » se veut être le dernier témoignage sonore d’une trilogie désormais synonyme de légende. Un disque transpirant une classe inénarrable, certes plus ordinaire et conventionnel que ses glorieux prédécesseurs mais qui mérite largement l’investissement de la petite somme rondelette nécessaire à son acquisition obligatoire pour tous les fanatiques de metal glamour made in 80’s.

1 Commentaire

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ZazPanzer - 31 Décembre 2011: Bien agréable à lire à cette heure tardive cette chronique terminant de fort belle manière la trilogie de ce groupe mythique. Thumbs up ;-)
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