On ne présente plus
Ross The Boss, qui a officié comme guitariste jusqu'en 1988 dans
Manowar... avant de tenter sa chance dans le très peu convainquant Shakin'
Streets. Le voici de retour avec son groupe à lui, sobrement et humblement appelé
Ross The Boss, et flanqué d'un titre d'album qui en dit long sur le désir du combo de se retrouver au premier plan : "
New Metal Leader". La firme de disque AFM ne s'y est pas trompé en apposant sur la pochette un sticker qui dit en substance qu'il s'agit du meilleur album de
Manowar (entre guillemets) depuis "
Kings of
Metal". Même si cette promotion un peu douteuse semble exagérée, elle n'est pas totalement fausse.
L'album commence par une courte introduction musicale assez épique qui laisse présager un album de heavy metal dans la plus pure tradition des 80's. Les choses sérieuses débutent par "
Blood of Knives", avec un riff assassin très germanique dans l'âme. Le morceau a une structure ultra-classique, ce sera (presque) une constante dans l'album. Bien emballé, au tempo assez rapide et au refrain soigné, la chanson d'ouverture n'a aucun mal à atteindre son objectif : nous faire entrer de plein pied dans ce qui sera (à coup sûr) une des galettes de l'année dans le style. "I Got the Right", et son riff à la "Battle
Hymn", est une des meilleures plages du disque, un hymne dont on s'empressera de hurler le refrain si ce sympathique groupe vient nous rendre visite ! "Death and
Glory" enfonce le clou avec une rythmique plombée diablement efficace, tandis que "Plague of
Lies" et "
God of
Dying" (avec son intro rappelant "
Defender", Orson Welles en moins) confirment l'impression qu'on a affaire à un disque de haute tenue. "May the
God Be with You" et "
Constantine's
Sword" ont un esprit plus
Hard Rock et ne sont pas sans rappeler
Quiet Riot (voire
Twisted Sister), surtout par la relative gaité qui s'en dégage. Ces deux morceaux, par leurs refrains imparables, auraient pu trouver grâce auprès des programmateurs radios... à une autre époque.
L'album se termine par une tuerie en règle avec les énormes "We
Axxis Kill", "Matador" (le riff ultra-classique de ce titre est une véritable machine à headbanguer) et le morceau de bravoure "
Immortal Son", le moins direct du disque (et c'est relatif). Très épique, malgré l'absence quasi-totale d'effets sonores superflus ou de choeurs grandioses chers aux pointures du style. Les amateurs du genre ne s'y tromperont pas, voici un CD sans prétention (mais pas sans ambition) qui devrait les régaler un long moment. Un très bon disque donc, avec une production impeccable signée Tarek "MS" Maghary (frontman de
Majesty) et Achim Köhler (qui a travaillé avec
Axxis,
Sinner et
Headhunter entre autres). Mention particulière au chanteur Patrick Fuchs (
Ivory Night) dont le travail sent la sincérité et le désir de bien faire à plein nez, alors qu'il est loin d'être le meilleur dans sa catégorie.
Un premier album attachant qui mérite une très bonne côte.
16/20
LL
Merci pour la chro.
Il me semble néanmoins que Ross a joué dans Shakin Street AVANT de rejoindre Manowar en 80.
Pour ma part, je trouve l'album de S Street de 1980 excellent avec une bonne chanteuse et un esprit assez punk. Mais ce n'est pas l'objet de ta chronique.
Ross nous offre ici un bel album qui effectivement rappelle le Manowar que l'on a perdu depuis une 15aine d'années : plus "simple", moins pompeux.
Merci pour la chronique et merci à Ross The Boss.
"Ross The Boss, qui a officié comme guitariste jusqu'en 1988 dans Manowar... avant de tenter sa chance dans le très peu convainquant Shakin' Streets."
Qu'est-ce qu'il ne faut pas lire comme âneries…
Comme ça a été déjà relevé plus haut, Ross the Boss était dans Shakin' Street (sans s) bien avant Manowar : c'est d'ailleurs lors d'une tournée de Shakin' Street en première partie de Black Sabbath en 1980 qu'il fait la connaissance de Joey deMaio, qui faisait alors partie de l'équipe technique du Sab'. Par ailleurs, Ross Friedman maintiendra toujours de très bonnes relations avec Fabienne Shine, comme en témoignent ses nombreuses futures collaborations lors de la carrière solo de cette dernière, puis lors de la reformation épisodique de Shakin' Street depuis 2004.
Quant à taxer Shakin' Street de "décevant", surtout à l'époque où Friedman y était… No comment.
Désolé pour cette entrée en matière un peu rugueuse, mais il y a quand même des fois des trucs qui font bondir. Pour en revenir à un ton plus aimable, je suis globalement d'accord avec le reste de l'article, même si le disque manque sans doute d'un petit je-ne-sais-quoi qui le ferait passer du statut de bon album à celui d'excellent. Quelques titres sont sans doute un peu trop teintés de Power à l'allemande (pas étonnant vu le reste du groupe) et le chanteur Patrick Fuchs, pour compétent qu'il soit, peine à faire oublier Eric Adams (son remplaçant sur le terrible "By Blood Sworn" de 2018 relèvera le défi de manière beaucoup plus convaincante). 16/20, c'est sans doute la bonne note pour ce disque sympa et efficace.
Merci pour la kro (sauf la première phrase) ! :)
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